‹ La bible ne suffit pas pour enseigner [l]es vérités nécessaires au salut [microforme]Chapitre 2 sur 6 · M D UT EE ES RER ENS LENS COUECU “HAS NEIL · texte numérisé non relu

M D UT EE ES RER ENS LENS COUECU “HAS NEIL

N. S. Jésus-Christ pase aïinsi deux conditions nécessaires au salut : Ia Foi et le Baptéme. Celui qui croit et qui est baptisé sera sauvé, mais celui qui n’a pas la foi sera condamné, ou plutôt est déjà réprouvé. Ainsi, et je le répète pour qu'on ne l’oublie pas, la foi et le baptême sont deux conditions indispensables au salut, c’est-à-dire sans lesquelles il est impossible d’être sauvé.

Dans cette conférence, nous allons nous ensd de la première de ces conditions, de

a Foi. “us

La Foi divine et humaine—Il faut croire les vérités enseignées par Jésus-Christ

Pour opérer son salut, il faut avoir la foi, c'est-à-dire la foi divine et non pas une foi humaine: car la foi humaine ne peut saüver personne, et c’est la foi divine seulement qui nous sauve. Or, qu'est-ce que la foi divine ?

Elle consiste à croire, en s'appuyant sur l'autorité de Dieu, les vérités que Dieu a révélées. N'oublions pas que la foi divine consiste à croire tout ce que Dieu nous a enseigné, et à le croire en nous appuyant sur l'autorité de Dieu; à le croire sans aucun doute et sans aucune hésitation; car, du mo-

ment que vous commencez à douter et à hésiter, de suite vous commencez à vous méfier de l’autorité de Dieu, et, par là même, à insulter Dieu par cette défiance de sa parole. Donc, je le répète, la foi divine consiste à croire sans doute et sans hésitation, tout ce que Dieu nous a enseigné.

La foi humaine consiste à croire une chose en s'appuyant sur l'autorité des hommes.

Ainsi la foi humaine est une croyance basée sur l’autorité humaine ; la foi divine, au contraire, cohsiste à croire sans hésiter tout ce que Dieu a révélé, et à le croire sur son autorité et sur sa parole.

Ce n’est donc pas une chose indifférente qu'un homme professe telle ou telle religion, pourvu qu'il soit honnête homme. Vous entendez dire souvent dans ce dix-neuvième siècle de peu de foi, vous entendez dire de tous côtés qu'il importe peu qu’un homme professe telle ou telle religion pourvu qu'il soit honnête homme. C’est nne erreur, et je vais vous le prouver.

S’il est indifférent pour nous d’avoir une croyance ou une autre, pourquoi Dieu nous a-t-il fait une révélation ? | |

Si c’est une chose indifférente qu'un homme professe telle ou telle croyance, pourvu qu'il soit honnête homme, il était inutile que Dieu nous fit une révélation.

Que sert à Jésus-Christ d'envoyer ses apôtres et ses disciples pour enseigner toutes les nations,si les nations sont libres de rejeter l’enseignement donné par les apôtres ou les disciples?

Une pareille supposition serait une insulte faite à Dieu.

Si Dieu nous révèle et nous enseigne quel-

ue chose, il veut que nous le croyions. Oui, il veut être cru chaque fois qu'il enseigne et révèle quelque chose.

Nous sommes obligés de croire ce que Dieu a révélé; car nous sommes obligés de rendre à Dieu un culte, tant par notre raison et notre intelligence que par notre cœur et notre volonté. Dieu est le maître de l’homme tout entier. Il demande sa volonté, son cœur, sa raison et son intelligence. Quel est l’homme raisonnable,quelle que soit d’ailleurs la religion ou l’église à laquelle il appartienne, qui ose nier que nous soyons obligés de croire tout ce que Dieu nous a enseigné? Tout homme qui se donne comme chrétien avouera

ue nous sommes tenus de croire tout ce que

ieu nous a révélé, et que, par conséquent, il n’est pas indifférent pour un homme de professer telle ou telle religion, mais qu'il doit professer la vraie religion s’il veut être sauvé.

En quoi consiste la vraie religion ?

Elle consiste à croire tout ce que Dieu nous a enseigné. Les protestants eux-mêmes seront

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obligés d'admettre cette vérité, et s’ils ne l’admettaient pas, il faudrait leur dire qu'ils ne sont plus chrétiens.

Maintenant, quelle est la vraie foi ?

—La vraie foi, diront les honnêtes protestants, consiste à croire en Jésus-Christ.

D'accord ; le” -atholiques croient également en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dites-moi ce que vous entendez par croire en Jésus-Christ.

