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La Bibliomanie en 1882

'année 1882 présente, au point de vue de la bibliophilie, un éclat exceptionnel ; elle a offert des ventes d'une importance sans exemple; les prix qu'ont atteints, à la chaleur des enchères, des ouvrages d'une rareté insigne ou d'une beauté exceptionnelle, ont dépassé grandement tout ce qu'on avait vu jusqu'ici.

En enregistrant, dans l'ordre alphabétique, les articles qui ont dépassé 1,000 francs ou 40 livres

sterling, nous espérons faire chose agréable aux amateurs; peu de personnes ont les catalogues avec prix, surtout ceux publiés à l'étranger.

Les goûts des bibliomanes restent les mêmes; ce qu'ils recherchent surtout, ce sont les volumes richement habillés par des anciens relieurs célèbres (Le Gascon, Du Seuil, Padeloup, Derome); ce sont les livres illustrés par les charmants artistes du siècle dernier (Eisen, Gravelot, Moreau, etc.); à l'égard de ces derniers, nous renvoyons au très utile Guide de l'amateur de livres à vignettes, par M. Cohen, ouvrage indispensable, dont une cinquième édition, notablement augmentée, recevra l'accueil le plus empressé.

Divers articles nous ont fourni l'occasion d'entrer dans quelques détails bibliographiques que nous avons cherché à doter d'un peu d'intérêt, tout en leur conservant le mérite de la brièveté. Nous avons laissé de côté de brillantes adjudications d'anciens livres anglais, fort recherchés dans la Grande-Bretagne, mais dont on s'occupe peu sur le continent; nous nous sommes borné à quelques volumes d'un intérêt spécial, ou se rapportant à la catégorie des livres relatifs à l'Amérique, objet aujourd'hui de compétitions ardentes.

Nous ne prétendons pas indiquer tous les livres qui ont été adjugés au delà de 1,000 francs, mais nous croyons en avoir mentionné un nombre très suffisant pour donner une idée de la ferveur des bibliophiles en 1882.

Parlons d'abord de la vente G. P. (Guy-Pelion), faite du 6 au n février par M. Darel, 734 numéros. Produit de la vente, 145,742 francs.

Le collectionneur avait eu pour but « de rassembler, comme en un musée rétrospectif, les éditions originales de toutes les œuvres illustrées ou caractéristiques de notre littérature. » La poésie et le théâtre français étaient représentés avec éclat; les ouvrages à figures du xvme siècle n'avaient point été oubliés; parmi les éditions princeps des classiques grecs et latins, on pouvait signaler celles d'Apollonius, d'Eschyle, de Sophocle, d'Hérodote, de Thucydide, de Platon, de Démosthène, des Opuscula de Plutarque , de Tacite, de Cornélius Xepos, de Macrobe.

Une particularité remarquable donne un prix spécial à ce catalogue, rédigé avec beaucoup de soin ; il renferme les fac-similé des frontispices de nombreuses éditions originales. Nous indiquerons entre autres les Essais, de Montaigne, 1580; les Œuvres de Villon, 1532; Jean Marot, de Caen, 1532; les Œuvres de B. Des Périers, 1544; les Poésies de La Fresnaye Vauquelin, 1612; les Fables de La Fontaine, 1678; Œuvres de Corneille, 1644; des éditions originales et séparées des pièces de Molière, de Racine, de Regnard ; Gargantua, Lyon, 1537.

Quelques bonnes notes bibliographiques sont dignes d'être signalées; nous nous bornerons à indiquer celles n° 504, X Adolescence Clémentine

(Paris, à l'enseigne du Faulcheur, 1532) (1), et n° 721, la Satyre Menippée, 1593.

La bibliothèque de feu M. Pochet-Deroche a été mise en vente du 20 mars au 3 avril ; elle se composait de deux parties, l'une consacrée à la littérature française, l'autre aux journaux littéraires et politiques, spécialement à ceux de l'époque révolutionnaire ; le catalogue , rédigé avec le plus grand soin par M. A. Chossonery (239 pages, 2,086 numéros et 84 autographes), forme un très utile supplément à l'excellent travail de M. Hatin : Bibliographie de la presse française. On comprend l'extrême difficulté de compléter l'immense série des journaux qui se multiplièrent depuis 1788 jusqu'à 1800, et qui, souvent interrompus ou supprimés, ont très fréquemment subi le sort de ces papiers inutiles et devenus encombrants que l'on détruit de mille manières.

