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La Bibliothèque canadienne [microforme]

ré La Bibliothèque Canadienne, | JOURNAL HISTORIQUE, LITTE'R AIRE ET POLITIQUE .

Omne tulit punctum. qui miscuit utile dulct, or. de Art, Pod, he | sh e— Ré ‘a TOME IX. | D 2 7 0 D 7 de Ph M, BIBAUD, FDITEUR ET PROPRIÉTAIRE, | $ S À MONTREAL,

Be l'Imprimerie de JAMES LNE.

Tous EX: Tér. JUILEET, 1889. Nomao L

Ay{N. de nous;conformer au. désir de plusieurs de nos abännés,e de mettre notre otvragé à la portée d'un plus grand nombre da lecteuri,. en fatiant eh sorte quit offre les avantages réunis d'un jour nal littéraire et d'une gatetié, nous nous sommes déterminés à faire : paraître: la. BIDSIOTHEQUE CANADIENNE deis fois. par mois, en un pamphlet de 24 pages chaque fois, (y sompris la couverture, ) en attenlan? que ce‘nombre puisse être augmenté. |

Ce changement, que les circonstatices semblent rendre nécessaire, ou: du moins très convenable, puisqu'il ne se publie plus dans le Büs-Canada qu'iné'seile gasette en langue française, nous mettra on,.état d'introduire dans notre publication des remarques et des observations: sur les affaires politiques du pays, dy admettre des morceaux d'un intérêt plus immédiat pour le public.en général, sur l'éducation, l'agriculture, de commerce, &c. ebd‘y donner au moins un résumé des nouvelles étr re les plus intéressantes eb les plus authentiques. ti

L‘intervalle à din Mois à! ui autre été trop ie pour la plipart de ces’objets : il semblait même tel'@ plusieurs pour l'Histoire du Canada : cette. Histoire sera. continuée, et pourra paraître d‘autant plus nouvelle, que nous sms à l'époque où.finit celle de Charlevoix.

Afin de rendre la.B. C: d'une utilité plus grande pour les marchands et autres, surtout de lu campagne, nous insérerons sur la couverture le prix courant dés principaux. articles de commerce, ainsi que l‘annonce des, ventes par décrét ou par encan les plus considérables et les plus importantes.

Le nombre des pages sera augmenté aubout d'un an, ou même de six mois, st l‘encouragement le permet, et alors le journal pourra

se publier toutes les femaines.

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+ HISTOIRE DU EANADAÀ:

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° MM. de va, Vase et Joncaire avaient négocié si heureuse» ment chez, les : Iroquois, que les ;cinq cantons envoyèrent des députés à M. de Vaudreu » pour faire de nouvellés excuses du passé, et protester d’une inviolable fidélité à garder leurs promesses à l'avenir. Mais quelque temps anparavant, ils avaient suscité à la colonhe française un nouvel ehinemi, moins politique qu'eux, mais aussi brave et beaucoup plus féroce C’étajent lés . Outagamis, vulgairement appellés ‘les Renards. Par l'entremise des Iroquois, ces barbares venaient de faire alliance avec les Anglais, à qui ils avaient promis de bruler le fort‘du Détroit, et de faire main-basse sur tous les Français qu’ils y trouveraient. Les Kikapous et les Mascontins étaient entrés dans leur: complot. Il étaient venus s'établir en assez grand nombre au Détrois même et assez près du fort, et ils ’attendatent, pour exécuter leur dessein, qu’un renfort de juérriers, “lorsqu'ils appritent qu’un chef ontabvaif, nommé GUIMA, HA os d Pouteouatamis avaient tué environ cent : cinquante Mascoutins, tant hommes que femmes et enfans. A cette nouvelle, ils se mirent en marche, la fureur dans le cœur; et se promèttant de ne faire aucûn quartier, Mais heureuse: ment, br nor du-fort, nommé Dusuissow; fut averti à temps du gr qui le menaçait, par un sauvage outagami, qui s'était fait chien, et qui en beaucoup. "ébilon pour " Français. M A | Ce commiaudant n'avait avec lui que Ms Frantais ou Cahadiéris : ‘toute sa ressourèe. était daris les Hurons et les Ou taouais, et quelques autres sauvages avec qui il vivait en bonne intelligence; mais ces derniers étaient alors à la chasse. 11 les envoya avertir eh ns el de se rendre cg ar A il fit ensuite abttre toutes Jes maisons qui étaient hors de l’enceinte de son fort, et prit toutes les autres mesures que le temps lui permit de prendre pour soutenir les premiers efforts de l'ennemi. Ses alliés atrivérent bientôt et en bon ordre. 11 y avait permi eux des Hurons, des Outaouais; des Sakis, des Malhomines, des Illinois, des Qsages et des Missourites; et cha: : que tribu avait un pavillon particulier. Sur la route, ces sauvages se pressaient les uns les autres: ‘1 n‘ÿ.a pas de temps à perdre, disaient-ils; notre père est en danger; il nous aime, son éœür.hous est ouvert et son bras est appuyé sur nous : défendous-le, ou mourons à ses pieds.” ‘ Vois-tu cètte fumée, Saguima, disaient les guerriers hurous au chef des Outaouais ; ce sont trois femmes de ton village que

