‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 22 sur 177 · ToME IX.—N ©, III · texte numérisé non relu

ToME IX.—N ©, III

58 Pelit Système d'Agriculture.

L'ecueil d‘Estampes qui ont rapport à des faits hisloriques du Canada, et qui se trouvent parmi la collection des estampes clés posées à la Bibliothèque Royale de Frañee.: - Année 1690, Petite Carte du Canada, où le Chevalier Guil laume Phipps fit une tentative inutile, les 10 et 19 Octobre

; Le Bombardemeht de Québec par les Anglais, lé 10 Octobre Année 1758 Plan de ”wisbourg en Canada, rendu aux Anglais le 26 Juillet 1758. ‘errier sculp.

nnée 1759. Plan. der Vine et du Siège de Québec, pris par les Anglais, le 18 Sepiembre 1759. Perrier sculp. . Année 1460. Plan de la Bataille de Québec, le 28 Avril 1760. Perrier sculp. is | Plan de l'attaque du fort de Carillon, Je 8 Juillet 1758. Idem: s Plan de l’atiaque du fort de William Henry, le 1 Août 1756 Hlen, . Ka

Bonn PÊETIT SYSTEME L'AGRICULTURE, Cirarirre Troisrème.

Du sué nourricier où vertu nutritive,

Ontre l'humidité, premier principe de la végétation, li terre contient encore un sue nouricier, où vertu nutritive, qui est propre et convenable à nourrir chaque espèce de plante, et qui Ja conduit à sx pleine et parfaite maturité : chaque espèce de plan- ‘te a dansda terre une nourriture qui hf ést nécessaire et particuliére. La terre possède des richesses immences : elle # dans son sein tous Îles alimens de la végétation, ét c’est par le sécours le Ia bienfaisante humidité qu'ils sont ris en opéra: tion. C'est elle qui en est la sagé et prudente dispensatrice : elle donne à chaque plinté le suc nourriciér où vertu natritive qui - est convenable et particulier à son espèce, et qui lui sert de

principal atiment. Ce principe, qe la terré contient une nourriture particulière à chique espèce de plante, n'est pas admis par toutes sortes de parsonnes : plusieurs prétendent que la. terre contient naturellement et généralement une substanee commune à toutes les plantes qui eouvrent sa surface. J'avoue sin: cèremrent q. une substance pent ètre eommune à plusieurs cspèces de plantes et de-grains, et leur proeurér uñe- nourriture générale ; mais, je crois, outre cela,qne la terre contient un suc nourricier absolument particulier à chaque espèce de plante, et qui est son aliment naturel,

hisloriques

les estumpes dé:

en rt ut xl

hevalier Güil.

et 19 Octobre lé 10 Octobre a, rendu aùx

> Québec, pris sculp.

x le 28 Avril

t 1758. Idem:

7 Août 1756,

tion, li terre tive, qui est lante, et qui pèce de planaire et partices : elle a c’est par le is en opéra satrice : elle nütritive qui i Jui sert de nt une nouras admis pat ue la. terre Stañee Ccom- Pavoue sinlusieurs os- >. Hourriture tient un suc é plante, et

Petit. Systéme d‘Agricullure.

Le défaut des Canadiens, et c’est un véritable abus dans leur système actuel d’agricukute, est dè semer pendant plusieurs anuées, dans la même terre, la-même espèce de grains, jusqu’à ce qu’elle ne vienne plus, etqu‘on juge leterrain tout-à-fait détérioré.

Par cette cantinuité de semence de même espèce de grains dans in même terre, la nourrityre où substance qui était particulière à gette espèce de grains, vient à s’épuiser ; la beauté du grain diminue sensiblement ; la terre épurée ne lui doune plus cette nourriture favorite, et alors de ce moment seulement on juge convegable de semer dans cette terre une espèce de grains qui est ordinairement moins. précieuse que celle qu’on y avait semée précédemment : ar le cultivateur Canadien sème

toujours son-bled dans sa meilleure. terre, jusqu'à ce qu'il n‘y vienne plus,.et alors il y-substitue l’aveine ou, autres

