IX
« J'accomplis en ma chair ce qui manque aux souffrances de Jésus-Christ. » (Colos.
I, 24.) Le chrétien qui est « Si le juste se déen état de grâce sanc- tourne de sa justice et tifiante ne peut plus en commet l'iniquité et sortir. les abominations de
l'impie, est-ce qu il vivra ? >, (Ezech. XVIII.
« Celui qui persévère jusqu'à la fin sera sauvé. » (Matth. X, 22.)
Enseignement pro- Écriture Sainte.
testant.
La foi seule sauve.
« J'ai a te reprocher que tu as perdu ta première charité. — Rappelle-toi d'où tu es tombé ; fais pénitence et reprends tes premiè.
res oeuvres. » (Apoc-
« L'homme est justifié par les oeuvres et non par la foi seulement. » (Jac. II, 24.)
« La foi, sans les œuvres, est morte. »
(Id. II, 26.)
« Si j'ai une foi capable de remuer les montagnes et n'ai pas la charité, je ne suis rien. » (1 Cor.XIII, 2.)
— 25o — Enseignement pro- Écriture Sainte.
testant.
Les bonnes œuvres sont inutiles au salut.
Les Quatre-Temps,
« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière. • (Luc. XIII, 3.)
« Appliquez-vous à assurer par des bonnes œuvres votre vocation et votre élection. » (2 Pet. I, 10.)
« Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur , car leurs bonnes œuvres les accompagnent. »(Apoc. XIV, i3.)
« Ayant jeûné qua-
les Vigiles et le Carême rante jours et quarante étaient inconnus aux nuits, Jésus eut faim.» premiers chrétiens. (Matth. II, 2.)
Enstignemeiit pro- Ecriture Sainte.
testant.
L'extrême - onction n'est pas un sacrement.
« Or, pendant qu'ils s'acquittaient des fonctions de leur ministère devant le Seigneur, et qu'ils jeûnaient , le Saint-Esprit leur dit :
Séparez-moi Saul et Barnabe, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés ; et après qu'ils eurent jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent aller. » (Act. XVI, 2,
« Quelqu'un parmi vous est-il malade , qu'il appelle les prêtres de l'Église , et qu'ils prient sur lui,
Enseignement pro testant.
Écriture Sainte.
l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade; le Seigneur le soulagera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront remis. » (Jac. V, 14, i5.) « Et ils chassaient beaucoup de démons ; ils oignaient d'huile les malades et les guérissaient.» (Marc. VI, 1 3.) Nous venons de résumer fidèlement les doctrines du protestantisme et de les examiner en suivant simplement la méthode ainsi indiquée par ses docteurs les plus autorisés :
« Lorsqu'on veut arriver à déterminer une vérité scripturaire on commence par rassembler tous les textes, quels qu'ils soient, qui se rappor-
— 2bî — tent au même sujet. Lorsqu'on a obtenu un résultat qui répond à l'ensemble des textes, et les renferme tous sans faire violence à aucun, sans rien ajouter, sans rien retrancher, on peut regarder ce résultat comme exprimant une vérité générale scripturaire, une doctrine biblique. »(i) Or, aucun point des doctrines protestantes n'a pu subir cette épreuve, chaque proposition de cette théologie négative s'est trouvée faire violence au texte sacré ; quelques-unes même le contredisent formellement.
Nous sommes donc autorisés à tirer les conclusions que les mêmes écrivains ont formulées en ces termes: « Une doctrine présentée de manière a en exclure une autre pareillement révélée n'est pas scripturaire » (2).
(1) 7. Angus, Bost, Rochodiou. Manuel (le la Bible, 27G.
(2) Id. p. '277.
Conclusion.
Quelles sont les conséquences qui découlent de cette multitude de faits que nous venons de constater ? On les a déjà pressenties. Nous signalerons les suivantes à tout esprit sérieux qui cherche la vérité de bonne foi :
i° Les protestants ont mutilé, contredit, profané la Sainte Écriture ; plusieurs en ont complètement nié l'inspiration ; tous sont dépourvus de moyens sûrs d'en constater la simple existence : répéter après cela que la réforme est basée sur la parole de Dieu, c'est dire juste le contraire de la vérité.
2° Pour démontrer la fausseté de la religion protestante, l'apologétique chrétienne s'efforce de prouver qu'elle n'a aucun des caractères de la véritable Église qui sont: la visibilité, la perpétuité, l'unité, la sainteté, la catholicité, l'apostolicité; ces raisonnements sont bons sans dou-
te, mais le suivant est plus court, plus facile et aussi concluant : le protestantisme a détruit la parole de Dieu, donc il n'est pas la véritable religion
3° Tertullien trouvait que les hérétiques de son temps, n'étaient pas recevables à disputer sur l'Écriture Sainte. Les protestants, de nos jours, ne le sont pas davantage. On peut et il faut les arrêter dès le premier pas en leur adressant ces questions: Avez -vous une Bible? de qui la tenez-vous ? de combien de livres se compose-t-elle ? comment savez-vous qu'elle contient la parole de Dieu ? Ils ne pourront jamais y répondre.