Né en 1794, M. Pochet-Deroche est mort le 18 avril 1881; une seconde vente, provenant également de la collection de journaux et de pièces historiques, a eu lieu au mois de janvier

(1) Cet exemplaire, adjugé à 500 francs, avait un feuillet refait à la plume ; il avait été acquis à la vente A.-F. Didot (1878, n» 240,', au prix de 1,475 francs.

On ne connaît que trois autres exemplaires de cette édition originale ; celui de la vente Solar (n* 1150,, acheté par la Bibliothèque nationale, celui de Quantin-Bauchart, entré dans la bibliothèque de feu Jamos de Rothschild, et celui du Musée britannique.

Une collection intéressante d'ouvrages de l'école romantique, formée par M. L..., a été vendue à la fin de février par les soins de M. Durel ; les prix d'adjudication attestent que les livres de ce genre (en éditions originales) continuent à provoquer les désirs des bibliophiles. Voici quelques prix : Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 2 vol. 8°, 8oo fr.; Han d'Islande 250 fr. ; Alfred de Musset, Un spectacle dans un fauteuil, 3 vol. 8° (rel. de Cuzin), 670 fr.; Lamartine, Méditations poétiques, 1820, 230 fr. Pour d'autres adjudications, voir le Livre, avril 1882, p. 131.

M. Labitte présida du 27 au 30 mars à la dispersion de la bibliothèque de feu Edmond Maas (680 numéros). Cette collection offrait des éditions choisies parmi les meilleures; les exemplaires en papiers supérieurs abondent. Suites des figures des meilleurs tirages. Reliures d'une grande fraîcheur. Presque tous les ouvrages appartenaient au xvme siècle; Chansons de La Borde; Ovide de Banier; Boccace, 1757, etc.

Une collection indiquée comme appartenant à un amateur anglais, a fait l'objet d'une vente faite par M. Porquet au mois de mai; le produit plus de trois cent mille francs, quoiqu'elle ne se composât que de 564 articles. De nombreux ouvrages avaient passé par les mains des plus illustres relieurs anciens, Le Gascon, Du Seuil, Padeloup, etc. ; on distinguait des volumes por-

tant les emblèmes du connétable Anne de Montmorency (Psalterium), de Diane de Poitiers, de François Ier (Salliistius), de Grolier (Pontani Opéra), de Canevarius, de Mme de Chamillart, du comte d'Hoym et d'autres amateurs célèbres. Nous signalons à leur rang ces brillantes adjudications, parmi lesquelles la première place revient à Y Hypnerotomachia Poliphili (Aide, 1499), 14,100 francs.

Notons en passant un très bel exemplaire des Sermons de Massillon, aux armes de la duchesse de Berry, fille du Régent; nous ignorons en quelles mains a passé cette relique.

Immédiatement après cette vente survint celle de M.E.M.B., faite par M.Labitte. Le catalogue, 300 pages, contient 882 numéros. Commencée il y a plus de trente ans, cette collection offrait un ensemble de livres rares, presque tous dans des conditions exceptionnelles; un certain nombre de volumes provenant de bibliothèques fameuses (Hoym, Nodier, J.-Ch. Brunet, Yemeniz, etc.).

La liste des prix d'adjudication a été imprimée ; on y remarque un certain nombre d'articles qui ont dépassé 1,000 francs.

Nous avons assisté les 24, 25 et 26 avril à la vente de la bibliothèque de M. E.-G. K. (Kaminski), faite par M. Charles Porquet, 379 numéros ; de fort beaux livres aux armes du comte d'Hoym, de Mme de Pompadour; des romans de chevalerie (Méliadus de Léonnoys ;

Per/eforest) ; de précieuses éditions de Corneille et de Molière; en fait de livres anciens : le Misûre du Vieil Testament; Coquillart, 1535; Marot, 1552; Louise Labé, 1556.