. menus grains, qui viennent ordinairément bien: dans une terre

fatiguée par le. bled ; car la substance ou: vertu notritive, qui était propre et particulière à Paveine, &. a cru et augmenté, ndan£ que le bled épuisait la sienne, et la ruinait entièrement. Mais op demande si dans une terre où l’on a semé. de l’aveine ou autres espèces de grains, plusieurs années de suite, on se. mait du bleu, :il viendrait bien et d'une bonne qualité? A cela, on répond qu'on a peu d'exemples de cete manière de confier. le bled aux tefrains ruinés par les aveines, ou autre espèce de ains. Cependant, il est certain que le bled v ‘ent beaucoup. mieux que les dernières aveines qu'on y a senée.. La nourriture articuliève au bled a pareillement cru. et augmenté, pendant jue l‘aveine épuisait çelle. qui lui est propre et convenable, Voici un fait certain, que j’apporte à l'appui de ge que j'avance. Un jeune hommz;'auquel. son père et sa mère avaient donné une terre, dont plusieurs parties: étaient fort bonnes ; mais où il se trouvait une cértaine pièce où compeau qui, passait ponr-être le. lus stérile et le moins bon de toute la propriété. À sa mémoire, 1l n'avait jamais été ensemencé sur cette pièce de terre que de l'aveine et du sarrasin, qui n’y venaient plus que bien médiocremeut, quoique cette terre fût quelquefois baignée par les eaux du printems. Quand je le vis maître de cette terre, et libre de l'ensemencer à son choix, je m'efforçai de lui communi- + no mes idées sur ce point; afin de l’engager à. mettre du. bled dans cètte terre stérile et infructueuse. Il saisit fort bien ce que je Jui en dis ; mais il ne voulait pus ie faire, sans en parier à ses. lonateurs, afin de conserver leurs bonnes grâces, et leur montrer un plus grand respect. Ses parens s‘opposèrent à cette résolution, lui conseillèrent fortement de ne point l‘éxécuter, et de semer sa têrre comme elle l’avait toujours été par le passé. Cependant, sur ce que je lui representai de nouveau, il résolut, çontre l'intention de ses-parens, d'en faire l'expérience, cn y:

60 Petit Systêéme d'Agriculture.

semant qu'une petite quantité de bled, qui poussa avec beaucoup de vigueur, devint fort long, et parvint à. une maturité pions et parfaite, tandis que les aveines ‘et les sarasins, qui

‘enyironnaient ne produissirent que des fruits maigres et arides, et une paille courte et molle, De là on peut bien conclure què la terre contient différentes espèces de sucs nourricieré propres et particuliers à chaque espèce de plante et de grain. : :

C’est donc un maävais usage, chez les Canadiens de semer la méme espèce de grains dans la même terré, pendant un tems trop considérable, et jusqu'à. ce qu’il l’aient entièrement épuisée ; au lieu que s'ils changaient chaque année de semence, la terre se détériorerait moins, et la récolte sérait toujours plus avantageuse plus abondante et par conséquent plus lucrative, On pourrait aussi ensemencer la même terre plusieurs années de suite, avec beaucoup de succès, pourvût qu'on changeñt d’espèce de graink chaque année. Les chaumes rendent à la terre la substance et la graisse que la récolte précédente peut en avoir tirées ; la terre en devient aussi plus facile à cultiver et beaucoup plus meuble, et le grain, de quelque espèce qu'il soit, jette des racines plus profondes, et en retire par conséquent un suc nourficier plus favorable et vlus abondant. Faire fricher un champ et le mettre en pacage, est un excellent moyen de l’améliorer ; mais si d’un coté le pacage lui'est propice et avantageux, cette herbe qye de nombreux troupeau coupent et rasent continuellement, pousse sans cesse avec beaucoup de vigueur, et tire dela terre une substance immense, qui serait très favorable à la végétation. 11 est vrai que‘cette herbe, convertieen fumier par les animaux, rend presque toujours à la terre ce quien a été tiré. Cette manière d'améliorer ‘les terres ést: excellente, maïs extrèmement partielle ; elle n’a lieu que dans lés endroits où les: animaux passent la nuit, ou demeurent plus longtems. On peut encore apporter pour preuve à l’appui de ce principe, les différentes espèces de bois ou de grands arbrex qui ne croissent presque jamais dans un même lieu. On voit, par exemple dans des forets immenses, des lieux couverts d’une même. espèce de bois; ici ce sont des pins magnifiqués, dont les rameaux lugubres et to”'t à la fois majestueux, en imposent à l'œil étonné qui les contemple : là est un lieu couvert d’ormes superbes, qui portent leurs têtes verdoyantes et royales, jusque dans les rues : plus loin, sont des frènes touffus, d’un vert pâle, qui moins majestueux dénotent cependant un terrain gras et fertile. ‘ Ailleurs, est un lieu planté d’érables, qui par leur produit annuel, donnent une grande valeur au terrain sur lequel ils se trouvent. Enfin chaque espèce d'arbres a sa terre fuvorite : ce qui démontre et prouve évidemment, que la terre possède un aliment particulier, qui est propre à la nowærir ct la substanter.

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