—Eh ! bien, diront les protestants, vous devez croire qu'il est le Fils du Dieu vivant.

Encore d'accord ; grâce à Dieu, nous pouvons nous accorder sur quelque chose ! Nous croyons, nous aussi, que Jésus-Christ est le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire qu'il est Dieu. En cela nous sommes tous d'accord, excepté les Unitaires et les Sociniens ; mais ceux-là, nous les laisserons de côté pour le moment.

Si le Christ est Dieu, nous devons croire ce or’il enseigne. N'est-ce pas vrai? N'est-ce pas 1à la vraie foi ?

—Oui, avoueront les protestants, je pense

ue la vraie Foi consiste à croire que Jésus-

Christ est le Fils du Dieu vivant, et à croire tout ce qu'il a enseigné.

Les M nr croient la même chose; nous sommes d'accord jusqu'ici.

Poursuivons plus loin nos recherches, et voyons les conséquences de ces vérités fon-

damentales que les protestants seront bien obligés d'admettre. |

:Moyenlde connaître les vérités révélées par Dieu—La Bible nesufitpas 1 Nous devons croire en Jésus-Christ, nôus . devons croire tout ce qu’il a enseigné, et ce que Dieu a révélé, et c’est en cela que consiste la vraie foi. Sans cette foi, il n’y a pas de salut ; sans cette foi, aucune espérance du ciel; sans cette foi, c’est la damnation pour l'éternité. Si Notre-Seigneur me commande, sous peine de damnation éternelle, de croire ce qu’il nous a enseigné, il doit nous avoir donné le a moyen de le connaître. Ce moyen doit avoir été, dans tous les temps, à la portée de tout le monde ; car tout homme a droit de sauver son âme ; il-a, par là même, le droit de posséder les moyens d'apprendre ce que Dieu a enseigné et de le croire, afin de se sauver.

En second lieu, le moyen que Dieu nous donne pour connaître ce qu'il nous a enseigné doit être un moyen adapté à la capacité Fe e toutes les intelligences, même les plus bornées ; car ceux qui sont les plus bornés dans leur intelligence ont droit au salut, comme les autres, et par conséquent ont droit de posséder le moyen qui leur fera con-

Ce

naître les vérités que Dieu a enseignées, afin de pouvoir les croire et se sauver.

En outre, le moyen que Dieu nous donne pour connaître ce qu’il a enseigné doit être infaillible ; car si c’est un moyen qui peut nous conduire à l'erreur, ce n’est pas un moyen du tout. Le moyen que Dieu nous donne doit être infaillible, de manière que tout homme qui l’emploiera sera infailliblement, sans crainte de se tromper et d'’errer, amené à la connaissance de toutes les véfités que Dieu a révélées.

Le raisonnement qui me reste à faire va reposer sur les vérités que je viens d'établir ; il est important qu’on comprenne bien ces

vérités; c'est sur elles que repose toute la

force de mon argumentation.

Je le répèterai brièvement :

Si Dieu me commarde, sous peine de damnation, de croire toutes les vérités qu'il a enseignées, il est tenu de me donner le moyen de connaître ce qu'il a.enseigné.

- Et le moyen qu'il me donne pour connaître ce qu’il a enseigné doit être un moyen qui a été, dans tous les temps, à la portée de toutes les intelligences ; un moyen sûr et infaillible, de manière que quiconque l’emploiera parviendra sûrement à la connaissance de toutes es vérités que Dieu a enseignées.

Dieu nous a-t-il Gonné un tel moyen de

connaître les vérités révélées ?

—Oui, disent les protestants, il nous l’a donné.

Les catholiques l’affirment également.

Maintenant, quel est le moyen que Dieu

nous a donné pour connaître les vérités qu’il

a révélées ?

—La Bible, disent les protestants, la Bible, toute la Bible et rien que la Bible.

Et nous, catholiques, nous disons :—Non, pas la Bible et son interprétation privée, mais l'Eglise de Dieu. |

Je vais expliquer cette vérité si clairement que tout le monde comprendra qu’il en est ainsi ; et je défie qui que ce soit de pouvoir réfuter ce que je vais dire.

Je dis donc que ce n’est pas la Bible, interprétée suivant l'esprit d’un chacun, mais l'Eglise du Dieu vivant qui a été chargée d’instruire les hommes des vérités révélées ; car, si Dieu avait voulu que les hommes fussent enseignés par un livre, la Bible, il aurait certainement donné ce livre aux hommes ; Jésus-Christ nos l’aurait certainementdonné.

L’a-t il fait ? Non, il ne l’a pas fait.