La vente Rochebillière, qui a eu lieu le 1 1 mars et jours suivants, a été fort remarquée ; le catalogue, 841 numéros, avait été rédigé avec amour (on peut le dire) par M. Claudin, et grâce à des notes souvent fort détaillées, toujours fort instructives, il forme un volume de XXIII et de 454 pages. M. Rochebillière, né à Paris en 181 1, et mort le 25 juin 1SS1, conservateur adjoint de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, s'était attaché avec un zèle passionné à réunir les éditions originales des classiques français du dix-septième et du dix-huitième siècle; il en avait fait l'objet de l'étude la plus minutieuse; il réunissait tous les exemplaires qu'il pouvait découvrir de ces éditions primitives, et l'examen auquel il les soumettait lui a fait découvrir de nombreux tirages avec des cartons et des changements que personne n'avait encore soupçonnés. C'est ainsi qu'il a constaté neuf états différents de la première édition française des Maximes de La Rochefoucauld, portant toutes la date de 1665.

Ne se préoccupant nullement du luxe des reliures, M. Rochebillière possédait les premières éditions de Pascal, de Molière, dans leur état primitif, pures de toute altération. Sa vente a été l'objet de l'attention spéciale des bibliophiles

les plus délicats, mais elle fournit bien peu d'articles adjugés au delà de 1,000 francs ; nous signalons plus loin le Molière de 1682, contenant les tomes VII et VIII sans aucune suppression, et l'édition de La Rochefoucauld, La Haye, 1664, qui avait jusqu'ici échappé à toutes les recherches.

Les livres appartenant à un littérateur des plus distingués, Paul de Saint-Victor, et qui ont été livrés aux enchères au mois de juin, ne formaient qu'une partie (la plus importante, il est vrai) de la nombreuse collection formée par cet amateur plein de goût ; on trouvait là de très bons livres sur les arts ; la littérature moderne était fort bien représentée. Produit 45,000 francs environ ; nous n'avons observé que deux articles ayant dépassé mille francs; les Contes drolatiques de Balzac, et les Chansons de La Borde.

La bibliothèque de lord H..., signalé comme secrétaire du Philobiblion Club à Londres, n'était pas nombreuse : on y remarquait quelques ouvrages intéressants tels que YOrlando furioso de 1584, et le Ballet comique de Beaujoyeulx. Ils seront signalés dans le cours de notre travail.

La riche et grande bibliothèque, réunie par M. Ambroise-Firmin Didot, a été l'objet d'une nouvelle vente qui a eu lieu du ir au 19 juin, par le ministère de Me Labitte. Le catalogue, imprimé avec élégance, forme un volume grand in-8° de 232 pages; il énumère 500 numéros (les 45 premiers articles se rapportent à des

manuscrits); et^ différant sous ce rapport de ses prédécesseurs, il est dépourvu de tout avis préliminaire. On y remarque trente-quatre volumes imprimés sur peau vélin (presque tous des Heures), cinq exemplaires uniques ou peu connus, des livres aux emblèmes de François Ier, de Henri III, de Grolier, du comte d'Hoym, du président de Thou; une importante réunion de livres du seizième siècle ornés de figures sur bois ; on sait que M. Didot avait dirigé des recherches spéciales sur cette partie de l'histoire de l'art. Les prix d'adjudication des imprimés n'ont, pour la plupart, rien offert d'extraordinaire.

Produit de la vente 253,146 francs; des manuscrits vendus 3,000, 6,000 et jusqu'à 30,500 francs (Horœ, in-fol. sur vélin avec 12 grandes miniatures et 369 petites) revendiquent une forte partie de ce chiffre.

Une cinquième et dernière vente est annoncée pour le mois de juin 1883.

La dernière vente importante de l'année, celle de M. Gémart de Grenoble, ne nous a offert qu'un petit nombre d'articles ; il en a été de même des collections peu nombreuses, mais formées avec beaucoup de goût de M. R. P***, (Roger Portalis) et Nadaillac.

Ces diverses ventes parisiennes, en dépit de tout l'intérêt qu'elles ont offert, n'approchent pas des deux grandes auctions amenées à Londres par la dispersion de deux anciennes bibliothèques

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d'une importance sans égale : Sunderland et Beckford. Il est nécessaire d'en parler avec quelques détails.