urons ge que

Histoire du Canada . -à

l’on brule, et la tienne est du nombre.” , Trois femmes, Oute: ouaises étaient véritablement prisonnières des Outagamis, p.29 on n'en savait pes davantage, et les Hurons ne parlaient pro: bablement ainsi que pour animer Saguima à la vengeance. Lorsque les alliés furent près du fort, les chefs envoyèrent demander à M. Dubuisson A permission d’y entrer, ses pore tes leur en furent ouvertes sur le champ. On leur fit uñ accueil proportionné au service qu’ils rendaient, et quand ils eurent pris place autour du c‘mmandant, celui qui était argé de portet la parole lui dit 3 “ Mon père, nous voici: tes enfans sont rangés autour de toi; tu nous a protégés, nous te secourons. Nous ne craignons pas la mort { au contraire; si elle nous saisit, nous lui souritons en disant: c'est une douce mort que célle du guerrier. mourant pour son père. Nous te demandons néanmoins une grâce : prie notre grand père Ononthio de prendre sin de nos enfans et. de nos femmes, et de jetter un peu d’herbe sur nôs cadavres, afin que les mouches ne viennent pas voltiger à l’entour, ni les oiseaux de proie s’en nourrir” Le commandant les femercia en peu de mots, et leur fit distribuer les vivres et les munitions qui leur étaient nécessaires. Ensuite les vieillards parcouturent les rangs; pour exhorter les jeunes gens à bien faire leur de: voir, et surtout à obéir fidèlement à leur père: | dé Cependant les Outagamis attendaient assez tranquillement | les confédérés, dans le: fort qu'ils avaient construit, et qui n’éait éloigné de celui des- Français que de la portée du mousquet, ls répondirent bravement à la première attaque ; mais le feu continuel qu’on faisait sur eux les força bientôt à creuser de grands troûs en terre pour se mettre à l’abri. Alors les assiégeans dressèrent deux espèces d’échafauds de Vingt-cion pieds de haut, d’où ils battirent les assiégés avec succès, Ceux-ci n’osèrent plus sottir pour avoir de l’eau; leurs | vivres se consommèrent, et ils soufftirent beducoup de la faim et de la soif. Dans cette extrémité, tirant des forces de leur désespoir, ils combatirent avec une valeur qui rendit longtemps a victoire douteuse; ils s’avisérent même d’arborer sut leurs palissades des couvertures rouges en guise de drapeaux, et crièrent de toutes La forces: ‘ Cortas est notre père; son drapeau flotte sur nos têtes ; 1l protège notre bras : où il vien: dra nous secourir, où il vengera, notre mort; ennemis, si vous voulez mettre-votre vie en sureté, prenez le même parti que hous”.. 7 | Le chef des Pouteotiatamis léar répondit : ‘ Si la terre doit être teinte de sing, comme vous le foulez faire entendre par ce drapeau, elle le sera du vôtre : vous aviez perdu l'esprit lorsque Vous vous Ctes liés avec les Anglais; ils ne sont paint fav vris

ë Histoire du Canadt,

vés par le Maître de la vie; ils ne font pas la guerre comme des Hélas, mais comme des renards; l’eau forte qu'ils vendent aux nations, est un poison qui les fait périr.”