Notre-Seigneur a envoyé ses apôtres par tout l’univers et leur a dit: Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du

Fils et du Saint-Esprit ; leur enseignant à observer toutes les choses que je vous ai commandées.

Jésus-Christ n’a pas dit: Asseyez-vous, écrivez des bibles, colportez-les dans tout le monde, et laissez chacun lire sa bible et l’interpréter à sa façon. Si Jésus-Christ eût dit cela, il n’y aurait jamais eu sur la terre d’Eglise chrétienne, de société une dans sa foi et son gouvernement, mais il n’y aurait eu qu’une Babel et une confusion de voix discordantes. Notre-Seigneur n’a donc pas dit à ses apôtres : “ Allez, écrivez des bibles, distribuez-les, et laissez chacun l'interpréter à sa manière.” Ce commandement était réservé pour le xvième siècle, et nous en avons vu les résultats.

Depuis le xvième siècle,on a vu surgir religions sur religions, églises sur églises, com: battant, disputant les unes contre les autres ; et cela, à cause de l’interprétation de la Bible.

Jésus-Christ envoya ses apôtres avec autorité pour enseigner toutes les nations; mais il ne leur commanda jamais d'écrire la Bible. Et les apôtres se dispersèrent, prêchèrent partout, établirent l'Eglise de Dieu sur toute la terre, mais ne songèrent pas à écrire la Bible.

Saint Mathieu a écrit le premier mot du Nouveau-Testament, et il l’a écrit pour l’utilité privée de quelques individus. Il écrivit son évangile environ septans après l’ascen

sion de Notre-Seigneur au ciel, de sorte que l'Eglise établie par Jésus-Christ existait déjà depuis sept ans lorsque la première ligne du Nouveau-Testament fut écrite. Saint Marc écrivait énviron dix ans après l’ascension de Notre-Sauveur; saint Luc, environ vingt-cinq ans, et saint Jean, environ soixante et trois ans après que l'Eglise de Dieu eût été établie sur la terre. Saint Jean écrivait la dernière partie de la bible, l’Arocalypse, ou livre des révélations, environ soixante et cinq ans après l’ascension de Jésus-Christ et l’établissement de l'Eglise de Dieu sur la terre. Aïnsi la religion catholique a existé environ soixante-cinq ans avant que la Bible fût complètement écrite.

Je le demande aux protestants, ces chrétiens qui ont vécu avant que la Bible fût achevée étaient-ils réelle.nent chrétiens, et de bons chrétiens, des chrétiens éclairés 2 Connaiïssaient-ils la religion de Jésus-Christ ? Qui osera avancer que tous ceux qui ont vécu depuis le temps de l'ascension de N.-$. Jésus-Christ au ciel, jusqu’au jour où la Bible a été terminée, n'étaient pas chrétiens ? Il est admis par tous qu'ils étaient de beaucoup les meilleurs des chrétiens, les plus parfaits chrétiens, les prémices du sang de Jésus- Christ. Mais comment ont-ils connu ce qu’ils avaient à faire pour se sauver? Est-ce la Bible

— Ver

nn

qui le leur a appris? Non, puisque la Bible n’était pas encore écrite.

Et si la Bible est le seul maître qui doive enseigner aux hommes les vérités nécessaires au salut, notre divin Sauveur a donc laissé son Eglise pendant, soixante et cinq ans sans maître pour lui ‘nseigner ces vérités... ! Assurément que Notre-Seigneur ne l’a pas fait.

Les apôtres étaient-ils de véritables chrétiens ? je le demande aux protestants.—Oui,

| sans doute, répondez-vous, puisqu'ils furent

| les véritables fondateurs du Christianisme.

| Eh ! bien, sachez que ras un des apôtres n’a lu la Bible, pas un seul d’entre eux, excepté

peut-être saint Jean ; tous sont morts martyrs

| pour la Foi de Jésus-Christ, et ils n’ont jamais

| vu le couvert d’une Bible, puisque tous ont été

martyrisés avant que la Bible eût été achevée. Comment donc ces chrétiens qui vivaient durant les soixante-cinq premières années après l'ascension de Jésus-Christ, comment ontils appris ce qu'ils avaient à faire pour sauver leurs âmes ? Ils l’ont appris exactement de la même manière que nous, catholiques, l’appre- PATES nons encore aujourd'hui. Nous sommes enseignés par l'Eglise de Dieu; les premiers chrétiens l’étaient aussi comme nous, et Notre- Seigneur laissa son Eglise sans Bible nonseulement pendant soixante-cinq ans, mais même pendant plus de trois cents ans. Car à