La mise aux enchères de la Bibliotheca Sunderlandiana a fait époque dans les fastes de la bibliomanie.

Cette collection, à peu près sans rivale, fut formée à une époque où l'on pouvait obtenir, à des prix fort abordables, des livres qui ont atteint aujourd'hui, une valeur extraordinaire.

Le comte Charles Sunderland (3e du nom), joua un rôle politique important sous le règne de George Ier; ami des lettres et des sciences, il n'épargna ni soins, ni démarches pour réunir une masse considérable de livres précieux; il installa dans son hôtel à Londres sa bibliothèque qui occupait une suite de cinq salles à deux rangées de fenêtres, et ayant une longueur de cent cinquante pieds; il mourut le 5 avril 1722; il avait épousé Anne, la seconde fille du célèbre Marlborough, qui, par suite d'un acte spécial du Parlement, devint, après la mort de sa sœur aînée Henriette (Marlborough n'ayant pas de fils), héritière du titre et de la fortune de son père.

Le fils aîné du comte bibliophile, Robert Sunderland, quatrième du nom, mourut en 1729 sans avoir été marié; il en résulta que son frère cadet, Charles, cinquième comte, devint en 1733, après la mort de sa tante, duc de Marlborough. Peu de temps après, la bibliothèque fut transpor-

tée de Londres au château de Blenheim, splendide demeure offerte par la reconnaissance nationale à un grand homme de guerre.

Elle attira fort peu, durant un siècle et demi, l'attention de ses possesseurs ; ils n'ont ajouté qu'un très petit nombre de livres à ceux qu'avait réunis leur ancêtre. De là vient qu'on ne trouve que fort rarement, dans cette vaste collection, des ouvrages publiés après l'an 1722.

Les goûts des bibliophiles ont bien changé depuis le commencement du dix-huitième siècle ; lord Sunderland entassait sur ses rayons les plus belles, les plus précieuses éditions des classiques grecs et latins ; les éditions de la Bible et du Nouveau Testament sont nombreuses (n'oublions pas l'exemplaire sur vélin de la Bible dite Mazarine.)

La littérature française et l'italienne sont représentées par des articles d'élite; l'ancienne littérature anglaise, recherchée aujourd'hui avec une extrême ardeur, par les amateurs britanniques, n'est pas bien riche ; en revanche, les anciens livres sur l'Amérique, les vieilles relations de voyages, en grande faveur aujourd'hui, offrent une importance spéciale.

On distingue un grand nombre de livres imprimés sur vélin ; plusieurs d'entre eux sont restés inconnus aux bibliographes.

Amateur de belles reliures, lord Sunderland ne laissait échapper ni les Grolier, ni les de Thou

qu'il avait le bonheur de rencontrer; il faisait relier avec soin les livres nouveaux dont il faisait l'acquisition.

Il avait dépensé, dit-on, 30,000 liv. st.

Après la vente Sunderland, dont la cinquième et dernière partie sera livrée aux enchères dans le mois de mars, il faut parler de celle de William Beckford. Ce fut un personnage original et remarquable à plus d'un titre; né en 1760, il mourut en 1844. Son père, possesseur de vastes domaines à la Jamaïque, lui laissa une fortune des plus considérables. Byron le signale commele plusopulentdes enfants de l'Angleterre (England's wealthiest son). Il voyagea en Italie, en Espagne; séjourna assez longtemps dans le Portugal; habita Paris à diverses reprises; il acquit une connaissance parfaite de notre langue, et il écrivit en français avec une rare élégance.

Collectionneur des plus ardents, il réunit à son château princier de Fonthill des objets d'art de tout genre; en 1822, ce domaine, les tableaux et les antiques furent vendus en bloc 330,000 l.st. La riche bibliothèque où Beckford avait fait entrer les importantes acquisitions faites à Paris de 1784 à 1790 ne fut pas comprise dans le marché : son propriétaire la conserva, l'augmenta et la légua à sa seconde fille (il en avait eu deux de son mariage en 1784 avec lady Margaret Gordon morte en 1788), laquelle avait épousé Alexander, duc d'Hamilton; cette riche collection fut trans-

portée dans YHamilton Palace, où elle resta presque inaccessible et délaissée pendant une quarantaine d'années; ce n'est qu'en 1882 qu'elle est sortie de l'obscurité pour être livrée aux enchères.

