VIII
■ Lorsqu'ils eurent entendu ces choses , ils furent baptisés au nom du Seigneur. Et lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit descendit sur eux, et ils parlaient diverses langues et prophétisaient. » (Act. XIX, 5.)
Nous voyons dans ces passages un signe sensible, l'imposition des mains, qui, par l'institution divine, a la vertu de faire descendre le Saint-Esprit et de produire diverses grâces sur
ceux qui le reçoivent ; or, ce sont là les caractères du sacrement de la nouvelle Loi.
La confirmation est encore mentionnée dans l'Épitre aux Hébreux :
« Quittant donc les instructions que l'on donne à ceux qui ne font que commencer à croire en Jésus-Christ, passons à ce qu'il y a de plus parfait, sans nous arrêter à établir de nouveau ce qui n'est que le fondement de la religion, comme la Pénitence des œuvres mortelles, la foi en Dieu, et ce qu'on enseigne touchant le baptême, l'imposition des mains, etc. » (Hebr. VI, 1,2.)
Dans la seconde Épître aux Corinthiens : « Celui qui nous confirme avec vous en Jésus- Christ et qui nous a oints, c'est Dieu même, et c'est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs. » (2 Cor. I, 21.)
Et dans celle de St. Jean : « Pour vous, que l'onction que vous avez reçue demeure en vous. » (1 Jac. II, 27.)
Erreur : C'élat de virginité ne doit pas être préféré à l'état de mariage.
Réfutation. L'état de célibat et de virginité est celui dans lequel ont voulu vivre et mourir Notre-Seigneur Jésus-Christ, la bienheureuse Marie sa Mère, Joseph son gardien, Jean- Baptiste son précurseur, et Jean son disciple bien-i aimé.
L'état de célibat a été loué dans la veuve Judith, la libératrice du peuple de Dieu , dans Anne la prophétesse.
St Paul se glorifie de l'avoir embrassé, et il le conseille comme plus parfait et plus méritoire à tous les chrétiens qui, aidés de la grâce de Dieu, se sentiront assez de force pour le pratiquer.
* Quant aux vierges, je n'ai point reçu de commandement du Seigneur ; mais voici le conseil que je leur donne, comme fidèle ministre du Seigneur, par la miséricorde qu'il m'en a faite.
« Je crois donc qu'il est avantageux, à cause des fâcheuses nécessités de la vie présente, qu'il est, dis-je, avantageux à l'homme de ne pas se marier. Etes-vous lié avec une femme, ne cherchez point à vous délier. N'êtes-vous point lié avec une femme, ne cherchez point de femme.
« Si vous épousez une femme, vous ne penchez pas; et si une fille se marie, elle ne pèche pas. Mais ces personnes souffriront dans leur chair des afflictions et des peines; or, je voudrais vous les épargner.
« Voici donc, mes frères, ce que j'ai à vous dire: le temps est court; ainsi que ceux mêmes qui ont des femmes soient comme n'en ayant point; et ceux qui pleurent, comme ne pleurant point ; ceux qui se réjouissent , comme ne se réjouissant point; ceux qui achètent, comme ne possédant point; enfin ceux qui usent de ce monde, comme n'en usant point; car la figure de ce monde passe.
« Pour moi, je désire vous voir dégagés de soins et d'inquiétudes. Celui qui n'est pas marié
s'occupe des choses du Seigneur, et de ce qu'il doit faire pour plaire à Dieu.
a Mais celui qui est marié s'occupe du soin des choses du monde, et de ce qu'il doit faire pour plaire à sa femme -, et ainsi il se trouve partagé.
« De même une femme qui n'est point mariée, et une vierge, s'occupe du soin des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esprit; mais celle qui est mariée s'occupe du soin des choses du monde et de ce qu'elle doit faire pour plaire à son mari.
« Or, je vous dis ceci pour votre avantage, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qu'il y a de plus saint, et qui vous donne un moyen plus facile de prier Dieu sans empêchement.
« Si quelqu'un croit que ce soit un déshonneur que sa fille passe la fleur de son âge sans être mariée, et qu'il juge devoir la marier, qu'il fasse ce qu'il voudra ; il ne péchera point si elle se marie.
« Mais celui qui, n'étant engagé par aucune nécessité, et qui, se trouvant dans un plein pouvoir de faire ce qu'il voudra, prend une ferme résolution dans son cœur et juge en lui-même qu'il doit conserver sa fille vierge, fait une bonne œuvre.
« Ainsi celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie point fait encore mieux. » (i Cor. VII, 25.)
« Si vous vivez selon la chair vous mourrez ; mais si vous mortifiez les œuvres de la chair par la puissance de l'esprit , vous vivrez. » (Rom. VIII. i3.)
L'apôtre St Jean devait payer son tribut d'éloges à l'état de virginité. Il le fait en énumérant les privilèges qui seront le partage des vierges dans la Jérusalem céleste. Elles forment comme la garde du corps de l'Agneau qu'elles accompagnent partout où il va; elles chantent un cantique qu'elles seules peuvent chanter : « Je vis ensuite l'Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre
mille personnes qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur le front ; j'entendis alors une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grandes eaux, et au bruit d'un grand tonnerre, et cette voix que j'entendis était comme le son de plusieurs joueurs de harpe qui touchent cet instrument. Ils chantaient un cantique nouveau devant le trône et devant les quatre animaux et les vieillards ; et nul ne pouvait chanter ce cantique que les cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre ; ce sont là ceux qui se sont conservés purs ici-bas, car ils sont vierges ; ceux-là suivent l'Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d'entre les hommes pour être consacrés à Dieu et à l'Agneau comme des prémices. » (Apoc. XIV, i.)
Erreur : L'cglise n'a pas le droit de faire des commandements.