Ces dialogues, qui ne ressemblent, pas mal à ceux des héros d'Homrks ne plaisaient pourtant pas au commandant du P6troit, parce qu'ils ralentissaient le combat; et donnaient: aux ennemis le temps de respirer. Îls en avaient même déjà profité pour s‘emparer d‘une mrison qui n'avait pas été entièrement démolie, et Qui joignait le. :s retränchemens, Îls y avaient élevé une redoute, et tirnien. à couvert du pignon; mais M. Dubuisson la fit abattre à coups dé canon. Alots les Outa-

amis poussèrent des cris affreux, et quelques momens après, ils firent demander la permission d'envoyer des députés au commandant. Les chefs alliés y conséentirent, dans l'espérance de tirer de leurs mains leurs trois fémmes captives.

Le léndemain matin, les couvertures rouges disparurent et

fürent remplacées par un pavillon blanc. Ensuite le grand chef des Outagamis, nommé PEmotssa, se présenta à la porte du camp, accompagné /de deux guérriers. On les fit entrer ; lé conseil s’assembla, et dès qu'ils y eurent été introduits, Pemoussa mit devant le commandant deux éaptifs ét un collier, en le priant de lui accorder deux jours; afin que les vieillards pussent délibéret sur les moyens de l‘appaiser et de lui faire Satisfaction. Puis se tourgant vers les sauvages, il leur présenta aussi deux esclaves et àn collier, et leur dit?" ‘ ; ” Souvenez-vous que nous sommes vos frères, et qu’en répandant notre sang, c'ést le, vôtre que vous versez. Nous avons malheureusement irrité l'esprit de notre père; tâchez de l‘adoucir pour nous: Voici deux esclaves, qui rémplaceront le peu de si que noûs pouvons avoir répandu.” . pci

Comme les sauvages he répondäient point, Dubuisson prit la parole; et fit entendre aux députés qu'il ne pouvait pas s’assurer de la sincérité de leur repentir, puisqu'ils n‘avaient pas ramené la femme de Saguima et les deux aûtres qu’ils avaient prises avec elle; et qu’il ne lés écouterait que quand ces trois captives lui auraient été remises, Pémoussa s’excusa sur ce que la chose ne dépendait pas entièrement de lui, et dit qu'il allait faire savoir sés intentions aux anciens: On lui accorda le reste du jour, et on lui ptomit de ne point tirer jusqu’à son retour, pourvu que personne ne softit du forts Deux heures après, trois députés airivèrent, un pavillon blanc à la main, ét suivis des trois prisonnières, qu’ils présentérent àu commandant. Ils lui témoignèrent un-grand regret de lüï avoir déplu, et le conjurèrent de leur laisser à tous la liberté de se retirer. PDubuisson leur répartit que c'était à ses alliés qu’ils devaient s'adresser pour cela; qu'il leur avait engagé sa parole

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Histoire du Canada, 1

de les laisser les maîtres absolus de faire ce qu'ils jugeraient à ropos.