La première vente s'est effectuée du 30 juin au 13 juillet; le catalogue, 237 pages, contient 3,197 articles. La seconde, commencée le 11 décembre, a fini le 23 (195 pages, 2,732 numéros); elle comprend les lettres G à M inclusivement; une troisième vente aura lieu dans le cours de l'année.

Les livres précieux de tout genre abondent dans ces deux catalogues; on y remarque des ouvrages portant les emblèmes de François ier et d'autres rois, de Grolier, Maïoli, de Thou et autres amateurs illustres. Devançant les goûts de nos amateurs actuels, Beckford avait recherché avec ardeur les reliures sorties des mains des artistes français du xvne et du xvme siècles. Les livres modernes dominent, tandis que dans la SunderlandianalsL palme revient aux incunables, aux classiques grecs et latins. Beckford n'était pas d'ailleurs un de ces bibliophiles qui se contentent de réunir des livres précieux qu'ils n'ouvrent pas; il avait lu une grande partie des siens et il avait souvent écrit sur les feuillets de garde des notes sarcastiques.

La bibliothèque formée parles ducs d'Hamilton doit être vendue lorsque celle de Beckford aura

été complètemsnt dispersée; en attendant, le duc a cédé, de gré à gré, au gouvernement prussien une très précieuse collection de manuscrits. Le prix, tenu secret, est, dit-on, 75,000 1. st.

Nous ne connaissons pas, au moment où nous terminons notre travail, les prix d'adjudication des dernières parties des deux grandes ventes anglaises. Il s'ensuit que les premières lettres de l'ordre alphabétique sont plus chargées que les dernières.

ACCURSIUS. Diatribe. Romœ, 1524, exempl.

Grolier, veau brun, (dos refait) 75 1. st. Beckford.

Adjugé à M. Quaritch, libraire à Londres.

ADAM (R.etJ.) Œuvres d'architecture. 1773- 1786, 2 vol. in-fol. reliés en un, mar. 50 1. st. Beckford.

jESCHYLUS. Paris, 1552, in-8°, belle rel. du temps, très bien conservée, mar. à compartiments, 98 liv. st. même vente.

2ESCHYLUS, SOPHOCLES, EURIPIDES.

Paris, H. Step liâmes, 1567, 3 vol. petit in-12,

exempl. du comte d'Hoym, 91 1. st. 5 sh., même vente.

Une belle reliure, attribuée à Boyet, explique ce prix élevé.

iESOPUS. Basileœ, 1501, in-fol., fig. sur bois, mar., 45 1. st., même vente.

— Venetiis, 149 1, fig. sur bois, in-fol., mar., 40 1. st. même vente.

ALAMANI, Girone il Cortese. 1548, mar.

Derome, 64 1. st. Beckford.

Jolie reliure, très bien conservée.

ALBERTINUS. Opusculum de mirabilibus.

Romœ, 1 5 1 o ; exempl. imprimé sur vélin ; 66 1. st. Sunderland.

Le Manuel indique plusieurs éditions de ce volume curieux, mais il ne cite pas d'exempl. sur vélin. Cet opusculum présente quelques différences avec un autre écrit souvent réimprimé et traduit : Mirabilia Romœ, où l'histoire de la papesse Jeanne est racontée comme un fait positif.

ALCIATUS. Livre des Emblesmes. 1536, 40 1. st.

Nous avons vu adjuger de 40 à 70 fr. ce volume, recherché à cause de ses jolies gravures sur bois; on ne lit plus ces emblèmes dont le

succès, au xvie siècle, est attesté par de nombreuses éditions en diverses langues.

Alcibiade fanciullo. Orange, Juan Wart, 1652. In- 12, mar. Padeloup, 55 1. st. Beckford.

Joli exempl. d'un livre trop célèbre. Le lieu de l'impression et le nom de l'imprimeur sont supposés; on croit que l'auteur est Ferrante Pallavicino, et que l'ouvrage a été imprimé en Suisse.

ALEXANDER GALLUS. Doctrinale, seu grammatica metrice. 41 1. st. Sunderland.