rene mem

peine l'Eglise de Dieu eût-elle été établic u'’elle se répandit aussitôt sur toute la face de Ja terre, et alors, pendant trois cents ans, le peuple chrétien ne sut pas ce que c'était qu'une Bible. | Plusieurs faux évangiles furent écrits du | temps même des apôtres ; ainsi il y avait l’é- AA vangile de Simon, ceux de Nicodème, de Marie, de Barnabas, de l'enfance de Jésus; tous ces évangiles étaient répandus parmi le peuple, et le peuple ignorait quel était le véritable évangile ; il ne savait pas comiment distinguer l’évangile inspiré de l’évangile faux | et empoisonné par l'erreur. Les savants eux- | mêmes étaient à-se disputer pour savoir s’il fallait donner la préférence à l’évangile de LbeX Simon ou à celui de Mathieu ; à l’'évangile de Nicodème ou à celui de Marc; à l’évangile de Marie ou à celui de Luc; à l’évangile de l'enfance de Jésus ou à celui de saint Jean.

Il en étaient de même des épitres ; car plusieurs étaient fausses et empoisonnées par l'erreur, et pendant plus de trois cents ans le ‘ | peuple chrétien n'eut aucun moyen de discerner le véritable évangile d'avec le faux, et rs EX par conséquent, le peuple chrétien ne pou- | vait prendre la Bible pour guide, puisqu'il ne savait pas ce qui constituait les Jivres de la Bible. | Au quatrième siècle, le pape de Rome, le

chef de toute l'Eglise, le successeur de saint Pierre, assembla tous les évêques du monde dans un concile, et alors, dans ce concile, il fut décrété que la Bible, telle que nous, catholiques, l'avons maintenant, est la parole de Dieu ; tandis que les évangiles de Simon, de Nicodème, de Marie et de l'enfance de Jésus, ainsi que certaines épitres, étaient faux, ou pour le moins non-authentiques; qu'il n’y avait aucune preuve de leur inspiration, et qu'au contraire, les évangiles de saint Luc, de saint Mathieu, de saint Marc, de saint Jean, ainsi que l’Apocalypse, étaient inspirés par Dieu et par le souffle de l’Esprit-Saint. Jusqu'à ce temps-là, c’est-à-dire pendant l’espace de plus de trois cents ans, le monde entier ne sut pas ce qui constituait la Bible. Par conséquent, on ne pouvait pas prendre la Bible pour guide puisqu'on ne savait pas ce qui constituait la Bible. Si notre divin Sauveur eût voulu que les hommes, apprissent leur religion uniquement par la lecture d’un livre, aurait-il laissé le monde chrétien pendant trois cents ans sans ce livre ? Non, bien certainement. ;

Non-seulement le monde chrétien est resté trois cents ans sans avoir de Bible, mais il a même été quatorze cents ans sans avoir ce livre sacré.

Car, avant l'invention de l'imprimerie, les

Bibles étaient des choses rares et qui coûtaient cher. Ceux qui connaissent tant soit peu l’histoire savent que l’imprimerie n’a été découverte que depuis quatre cents ans ou un peu plus, c’est-à-dire vers le milieu du xvème siècle, environ cent ans avant qu'il existât des protestants sur l. terre. Comme je l’ai dit, 1vant la découverte de l’imprimorie, les livres étaient rares et coûtaient cher. Les histoires nous disent que durant le xième siècle, c’està-dire huit cents ans avant aujourd’hui, les Bibles étaient si rares et si coûteuses, que pour s’en procurer une seule copie il fallait dépenser une fortune, et même une fortune considérable ; il fallait la moitié de la vie d’un homme pour faire une seule copie de la Bible. Avant la découverte de l'imprimerie, il fallait tout écrire avec une plume, sur du parchemin, cu peau de mouton; c'était un travail très dispendieux.

Pour avoir une idée du prix probable d’une Bible en ce temps-là, supposons qu’un homme dût travailler dix ans pour faire une copie de la Bible, à raison d’une piastre par jour; à ce compte, cette Bible aurait valu 8,650 piastres. Supposons maintenant qu’un homme dût travailler vingt ans pour copier la Bible ; car les historiens disent qu'il lui aurait fallu ce temps, vu qu’un copiste n'avait pas: alors, pour l’aider dans son travail, les fa-

cilités que nous avons aujourd’hui; payant le copiste une piastre par jour, pendant vingt ans, le prix d’une Bible serait monté à près de huit mille piastres. |

Supposons qu’on vienne vous dire maintenant : Mes bons amis, il vous faut sauver votre âme ; car si vous la perdez, tout est perdu.