? ette réponse fut fort applaudie des sauvages, etle grand chef des Tlinois dit, au nom de tous, aux députés: ‘ Votre conduite passée et vos alliances avec Corlar nous montrant. votre âme à nu, et elle est noire. À peine serez-vous sortis de votre camp, que vous recommencerez à former des complots sous la terre, et à vous frayer une route, pour venir écraser nor tre père au moment où il ne s‘y attendra pas, et où mous ne serons peut-être pas à portée de le secourir. Mais nous ne voulons pas qu'il en soit ainsi: notre dernière résolution ést de ne vous recevoir qu’à discrétion, et nous, ne bougerons pas d'ici que hous ne vous y ayons forcés. Rentrez dans vos retranchemens ; nous n'attendons que cela pour recommencer à tirer.” " Réduits ainsi à la dernière extrémité, les Outagamis et leurs alliés se battirent en furieux : ils décochaient à la fois jusqu’à trois cents flèches, au bout desquelles il y avait du tondre allumé, et à quelques unes des fusées de poudre pour mettre le feu, au fort. des Français. Ils y brulèrent en effet plusieurs maisons, qui n'étaient couvertes que.de paille ; et pour empècher que l'incendie ne gagoät plus Join, il, fallut couvrir tout ce qui restait, de peaux d'‘ours.et de chervreuils, et les arroser à chaque

instant, : .

Les confédérés, lassés d’une si opiniâtre résistance, parurent désespérer du succès, et Dubuisson.eut lieu de craindre-qu'ils ne se retirassent et ne le missent ainsi à la merci d‘un .ennemi gui venaient de traiter avec une arrogance si impitoyable. Il fallut, pour les retenir auprès de lui, qu'il les comblét de présens, et employât tout ce que la raison et l’éloquence ont de plus persuasif. : Sensibles aux reproches qu'il leur fit de vouloir e laisser dans le fort du danger, et d'abandonner la victoire au moment où elle allait couronner leurs efforts, les chefs lui jusèrent qu'ils mourrajent devant la place plutôt que de s‘en alder, et qu'ils. chassaient loin d‘eux le mauvais esprit qui les avait possédés;un moment, °°":

Les, assiégés furent bientôt aux abois; ils étaient encore plus 4ourmientés de la, faim et de la soif, que pressés par le feu des assiégeans, etles cadavres dont leur fort. était rempli y:causaient unginfection horrible, Ils.demandèrentdenouveau à parlementer: Pémoussa etun autre .chef vinrent au camp.des assiégeans, avec plusieurs, captifs, .et dans l'équipage qu'ils crurent le plus propre:à émouvoir. la compassion, : Ils demandérent la vie pour leurs vieillards, leurs femmes et leurs enfans, disant que pour eux, ils n’osaient pas se flatter qu‘on la leur

accordat. ‘ Souvenez-vous pourtant, ajontéréntslls: que vous êtes nos neveux, et que c'est notre: sang qui coule dans vos

HNstoire du Canada.

veines. Pourquoi seriez-vous altérés de votre sang? Ne vous serait-il pes plus honnète de l'épargner, et plus avantugeux | de nous’avoir pour esclaves ”" : a MAS (

| Les sauvages se montrèrent aussi inéxorables que la première mn. | \ fois: quel ‘üns’même proposèrent à M. Dubuisson dé | imassacrer les députés ; mais il leur répotidit, en colère, qu'il

fallait être ivre’ pour lui faire une pareille proposition. Les

| assiégés n'eurent gr dé réssource que (lans la fuite, et ils s’évadèrent èn effet de nuit, à la faveur d'un ‘pa qui avait écarté