Edition très rare d'un livre qui fut fort employé au xvie siècle dans les écoles.

ALEXANDER. Mappe and description. L011don, 1630, in-5°.

Relié avec trois autres ouvrages sur l'Amérique, imprimés en 1630 et en 1641, 11 1 1. st. Sunderland.

Ce prix atteste avec quelle ardeur on recherche les anciens ouvrages relatifs à l'Amérique ; nous en offrirons quelques autres exemples.

ALFONCE (Jan). Voyages aventureux.

Poitiers, 1554, in-40, 42 1. st. Beckford.

Bel exempl. en reliure ancienne d'un volume très rare.

ALVARÈS (Fr.). Ho Preste Joam das Indias. 1540, in-fol. 54 1. st. Sunderland.

Livre curieux et recherché; deux exempl. furent adjugés à 2 1. st. 12 sh. et à 3 1. 10, vente Heber. On sait que le fabuleux monarque, le Prêtre J-ean, si fameux au moyen âge, indiqué d'abord comme régnant dans l'Asie centrale, fut ensuite transféré dans l'Abyssinie.

ANACRÉON, traduit en françois par M. de C. 1773, in-8°, mar. Lortic, 1650 fr. R. P***.

ANACREONTIS Odœ. Parisiis, 1554, in-40.

Édition originale; exempl. sur vélin; peut-être le seul connu; 221 1. st. Sunderland. « On croit (dit le Manuel) que c'est celui qui a appartenu au célèbre Grolier, le plus fervent des bibliophiles du xvie siècle. »

ANDROUET DU CERCEAU. De architectura et deux autres traités, in-fol., rel. du temps, 260 1. st. Beckford.

Exempl. de Thou. Acquis par M. Destailleurs.

— Les plus excellents bastiments de France, 2 vol. gr. in-fol., 165 1. st., même vente.

Exempl. de de Thou.

— Petits arabesques, in-fol. mar. Orléans,

1550 (46 figures) 46 1. st., même vente (il n'y avait que 46 pièces; il en faut 54).

— Dessins d'architecture, 55 dessins, in-fol., mar., 400 1. st., même vente.

On avait élevé quelques doutes sur l'authenticité de ces dessins, qui auraient pu être payés plus cher; ils ont été acquis par un juge bien compétent, M. Destailleurs.

— Livre des édifices antiques. 1575, in-fol., 63 1. st. C'est encore M. Destailleurs qui s'est rendu propriétaire de ce précieux volume.

ANGLERIUS (Petrus Martyr). Opus épistolarum. Comfiluti, 1530 (édition originale). 61 l.st. Sunderland.

Ces lettres sont curieuses, mais ce n'est que depuis peu de temps qu'elles ont acquis un prix élevé. Le véritable nom de l'auteur est Angleri ; c'était un Milanais.

— De rebits Oceanis et orbe novo Décades très. Basileœ, 1533, in-fol. (exempl. deMaioli) 50 1. st. même vente.

L'édition de Paris, 1587, comprenant dix décades, adjugée à 24 1. st. ; les diverses éditions de ces Décades sont fort recherchées ainsi que les anciens ouvrages relatifs au Nouveau Monde.

ANGOULEVENT. Satyres bastardes. Paris, 1615, in-12, mar. Du Seuil, 52 1. st. Beckford.

Adjugé à M. Techener, libraire, pour compte de Mgr le duc d'Aumale.

Anthologia. Florentine, 1494, 51 1. st. Sunderîand.

Édition originale de ce charmant recueil de l'ancienne poésie grecque. Voir dans la Biographie universelle un article fort bien fait au mot Méléagre.

API ANUS, grasce et latine. Amstelodami, 1670, 2 vol. in-8°, mar., armes de Du Fresnoy, 100 1. st. Beckford.

APOLLONIUS, Argonautica. Florentiœ, 1494, édition originale; exenrpl. sur vélin, 156 1. st. Sunderland.

A la vente Mac-Carthy, en 18 17, un exempl. également sur vélin, 17 10 fr.

L'Apollonius et l'Anthologia sont deux des cinq livres grecs imprimés en lettres capitales à Florence, à cette époque.