—Certainement, il n’y a pas à en douter; mais que devons-nous faire pour sauver notre âme ?

Le ministre protestant prenant la parole:

—Il faut vous procurer une Bible ; vous en trouverez une, à tel magasin sur la rue Notre-Dame, à tel autre sur la rue Saint-Paul.

—Combien pourra me coûter une Bible ?

—Huit mille piastres !

Vous vous écririez alors tout bonnement :

—Dieu soit béni! mais ne pourrions-nous pas aller au ciel sans ce livre-là ?

—Oh ! dirait le ministre, votre âme ne vaut-elle pas plus que huit mille piastres ?

Oui, sans doute, mais vous diriez que vous n'avez pas d'argent ; et si vous ne pouvez pas vous procurer une Bible, comme votre salut en dépend, d’après les protestants, vous seriez condamné à demeurer à la porte du royaume des cieux; ce serait, en vérité, une condition bien désespérante.

Or, pendant 1,400 ans, le monde a été laissé

sans Bible ; pas un sur dix mille, pas un

même sur vingt mille n’avait une Bible avant la découverte de l'imprimerie. Notre-Seigneur aurait-il laissé le monde sans ce livre, s’il eût été nécessaire pour le salut? Non, bien certainement.

Supposons, pour un moment, que tout le monde eût eu une Bible ; qu'on eût écrit des Bibles dès le commencement du Christianisme ; que chacun, homme, femme, enfant, eût une copie de la Bible en sa possession..….,quel avantage aurait procuré ce livre à ceux qui ne savaient pas lire ? Il serait resté à l’état de mystère pour ces persounes. Même de nos jours, la moitié des hommes sur la terre ne savent pas lire.

Allons plus loin; comme la Bible était es 4 écrite en grec et en héhreux, la connaissance de ces langues était nécessaire pour pouvoir la lire.

Mais maintenant, dira-t-on, nous l'avons traduite en français, en anglais et dans toutes les langues modernes.

Oui, c'est vrai; mais le protestant est-il certain qu'il a une traduction fidèle de la Bible ? S'il n’est pas sûr que sa traduction FES est fidèle, il n’est pas sûr d’avoir la parole de Dieu. S'il a une traduction de la Bible fausse, erronée, il possède l'ouvrage d’un homme, rien de plus.

‘Sur quoi peut se baser notre certitude ?

PEN REEENENEN

ESC een error enmen sans.

Comment reconnaître que vous avez une traduction fidèle du grec et de l’hébreux ?— Je ne sais ni le grec ni l’hébreux, me dit le protestant. Je m'en rapporte à l'opinion des savants pour la traduction de la Bible que j'ai ; je me base sur leur décision.

Supposez que ces savants soient divisés dans leurs opinions ; que les uns disent que cette traduction est bonne, que les autres disent qu’elle est fausse; alors, c'en est fait de votre foi; vous commencez à douter, à hésiter, puisque vous ignorez si la traduction que vous possédez est vraie ou fausse.

Quant à ce qui regarde la traduction protestante de la Bible, il faut ben savoir que les protestants les plus érudits disent que la traduction dont ils se servent, celle du roi Jacques, est très fausse et remplie d'erreurs. Et les ministres, les prédicants et les évêques protestants ‘ it écrit des volumes entiers pour signaler toutes les erreurs qui se trouvent dans cette traduction du roi Jacques ; et les protestants de toutes les sectes sont d’accord là-dessus.

Il y a quelques années, il y ent à Saint-Louis, aux Etats-Unis, une réunion de ministres protestants ; toutes les sectes protestantes avaient été invitées à cette convention, dont le but était de pourvoir à une uouvelle traduction de la Bible. Les délibérations ‘de

cette assemblée furent publiées dans le journal appelé Missouri Republican. On y voit qu'un ministre presbytérien, se levant, fit valoir la nécessité de publier une nouvelle traduction de lx Bible, et il déclara qu’il ne se trouve pas moins de trente mille erreurs dans la traduction protestante de la Bible... Et après cela, los protestants nous disent que la Bible est leur seui guide, leur seul maître! Quel maître qui se présente à vous avec trente mille erreurs ! Dieu nous garde d’un tel maître pour nous instruire ! Une erreur, c'est déjà trop ; mais trente mille, oh! c’est un peu fort !

Un autre prédicant, un baptiste, je pense, se leva dans cette assemblée, et argumentant en faveur d’une nouvelle traduction de la Bible, il dit :

-—Depuis longtemps le monde est privé de le parole de Dieu ; car la Bible que nous possédons n’est pas du tout la parole de Dieu.