les assiégeans. On sé mit dés le matin à leürs trousses, ‘et on

| les trouva assez bien retranchés à quatre lieues du Détroit, dans une presqu'ile qui s'ävance dans Je lac de Se. Claire. ‘I fallut donc recommencer un nouveau siège, qui dura quatre jours, et ui eût même été plus- long, si M. Dubuisson 1 eût fait venir déek pièces de campagne. Le prémier'en avait duré dix neuf. Lés assiégés se rendirent enfin à discrétion, ét presque tous ceux qui "avaient les armes à la main fürent impitoyablement iroiiel rés'sur le chaïhp. Les autres, au nombre (le cent cinuante, sans) compter les fémmes et les enfans, furent faits laves et distribués entre les tribus confédérées, qui ne les gardèrent pas léngtemps, mais les massacrèrent presque tous, avant de se séparer." La perte des confédérés fut de soixante hommes ; mais les Outagamis et leurs alliés y perdirent plie de deux mille personnes. Nous verrons pourtant bientôt qu'il leur restait 14 encore assez de forces pour tenir la campagne, et donner de la tablature à leurs ennemis. i Ceci se passa a la fin de Mai et au comencemment de Juin 1712. Cette mème année, avant que les négociations pour la aix fussent terminées à Utrecht, lès gouverneurs généraux de a Nouvelle France et de Ja Nouvelle Angleterre reçurent des ordres précis de leurs souverains de faire absplument césser tout | acte d’hostilité entre les deux nations et leurs alliés, Ils apprirent bientôt après que la reine d'Angletterre s'était détachée de la'ligue qui avait entrepris de détroner Puizrppe V. Par f le traité conclu entre Louis XIV et la reine Anne, la France cédait à l'Angleterre l’Acadie’avec la ville de Port Royal, nominée depuis Annapolis, et tout ce que les Français avaient pos-

sédé ju ü’alors dans l'Ile de Terre-Neuve et à la Baie d'Hud-

son. Le Roi de France tenoncait aussi aux droits qu’il prétendait avoir sur le paÿs des Iréuois; mais l'Angleterre y gagna péu J de chose, parce que ces sativages' continuèrent à protéster de 1 leurindépendance, et à'se maintenir dans leur liberté,

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ÿ PETIT SYSTEME d'AGRICULTURE, Par Varsrs Guier, N. P. d Yamachiche.

CuaPiTRE PREMIER.

Des différentes espèces de terres et du choix qu'on doit en faire.

Il y a différentes espèces de terres; ce principe est certain. et ne souffre aucune difficulté ; aussi le cultivateur intelligent qui fait le choix d’une terre nouvelle, a-t-il le soin, autant que mms de la prendre dans les lieux qui lui paraissent les meileurs et les plus fertiles. ” Parmi les diverses espèces de terre qui sont les plus favorables à la culture des grains, sont Jes terres fortes, les terres noires, les couches végétales, de 2e qui est un mélange de matières calcaires très fines et de parties végétales : ce que les cultivateurs entendus et prudents savent fort bien distinguer, | |

Quelques uns mêmes négligent ou refusent de prendre de nouvelles terres en concession, parce qu’elles ne sont pas de la queue qu'ils pourraient désirer. 11 est vrai que la possession

‘une bonne terre est un avantage très précieux, et on ne saurait trop louer la diligence de certains cultivateurs, qui pour se procurer de riches et fertiles propriétés, font des recherches considérables et fort dispendieuses. Mais si d‘un côté la dilipre des uns est louable , la négligence des autres est très

lamable et fort préjudiciable à leurs intérêts. (On peut en quelque façon, par le courage et l‘industrie, donner pour ainsi

ire, à la mauvaise terre, les forces et les qualités que la nature semble lui refuser. |

L‘expérience ne fait-elle pas voir tous les jours, que des terres d‘une mauvaise qualité, et d‘un sol. ingrat, souvent abandonnées par leurs premiers propriétaires, ou cédées pour de très bas prix, deviennent par les soins .et l'industrie de nouveaux propriétaires, des possessions riches et fertiles, et qui par leurs produits et leurs revenus récompensent les peines et les travaux de ceux quileur donnent leur attention et leurs soins.