APULEIUS, Metamorphoseos. Romœ, 1469, in-fol. Édition originale, 64 1. st. Sunderland.

C'est à peu près le même prix que celui payé en 1784, à la vente du duc de La Vallière, 1520 fr.

— De Asino aureo. Venetiis, Aldus, 1521,

mai*, exempl. de Grolier, ayant appartenu à de Thou, 158 1. st. Beckford. Reliure fatiguée.

APULÉE. L'Amour de Cupido et de Psiché. Paris (1586), in-40, veau, 100 1. st. Beckford.

Un exempl. 220 fr. Yemeniz, en 1867, et parfois beaucoup moins.

ARETIXO. Ragionamento de li Corti. Xovarra, 1538, très bel exempl., mar., armes de Du Fresnoy, 175 1. st. Beckford.

ARGYL (Anna, condesa d'). El aima del incomparable San Augustin. Amberes, 1622, petit in-40; exempl. aux armes de Catherine de Bragance, femme de Charles II, 102 1. st. Beckford.

Ce livre de piété , imprimé en Belgique, à l'époque de la domination espagnole, est excessivement rare, mais, en condition ordinaire, il n'aurait que bien peu de valeur.

ARIOSTO, Orlando. Birminghamiœ, 1773, 4 vol. in-40, un des 100 exempl. sur grznd pap. de Hollande, 1,700 fr. Un amateur anglais.

A la vente Sunderland, un bel exempl. cédé pour 25 1. st. 10 sh.

— Orlando. Birmingliamiœ, 1773, 4 vol. in 40 mar. Derome, 1,700 francs. Un amateur anglais.

Un des cent exempl. sur grand pap. de Hollande.

Une édition de l'Orlando, Venetia, Francesco, 1584, in-40 rel. en peau de truie, 1,000 fr. lord H....

Exempl. provenant de la bibliothèque Renouard; cet amateur le signale dans son catalogue t. III, p. 91 comme « de la beauté la plus souhaitable. » Adjugé à 100 fr. en 1S53.

ARISTOTELIS Opéra. Venetiis, Aldus, 1495- 1498. 6 tomes en 5 vol. mar. (rel. du xvie siècle) 3,060 francs. Un amateur anglais.

Première édition grecque d'Aristote ; elle est recherchée, mais elle est moins rare que d'autres éditions aldines de la même époque. Aux adjudications citées au Manuel, ajoutez celle de 830 fr. vente Yemeniz en 1867.

ARTAGXAX (Mémoires d'), par Sandras de Courtilz. Cologne, 1701, 3 vol. in-12, 52 1. st. Beckford.

Prix exceptionnel, dû à une très belle reliure ancienne, mar. olive, avec des W (YVigneret- Richelieu) couronnés.

ARTEVILLE (N. d'). La Navigation du roy d'Ecosse, Jaques V. Paris, 1583. Exempl. mar., aux armes de de Thou, 140 1. st. Beckford.

AUGURELLUS (L. Aurelius). Venetiis, Al-

dus, 1505, exempl.de Grolfer, 250 1. st.Beckford. Reliure très bien conservée.

AUGUSTIN (Saint). Lettres. Parts, 1684, 6 vol. in-8°, 146 1. st. Beckford.

Expliquons ce prix en disant qu'il y avait là un exempl. en mar. rouge aux armes de Gondy, cardinal de Retz.

~ AUGUSTINUS (S). De Civitate Dei, 90 1. st. Sunderland.

Première édition, sans nom d'imprimeur et sans date.

A la même vente, l'édition de Rome, 1468, 101 1. st.; celle de Venise, 1470, 42 1. st.; deux exempl. sur vélin, 280 1. st. l'un; l'autre fort beau s'est élevé à 1,000 1. st.

AVENTURIER (1') rendu à dangier, traictant des guerres de Bourgogne. Paris, 15 10, in-40, 1,250 fr., en mai, 1882.

On ne connaît qu'un autre exempl. de ce précieux volume; nous le voyons adjugé 1,050 fr. à la vente de M. le baron J. Pichon. De longs détails dans le Manuel.

AYCONE, seigneur de Courcy. Histoire du grand empereur de Tartarie. Paris, 1529, in-fol. mar., 46 1. st. Beckford.

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