Voilà où en sont les ministres protestants.

Ceux qui lisent les journaux savent qu'il y a guess années, on présenta une requête au parlement anglais, lui demandant une

allocation de quelques mille louis pour aider à la publication d’une nouvelle traduction de la Bible protestante ; les évêques protestants eux-mêmes, ainsi que les ministres, étaient à la tête du mouveraent. Je suppose que cette

nouvelle traduction sera encore un peu plus mauvaise que l’ancienne.

Avec tout cela, comment les protestants peuvent ils être sûrs de leur foi? Ils nous disent que la Bible est leur guide, et ils ne

savent pas même s'ils ont la Bible.

Supposons même, pour un moment, que tous aient la Bible...….peuvent-ils tous la lire? en ont-ils une fidèle traduction? en outre, sont-ils certains de la bien comprendre, de la bien interpréter? car l'interprétation privée de la Bible (l'interprétation d’un chacun à sa façon) n’est pas infaillible, mais, au contraire, très faillible : elle est la source de toutes sortes d'erreurs, d’hérésies et de docj \ trines blasphématoires. |

Les Protestants se contredisent entre eux—Ils appuient leurs ‘erreurs sur la Bible—Nécessité d’une autorité suprême

Re ARMAND Po | ARR € ne RÉ

On compte maintenant 850 sectes ou églises protestantes diverses; je me trompe, je devr.‘s dire plutôt 852; car, 1l y a trois ou

\ quatre ans, il s’est formé deux nouvelles sec- ; tes protestantes à Chicago ; et aujourd’hui, il y a à New-York une femme qui est à en tricotter une nouvelle encore. Elle prêche la doc- | trine du /{ibre amour. Elle s'efforce de prouver *“-” que, d’après la Bible, chaque femme à le

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droit de congédier son mari sans retour, et de s'unir à un autre homme qu'elle aime, et que de même chaque homme peut renvoyer sa femme,si cela lui plaît,et en prendre une autre; et le lendemain encore, si ses inclinations sont changées, rejeter sa seconde femme et faire un nouveau choix, et ainsi de suite. De sorte que, d’après ce nouveau docteur en tablier, la Bible permettrait à un homme de changer de femme chaque jour de l’année.

Je dis donc que maintenant, il y a 352 sectes ou églises protestantes diverses; et chacune d’elles affirme qu’elle suit .les enseignements de la Bib'e. Je suppose qu'elles soient toutes sincères : sont-elles toutes des religions vraies? Non, c’est impossible. La vérité est une comme Dieu est ur ; il ne peut y avoir de contradictions dans la vérité pas plus qu’en Dieu. Tout homme jouissant de. son bon sens voit bien que toutes ces sectes ne peuvent être dans la vérité, puisqu'elles sont toutes différentes et se contredisent entre elles.

Lés protestants disent que celui-là a la vérité qui lit sa Bible avec droiture et piété ; mais 1ls disent tous qu'ils la lisent ainsi. Voici un ministre épiscopalien ; il est sincère, droit et pieux: il lit sa Bible avec droitureet piété, et d’après les paroles de la Bible, il dit : |

— Il est clair et évident qu’il nous faut des évêques ; car pas d’évêques, point de prêtres ;

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pas de prêtres, point de sacrements, et pas de sacrements, pas d'église.

Le presbytérien est un homme sincère et droit : il lit sa Bible également et en conclut qu’il ne doit pas y avoir d'évêques, mais seulement des prêtres.

—J’ai la Bible pour moi, dit l’épiscopalien.

—J’ai la Bible pour moi qui vous convainc de mensonge, dit à son tour le presbytérien.

Cependant tous deux sont pieux et agissent avec des intentions droites.

Le baptiste se présente aussi: c'est encore un homme droit, honnête et pieux.

—Eh ! bien, dit ce baptiste, avez-vous jamais été baptisé ? |

—Je l'ai été, dit l’épiscopalien, lorsque j'étais encore petit enfant.

— Je l’ai été aussi, dit le presbytérien, lorsque j'étais petit enfant.

—Mais, dit le baptiste, vous avez été baptisé par aspersion, vous n'êtes pas du tout baptisé ; si vous ne descendez dans la rivière, comme le Christ, vous n'êtes pas baptisé du tout.

Et le baptiste apporte les paroles de la Bible pour le prouver :

—$Si vous ne vous faites pas baptiser de nouveau, continue-t-il, vous allez tous en enfer, aussi vrai que je vis.

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Ensuite entre un wifaire, homme droit, honnête et sincère.