Lesterfainsles pluspropicesetlesplus avantageux pour l‘agriculture , sont les terrains bas, ceux qui sont près de la mer, des lacs, des fleuves, ou des rivières. Le cultivateur attentif à ses intérêts, ne saurait faire un meilleur choix, qu‘en prenant une a dans ces lieux, qui sont toujours fertiles et fort lucratifs. PR en D Je Ensuite les vallées, et tous les lieux bas, sont les meilleurs terrains, et les plus favorables à l‘agriculture. Ordinairement toutes les espèces de grains y viennent, avec beaucoup d‘aæ

Tomx IX=NO©.I 2 |

10 Petit Systême d'Agriculture.

deur et d‘impétuosité. Ces sortes de terrains sont toujours

ras et fertiles et promettent un avenir prospère et heureux à l'intelligent et prudent cultivateur qui en fait le précieux choix. Mais comme dans ce pays les bords du fleuve St. Laurent sont déjà habités, à la distance de plusieurs lieues, ainsi que ceux des principales rivières, le prudent cultivateur peut encore faire un heureux choix, en prenant des terres en concession dans les lieux bas et les vallées, où le sol est excellent et très fertile.

Les lieux hauts, le sommet des côtes élevées et des monta gnes, ne sont pas non plus à mépriser; souvent ils renferment un sol précieux et des plus avantageux pour l'agriculture ; mais ils se lassent, et se fatiguent plus promptement que les lieux bas, qui sont près de la mer, des lacs, des fleuves ou des rivières, ou qui les avoisinent.

Alors il faut joindre au travail le plus assidu, une industrie prudente et judicieuse et le soin le plus vigilant. L‘art répare assez facilernent les défauts et les défaillances de la nature, et le cultivateur actif jouit des avantages de l’un et de l‘autre. C’est le prix de ses pénibles et intéressants travaux et la due et juste récompense de ses peines.

Les endroits pierreux possèdent communément un bon sol, et sont presque toujours favorables à l‘agriculture, sur-tout lorsqu'ils sont couverts d’une couche de terre de quelqu’espèce

ue ce soit, assez épaisse pour y conserver la fraicheur et la bien+ esante humidité. La pierre continuellement mise en dissolution, par l‘action de l‘air et du soleil, fournit un engrais excellent, qui rend les terres fertiles et très productives, ou au moins qui leur conserve leur première valeur, et les empêche de se détériorer. |

Les terres jaunes, rougeâtres, la craie et les terres sablonneuses, sont les moins propres à l’agriculture. Il faut de grands soins pour les améliorer et les rendre fertiles. Elles ne devraient tomber en partage qu'à des gens laborieux et industrieux, et assez riches pour pouvoir y ajouter un engrais abondant et étranger. Mais malheureusement ces terres sont le plus souvent possédéés par de pauvres familles, qui n‘ont jamais eu les moyens de s‘en procurer d‘une meilleure qualité, ou que l‘amour du lieu natal retient misérablement dans ces pauvres retraites, Quelques fois aussi des fainéants les choisissent par préférence, afin d‘avoir un prétexte d‘y mener une vie indolente et oisive et s avent vagabonde. Ainsi le ‘prudent cultivateur ne saurait prendre assez de précaution pour faire le choix d‘une bonne terre. C'est de là que dépend son bien-être, sa fortune et ses satisfactions futures; car un bon choix assure au cultivateur un bonheur certain, s'il joint un travail constant aux prér

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tieux avantages que lui offre un sol richie et fertile : maïs du con: traire, si le laboureur fait un mauvais choix, et qu'il soit d‘un caractère insensible et indolent, l‘avenit ne doit rien lui promettre de prospère et d‘heureux : au contraire, des privations, lindigence, la misère et toutes les nécessités attendent sa décré: pitude et ses derniers moments: quel triste et funeste sort !

Combien n‘en voit:on pas, tous les jours, expirer au sein de la misère et de l‘indigence, pour avoir fait un mauvais choix, et négliger les travaux nécessaires à un solingrat et légé.