4° Les deux sources de la foi sont l'Ecriture Sainte et la Tradition ; or, le protestantisme a tari la première et refuse de puiser à la seconde ; il ne peut donc plus compter parmi les religions chrétiennes. Le protestantisme n'est qu'une forme, une variété du rationalisme.
Ainsi s'accomplissent littéralement les prédictions que nos écrivains catholiques ont, après
Bossuet, formulées tant de fois : Le protestantisme, en permettant à chacun de lire et d'interpréter la Bible à sa guise, se morcellera à l'infini, et finira par n'être plus qu'une réunion de grains de poussière que rien ne relie ensemble. Il n'a pas voulu de la parole de Dieu intégrale, la parole de Dieu partielle lui a échappé. Le protestantisme, en niant l'autorité de l'Eglise, est nécessairement conduit à nier l'autorité des Écritures ; qui récuse le tribunal, rejette bientôt la loi elle-même. Entre le catholicisme et le rationalisme, il n'y a pas de milieu ; qui abandonne le premier tombe dans le second, sans pouvoir s'arrêter en aucun point intermédiaire.
Terminons en extrayant du premier décret dogmatique publié par le Concile œcuménique du Vatican ce qui se rapportée l'Écriture Sainte, au nombre de Livres qui la composent, aux titres qu'ont ces Livres à notre respect et à la manière dont il faut les interpréter.
« La révélation surnaturelle, disent les huit cents Père du Concile, ainsi que le croit l'E-
glise universelle et que l'a proclamé le saint Concile de Trente, est contenue dans les Livres écrits, et dans les Traditions non écrites, qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ même par les Apôtres, ou transmises par eux sous l'inspiration du Saint-Esprit, sont parvenues comme de mains en mains jusqu'à nous. Et ces Livres de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être tenus pour sacrés et canoniques en entier, dans toutes leurs parties, tels qu'ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente, et dans la vieille édition de la Vulgate. Ces Livres, l'Église les tient pour sacrés et canoniques, non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont ensuite été approuvés par l'autorité de l'Église ; non point encore seulement parce qu'ils contiennent la révélation sans erreur; mais parce que, écrits sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été livrés comme tels à l'Église elle-même. « Mais comme le salutaire décret sur l'interprétation des divines Écritures, que le saint
Concile de Trente a porté pour réprimer les esprits audacieux, est perversement interprêté par quelques hommes, nous, renouvelant le même décret, nous déclarons que l'esprit de ce décret est que, sur les choses de la foi et des mœurâ qui concernent l'édifice de la doctrine chrétienne, il faut tenir pour le vrai sens de la Sainte- Écriture celui qu'a toujours tenu et que tient notre sainte mère l'Église, à qui il appartient de déterminer le vrai sens et l'interprétation des Saintes Écritures. En sorte qu'il n'est permis à personne d'interpréter l'Écriture contrairement à ce sens ou même contrairement au sentiment unanime des Pères. »
Le canon suivant résume et fixe en ces termes ces diverses considérations. « Si quelqu'un ne reçoit pas dans leur intégrité, avec toutes leurs parties, comme sacrés et canoniques, les Livres de l'Écriture tels que le saint Concile de Trente les a énumérés, ou nie leur divine inspiration, qu'il soit anathème. »
Béni soit le Seigneur qui remplit d'une ma-
— 25g — nière si visible la promesse qu'il a faite à l'Eglise de ne jamais l'abandonner et d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles!
Tout chrétien qui embrassera avec docilité un enseignement aussi immuable que la vérité qu'il enseigne, n'aura rien à craindre de cet autre anathème qui termine le livre des révélations de l'apôtre saint Jean: « Je déclare à tous ceux qui entendront les paroles de la prophétie contenue dans ce Livre, que si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des plaies qui sont écrites dans ce Livre, et que si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du Livre qui contient cette prophétie Dieu l'effacera du livre de vie, l'excluera de la ville sainte, et ne lui donnera point de part à ce qui est écrit dans ce Livre » (i).
O mon Dieu! éloignez de nous ces malheurs. Faites tomber des yeux de nos frères séparés le bandeau qui leur cache la vérité. La plupart
(1) Apoc. XXII, 18.
2ÔO —
d'entre eux aiment votre parole; faites leur comprendre que loin de la livrer à l'incapacité, aux illusions et aux caprices de l'esprit de chacun, vous en avez confié le dépôt et l'interprétation à un tribunal que vous avez promis d'assister jusqu'à la consommation des siècles. Beaucoup par une heureuse inconséquence, au lieu de regarder les bonnes œuvres comme inutiles au soleil, s'efforcent d'édifier leurs frères par la pratique de toutes les vertus sociales ; éclairez leur esprit des lumières de la vraie foi qui peut seule donner un mérite surnaturel aux actions du chrétien. Ramenez toutes ses brebis dans votre bercail et qu'il n'y ait plus enfin qu'un seul troupeau et un seul pasteur et fiet iinum ovile et unus pastor.