—Laissez-moi dire, commence l’unitaire, que vous êtes de malheureux idolâtres ; vous adorez un homme comme Dieu, et il n’est pas Dieu du tout.

Et il apnorte plusieurs textes de la Bible pour le prouver, tandis que les autres se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les blasphêmes de l’unitaire.

Tous ces messieurs prétendent qu’ils ont pour eux le vrai sens de la Bible.

Cinquième entrée: c’est un méthodiste :

—Mes amis, dit-il, avez-vous quelque reiigion ?

—Sans doute, répondent les autres, nous avons une religion.

— Avez-vous jamais senti cette religion, continue le méthodiste, c'est-à-dire l'esprit agissant au dedans de vous ? :

—- A bsurdité ! disent les autres protestants ; nous sommes guidés par la raison et le jugement.

— Bien, ajoute le méthodiste, si vous n'’avez jamais senti la religion en vous, vous n'en avez jamais eue, et vous irez dans l’enfer pour toute l'éternité.

Après cela arrive l’universaliste qui, entendant ces gens discuter et se menacer du feu éternel, leur dit :

— Vous êtes de drôles de gens; vous ne comprenez pas la parole de Dieu ! Il n’y a pas d'enfer ; c'est là une de ces idées bonnes pour effrayer les vieilles femmes et les petits enfants, et il prouve cela, lui aussi, par la Bible.

Après vient le quaker, qui recommande à tous de ne pas se quereller pour rien, et il les étonne en leur disant qu'ils n’ont pas à s'inquiéter du baptême, que c’est inutile. Il est le plus sincère des hommes, et il apporte la Bible pour prouver son assertion.

Un autre se présente et dit :

—Baptisez les hommes, mais laissez les femmes de côté ; carla Bible dit : ‘“ Si l’homme ne renaît dans l’eau et le Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux.” Ainsi, continue-t-il, les fes:zxes ont tout ce qu’il leur faut : baptisez seulement les hommes.

Paraît un trembleur (shaker), qui dit:

— Vous êtes bien présomptueux, oui, vous êtes des présomptueux! Ne savez-vous pas que la Bible vous avertit d'opérer votre salut avec crainte et tremblement, et cependant vous ne tremblez pas du tout. Mes frères, si vous voulez aller au ciel, tremblez, mes frères, trrrremblez.

Je viens de nommer sept ou huit sectes différentes les unes des autres, interprétant la Bible chacune à sa manière ; et nous voyons quels sont les fruits de l'interprétation pri-

vée. Que serait-ce donc si nous repassions | 5 852 sectes diverses, ayant toute la Bible pc :r guide et cependant différant toutes les unes des autres! Soni-elles toutes vraies ces 852 sectes ? L'une dit qu’il y a un enfer, l’autre dit qu'il n’y en a pas: toutes deux ont-elles raison ? L'une dit que Jés “Christ est Dieu, l’autre dit qu’il n’est pas Dr ; l’une dit qu'il faut qu'il y ait des évêques, l’autre dit qu'il n’en faut pas ; l’une dit que le baptèêmeest de nécessité, l’autre dit qu’il ne l’est pas. Sontelles toutes dans le vrai ? C’est impossible. Qui donc a raison ?

—Ceux-là, dira-t-on, qui ont le vrai sens

de la Bible ; mais la Bible ne dit pas quels sont ceux-là : la Bible ne tranche pas la difficuité. La Bible n’explique rien là-dessus.

La Bible est un bon livre. Les catholiques savent que la Bible est la parole de Dieu, c'est le langage de l'inspiration ; mais l’explication que vous donnez de la Bible n’est pas le langage de l'inspiration ; votre manière de comprendre la Bible n’est pas inspirée ; car assurément vous ne prétendez pas être inspiré ? Maintenant donc, quel est l’enseignement de l'Eglise sur ce sujet? L'Eglise catholique enseigne que la Bible est le Livre de Dieu, et que Dieu a ét2bli une autorité chargée d’en donner la véritable explication !

Il en est de la Bible comme d’un code de

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D — Pre om

ois, comme de la constitution d’un pays.