Le cultivateur, avant de prendre une terre en concession, ou d'en faire l‘acquisition, doit observer très soigneusement si elle contient différentes espèces de bois de charpente et de constrution ; siles bons bois de chauffage y sont abondants. Les terres où il y a beaucoup de bois francs, sont toujours les meilleures, et le cultivateur prudent en fait toujours le choix par préférence aux autres. Les bois qui désignent presque tr 1jours un mauvais sol, sont les pins, les trembles; les bouleaux, £t autres espèces d’arbustes qui ne croïissent que sur les terrains sablonneux et légers, et peu propices à laculture, parce qu'ils contiennent peu d‘hunidité. Le cultivateur auquel il reste encore un choix, agira sagement, en évitant ces stériles contrées: Paréillement on doit éviter de prendre une terre dans les lieux où il y a beaucoup de mine de fer, et où le sable rouge est près : l‘expérience démontre que ces terres sont toujours d‘une médiocre vaieur, et * ne produisent sans le secours des engrais; que des grains d‘uné très faible qualité ; hormis que le cultivateur ne fit te choix que par des vues de spéculation, de commerce, &. comme si ces terres se trouvaient à proximité de quelques forgés; mais quelque choix que fasse le cultivateur d‘une terre, celle où il y a des ruisseaux ou couts d‘eau naturels; est toujours préférable et lui sera d‘une grande utilité, et le dédommagera amplement d‘um choix qui pourrait être désavantageux d'ailleurs: ces commodités sont sur une terre éloignée des rivières, d‘un mérite inappréciable. Ce sont de grands moyens de facultés pour les laboureurs;: Une eau limpide et claire pour le besoin de leur maison, sert en mêmetems à abreuversans frais de nombreux troupeaux de bestiaux, qui font toujours la richesse et l’opulence des cultivateurs.

Les terres où il y a beaucoup de collines et de coteaux, ou qui contiennent un grand nombre de ravines et de cavées, ne sont pas les plus avantageuses, quoique le sol en soit souvent d’une bonne qualité, à cause des différents frais qu'il faut faire pour se procurer des chemins et des ponts commodes et solides, dont la construction et l'entretien sont fort dispendieux, et causent fréquemment de grandes pertes de temps: d'ailleurs lorsque ces terres ont un bon sol, elles poussent aussi bien que les terres unies, et moyennement élevées. Les terrains où les pommiers

12 Mauvais Procédés en Agriculture,

croissent, ou autres espèces d'arbres qui portent de gros fruité, sont d‘un très grand avantage pour le cultivateur, et il doit leut donner une grande préférence? outre les douceurs qu'il en peut tirer pour son propre usage; il peut encore en faire un profit annuel, qui lui serad‘autantplusavantageux, qu'il lui en coutera moins pour la culture de ces arbres. Ün ‘doit aussi considérer comme un grand avantage les terres où il croît beaucoup d‘érables et de plaines; un cultivateur laborieux en retire presque toujours un produit assez considérable. Si les travaux qu'il faut faire pour exploiter une sucrerie, sont durs et pénibles, on

‘en est presque toujours indemnisé par un reveñu annuel, qui

souvent répare uhe mauvaise récolte; et avec lequel on peut se procurer le pain du ménage, où autres nétessités et besoins qui peuvent survenir dans le cours d‘une année par des pertes et des accidens imprévus. ni te

Les térres sur lesquelles ou près desquelles, il ÿ a beaucoup de gibier, ou qui sont près des rivières qui contiennent beaucoup de poisson, ont encore un grand avantage sur les autres, et on

‘doit en faire le choix par préférence, à taüse des revenus et pro:

duits que peuvent donner la chasse et la pêche, et avec les quelles on se-procure une nourriture saine et délicieuse, Il est pour= tant imposible de trouver tous ces avantages réunis sur une mème terre ou propriété ; mais lors qu'il y en a quelques uns, il faut se déterminer a en faire le choix: Car on voit tous les jours des personnes qui ën sont privées, reclamer côntre leur choix; et envier en quelque façon, Île sort de ceux, qui joüissent de quelques unes de ces commodités. Je ne püis termiher ce chapitre sans observer que les rentes exhoïbitantes à la charge desquelles on concède les terres actuellement, nuisent beauconp à l’avan< cement de l’agriculture. Beaucoup de reclamations ont déja été faites inutilement, quoiqu‘appuyées sur des anciénnes ordoné nances, qui semblent en fixer le taux,

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