Réfutation. L'Église peut et doit faire tout ce qui est nécessaire au salut de ses enfants qui sont obligés de se conformer aux décisions de leur mère.
«c Obéissez à vos conducteurs, dit St Paul, et soyez soumis à leur autorité; car ce sont eux. qui veillent pour le bien de vos âmes comme devant en rendre compte. » (Hebr. XIII, 17.)
Elle n'a pas manqué à sa mission , et nous lisons ces premiers commandements dans les Actes mêmes des Apôtres.
« Il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous point imposer d'autres charges que celles qui sont nécessaires, savoir : de vous abstenir de ce qui aura été sacrifié aux idoles, du sang, des chairs étouffées, et de la fornication ; abstenez-vous de ces choses, et vous ferez bien. » (Act. XV, 28, 29.)
Et tous les Apôtres rappelaient avec soin aux premiers chrétiens l'obligation de les suivre.
« Or, allant de ville en ville, ils donnaient pour règle aux fidèles de garder les ordonnances qui avaient été établies par les Apôtres et par les prêtres de Jérusalem. » (Act. XVI, 2.)
Désobéir au pouvoir temporel, c'est compromettre son salut : « Quiconque, dit St Paul,
résiste à la puissance temporelle, résiste à Tordre de Dieu, et attire la condamnation sur luimême. » (Rom. XIII, 2.)
A plus forte raison sommes-nous obligés d'obéir à la puissance spirituelle. « Le Saint-Esprit a établi les évêques pour gouverner l'Église de
Dieu. » (Act. XX, 28.) %
Krreur : La pratique du jeûne et de l'abstinence est un abus.
RÉFurATiON. Quel est donc le personnage biblique qui n'a pas jeûné depuis Moïse jusqu'aux Apôtres ?
Achab jeûne, et la colère de Dieu ajourne ses vengeances.
« Achab, ayant entendu ces paroles, déchira ses vêtements, couvrit sa chair d'un cilice, jeûna et dormit avec le sac, et marcha ayant la tête baissée. Alors le Seigneur adressa la parole à Élie de Tesbé, et lui dit : N'avez-vous pas vu Achab humilié devant moi ? Puis donc qu'il s'est humilié à cause de moi, je ne ferai point tomber sur lui, pendant qu'il vivra, les maux
dont je l'ai menacé. » (3. Rois, XXI, 27).
Les Ninivites jeûnent, et le pardon remplace la punition.
« Les Ninivites crurent à la parole de Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. » (Jonas, III, 5.)
David jeûnait malgré les sarcasmes que lui attirait cette conduite, et jeûnait si souvent que son corps en était amaigri.
« J'ai pleuré et j'ai affligé mon âme par le jeûne, et on en a pris occasion de me couvrir d'opprobres... Mes genoux sont affaiblis par le jeûne, et ma chair a perdu tout son embonpoint. » (Ps. XXXIV, i3. — LXVIII, n. — CVIII, 24.)
Le jeûne est une marque de conversion.
« Maintenant, dit le Seigneur, convertissezvous à moi de tout votre cœur, dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements. » (Joël, II, 12.)
C'est un moyen de rendre la prière efficace.
« J'arrêterai mes ydux devant le Seigneur mon Dieu, pour le prier et le conjurer dans les jeûnes, le sac et la cendre. » (Daniel, IX, 3.)
« Ayant entendu ces paroles, je m'assis, je pleurai, et je demeurai tout triste pendant plusieurs jours. Je jeûnai, et je priai en la présence du Dieu du ciel. » (2 Esdras, I, 4.)
Josaphat l'emploie pour demander la victoire sur ses ennemis.
« Des courriers vinrent droit à Josaphat : voici une grande multitude qui marche contre vous. Alors le roi, saisi de frayeur, s'appliqua entièrement à prier Dieu, et fit publier un jeûne dans tout le royaume de Juda. » (Parai. XX, 2.)
Esther, pour obtenir le salut de son peuple :
c Allez, assemblez tous les Juifs que vous trouverez dans Suse, et priez pour moi. Ne mangez point, et ne buvez point pendant trois jours et trois nuits, je jeûnerai de même aVec les femmes qui me servent, et après cela j'irai trouver le roi. » (Esther, III, 16.)
Esdras, pour que Dieu bénisse son voyage :
« Etant sur le bord du fleuve Abava, je publiai un jeûne pour nous affliger devant le Seigneur notre Dieu, et pour lui demander de nous conduire heureusement dans notre chemin, nous, nos enfants, et tout ce que nous portions avec nous. » (i Esdras, VIII, 21.)
La pratique du jeûne n'apparaît pas moins souvent dans le Nouveau Testament.
« Jean, dit St. Matthieu, avait un vêtement de poil de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins, et sa nourriture était de sauterelles et du miel sauvage. » (Matth. III, 4.)
Jésus-Christ a voulu marcher dans cette voie de pénitence.
« Et ayant jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim. » (Matth. I, V, 2.)
Et pour encourager les chrétiens à la parcourir après lui, il promet de la part de son Père une grande récompense à tous ceux qui s'acquitteront de ce devoir sans respect humain et sans forfanterie.
« Lorsque vous jeûnez, parfumez votre tête,
et lavez votre visage, afin de ne pas montrer aux hommes que vous jeûnez. Et votre Père, qui voit tout ce qui se passe même en secret, vous récompensera publiquement. » (Matth. VI, 17.)
Il déclare ailleurs que la prière et la mortification sont des moyens nécessaires à la répression de certaines tentations. « Ces sortes de démons ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne. » (Marc. IX, 28.)
Les Apôtres jeûnaient souvent.
« J'ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues, de fréquentes veilles, la faim, lu soif, beaucoup de jeûnes, le froid, la nudité. » (2 Cor.