Chacun n’est pas laissé libre de l’entendre à

sa manière, mais il y a des tribunaux qui

soht établis pour l'expliquer. Voyons ce

qui en est pour la constitution des Etats-Unis. CEA Lorsque Gecrgc Washingtor et ses compagnons ont écrit la constitution et la loi suprême des Etats-Unis, ils n’ont pas dit au peuple : Que chacun explique la constitution et la loi suprême, et il a établi une cour suprême,un juge suprême ayant mission de donner la véritable explication de la constitution à tous les habitants des Etats-Unis, à tous sans exception, depuis le Président jusqu'au mondiant. Tout le monde est obligé de passer par les décisions de cette cour suprême, et c'est cela, cela seul, qui entretient l’union entre le peuple et qui conserve l’unité des Etats-Unis. Dès le moment que le peuple serait libre d'interpréter la constitution chacun à sa manière, dès ce moment l'unité cesserait. Il en est ainsi pour tout gouvernement. En Canada, en Angleterre et partout | ailleurs, il y a une constitution, une cour sh x suprême, un juge suprême de cette constitution ; et cette cour suprême est chargée de donner la vraie explication de la constitution et de la loi. En tout pays bien organisé, il doit en être ainsi; il doit se trouver ure cour suprême, un juge suprême, et tout le

av y ”

peuple est tenu de passer par ses décisions ; sans cela, aucun gouvernement ne pourrait se soutenir.

Il en est ainsi même parmi les tribus sauvages. Comment sont-elles unies ensemble ?

C’est parce qu'elles ont un chef qui est leur dictateur.

Or, notre divin Sauveur a aussi établi sa Cour suprême, son Juge suprême, pour nous donner la véritable explication des Saintes Ecritures, pour nous faire connaître la véritable révélation et nous enseigner la véritable doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Le Fils du Dieu vivant nous a assuré, il nous a donné sa parole que cette Coursuprême est infaillible, lorsqu'il a dit qu'il serait avec l'Eglise tous les jours jusqu’à la fin du monde (a); que l'Esprit de vérité demeurerait avec elle éternellement (b); quelle ne serait jamais vaincue par l'Enfer (c). Et, par conséquent, le vrai catholique ne doute jamais.

—Je crois, dit le catholique, d’après l’enseignement de l'Eglise, parce que Dieu me l’a ordonné en disant : Ecoutez l'Eglise ; et si quelqu'un n’écoute pas l’Eglise,qu'ilsoit regar-

(a) Saint Matthieu, xxvrr, 20.

(b) Saïnt Jean, xiv, 16,17.

(c) Saint Matthisu, xvi,18.

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dé comme ur: païen et un publicain (d). Celui qui vous écoute m'écoute, a dit Jésus-Christ à ses apôtres, et celui qui vous méprise me méprise (e). Ainsi donc, le catholique croit parce que Dieu a parlé; et il croit sur l’autorité de Dieu. |

Les protestants diront :

—Nous croyons à la Bible.

—Très bien ; mails comment comprenez- :

vous la Bible ?

—Au meilleur de mon opinion et de mon jugement, je pense, dira le protestant, que le sens du texte doit être entendu de telle ou telle façon.

Ainsi le protest.nt n’est pas sûr, mais il juge au meilleur de son opinion. Sa foi, par conséquent, n’est pas divine ; elle repose sur le témoignage de l’homme

Et pourtant, c’est par la foi divine seule que nous rendons gloire à Dieu ; c’est par elle seule que nous adorons sa sagesse infinie, sa véracité infinie, et cette adoration et ce culte sont nécessaires au salut.

J'ai donc prouvé que la Bible ne suffit pas pour. enseigner aux hommes les vérités nécessaires au salut.

(d) Saint Matthieu, xvu, 17.

(e) Saint Luc, x, 16.

Notre Dame du Sacré-Cœur NOUNG LADIES LITERARY INSTITUTE

The Young Ladies’ Literary Institute, founded in 1849, is the oldest + Establishment ofits kind in the city. Its rapid growth, unprecedented success and steadily increasing popularity furnish ample evidence ‘ss u an Educational Establishment, it possesses merits of the highest order.

This Institute, situated in the capital of the Dominiom, necessarily affords unusual adyantages for the acquisition of a thorough knowledge of the two prevailing TAREHAGO? of the country ; the entire course of studies being followed in French and English.

In the Department of music particularly, this Institution has acquired à brilliant and wide-spread reputation; the system is modelled on that of the Conservatory of Paris and all music of a trivial character is rigorously excluded.

The Departments of Drawing, Painting, Embroidery, Needlework, Culinary Art and Domestic Economy are presided over by practical and efficient Teachers who make their respective branches a specialty. The mild, persuasive yet firm discipline, the constant and judicious care bestowed on the moral aud physical well-being of the Pupils, the attention given to Correct Deportment and the efforts to inculcate principles of Courtesy and Social Amenity, all contribute to render this Institution a refined and happy home.

. Terms: Board and Tuition, including English, French, Bed, Washing and Entrance Fee, $126 per year.

For particulars address, THE LADY SUPERIOR Young Ladies’ Literary Institute,

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