EXPEDITION SCIENTIFIQUE
On se rappellera que MM. F. A. Laroque, T. Pornien et P: pe RocHeBLave, furent nommés par son Excellence, l'Ad. ministrateur du gouvernement, Commissaires pour mettre à exécution les dispositions d’un acte de la dernière session de la Législature, qui accorde £500 pour l'exploration du pays situé entre les Hyidres de St Maurice et des Outaouais. Ces mes. ‘sieurs partirent des Trois-Rivières, vers la fin d’Août, accompa.
nés deMr, Bou certe, député arpenteur-général, du lieutenant ‘INGaL, de l'enseigne Nixon, et de sept voyageurs, dans trois canots, Îls se rendirent d’abord à la rivière à /a Hache, audessus des Forges, où Mr. Bouchette les laissa pour s’en retour. ner à Québec. De là le parti explorateur se rendit à la rivière ‘au Rat, qui se jette dans le St. Maurice, du côte de l'ouest, environ quatre-vingts mille au-dessus des Trois-Rivières, et où la compagnie de la Baie d'Hudson à un poste de commerce. Le arti y attendit environ trois semaines l'arrivé de Mr, John ADaMs, qui remplaçait Mr. Bouchette comme astronome et ar. ‘penteur. Ayant entendu dire qu’il y avait un espace de terre “fertile à l’ouest du St, Maurice, nos messieurs firent une exeur. sion dans l'intérieur, et y visitèrent une suite de lacs, au nombre de quatorze, qui se décharges dans la rivière au Lait, branche de la rivière Vermillon, qui tombe dans le St. Maurice, au nord de la rivière au Rat. N'ayant pas réussi dans l’objet de Jeur recherche, ils revinrent à la rivière au Rat, d’où ils recommencèrent à remonter le St. Maurice, Ils passèrent par le poste que la compagnie des Postes du Roi a établi à La Tuque, à environ 100 milles des Trois-Rivières, et continuèrent à remon. ter le St. Maurice jusr;1à l'embouchure de la rivière Vermillon, Le St. Maurice est ici rempli de rapides, et c’est la coutume des voyageurs de remonter le Vermillon, puis une suite de petits lacs, avec portages, pour rentrer plus haut dans le St. Maurice: c'est ce que firent nos messieurs, qui après être rentrés dans cette rivière, en suivirent le cours jusqu’à Ouémontichingue, où elle se partage en trois branches. Les compagnies ‘de la Baie d'Hudson et des Postes du Roi ont des comptoirs en cet endroit, qui se trouve par les 470. 38' de latitude septentrionale. L'expédition remonta une de ces branches, qui coule ‘de l’ouest, et rencontra une chaine extraordinaire de lacs et de courants
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bles, qui n’a probablement sn ‘ :‘‘eille ni en Canada ni er 1 Ces lacs PA dit-on, au nu. re de vingt-trois, et nos messieurs mirent douze jours à faire 12 tour du plus considérsble, auquel ils donnèrent le nom de Zuc Kempt. En plusieurs endroits, l'eau s’y trouva de plus de quarante brasses de profon. deur, le parti n'étant pas muni de lignes pour sonder plus avant. 4 En sortant de cette chaine de lacs, nos messieurs rencontrèrent la rivière au Lièvre, à 120 milles environ du St. Maurice, laquelle distance fut considérablement augmentée par l'examen etla mesure des anses et des pointes de chaque lac; ce qui fit
‘peut-être plus de 2000 milles de navigation. Après être entrés
dans la rivière au Lièvre, ils mirent huit jours à la descendre jusqu’au lac des Sables, qui est une expension de cette rivière, et où il y a un poste de commerce particulier. La compagnie de la Baie d'Hudson a aussi un poste de commerce à la pointe de ce lac. Depuis la sortie du lac des Sables jusqu’à l'entrée de la rivière au Lièvre, il y a plusieurs défrichemens et établisemens, et des moulins appartenant à Mr. Bowman. La rivière au Lièvre, dans la distance entre les lacs et la rivière des Outaouais, s vingt-trois portages, ce qui en rend la navigation un peu diffile. De lembouchure de la rivière au Lièvre, le parti descendit la rivière des Outaouais jusqu’à l'entrée du canal.
-* Les officiers de l'expédition représentent le pays qu’ils ont
traversé, comme n'offrant rien de bien intéressant set l’espace
ui se trouve entre Ouémontichingue et la rivière au Lièvre, et sur les bords de cette rivière, comme sablonneux en plusieurs endroits, et ne produisant-guère d’autres arbres que le tremble et le bouleau, tandis que les bords des lacs offrent par-ci par-là de
hauts rochers taillés à pic. Le sol s'améliore pourtant graduel.
lement, après qu’on a passé le lac des Sables, et qu’on approche de la Grande Rivière.
Les Têtes de Boules, tribu qui ne compte pas présentement 200 âmes, chassent dans l’espace compris entre Ouémontichinque et la rivière au Lièvre; mais le gibier n’y est pas très à«
ondant.
La minéralogie du pays n'offre rien non plus de bien extraordinaire. Le parti explorateur n’y a trouvé aucun indice de mines de charbon ou de métaux, si ce ne sont quelques légères apparences de mines de plomb, mais où le minerai ne parait pas assez abondant pour mériter d’être exploité. On a dit qu’il y avait d’abondantes mines de plomb sur lés bords de la rivière Gatineau; mais l'apparence du pays traversé par le parti explorateur, si elle est la même plus à l'ouest, semblerait rendre cette assertion fort douteuse.
Les eaux des lacs intérieurs sont remplis de truites, de bre-
. Portrait du Rai.
hets, de dorés,.et autres poisons. de la mielleure. qualité: mai le gibier n’ést nulle part 4 abondant. Le princi a Ba cetta expédition, c'est la preuve qu'il existe une grande com. munication par eau-entre le Saguenay et la rivière des Outa. quais À Hul Montreal Gazettr,