Tome IX, 15 JUILLET, 1829. Numero II
HISTOIRE DU CANADA
Continuation.
Après la cession de l’Acadie et de la’côte mérédionale de Terte-Neuve à l'Angleterre, il ne restait plus guère aux Français que l'ile Royale ou du Cap Breton, pour fire la pèche de la morue, ou du moins pour faire sécher ce poisson. Dès 1706, MM. Raudot avaient envoyé à ia cour de France un mémoire où ils recommandaient fortement la colonisation de cette île, comme devant être du plus grand avantage à la France et au Canada; particülièrement sous le rapport du commerce. On
arut faire d’abord assez péu d'attention à ce mémoire, quelque
jen pensé qu’il fût; mais après la perte de l’Acadie et de Plaisance, dn demeura convaincu de la nécessité, non seulement de peupler le Cap Breton, maïs encore de'le fortifier. Après avoir délibéré pendant quelque temps sur le choix du lieu où il convenait de former le principal établissement, et hésité entre le port de Ste. Anne et le Havre à l'Anglais, on se décida enfin pour ce dernier, et lon commença à y bâtir une ville, à laquelle on donna le rom de ZLouisbourg. M. de Costebelle, qui avait perdu le gouvernement de Plaisance, fut chargé de celui de la nouvelle colonie,
On äüvait compté d’abord de transporter dans l'Ile Royale tous les Français établis en Acadie: on y avait même invité tous les sauvages compris sous le nom d’Abénaquis, et quelques üns de ces derniers y formèrent, en effet, une bourgade; mais les Acadiens n’y trouvant pas de quoi se dédommager de ce qu’ils possédaient dans leur pays, ne voulurent pas consentir à la transmigration, comptant sur les promesses que leur firent les gouverneurs anglais de les bien traiter à l'avenir. Les habitans de Plaisance, au contraire, passèrent tous à Louisbourg, et s’y trouvèrent bientôt beaucoup plus à leur aise qu’ils n’avaient jamais été en Terre-Neuve.
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Pendant qu’on se donnait ces mouvemens au sujet de l'Ile Royale, le marquis de Vaudreuil, de concert avec M. Brcox, successeur de M. Ratidot, dans l’intendance du Canada, s’occupait du soin de fortifier et de peupler cette colonie, où le nombre des habitans semblait diminuer, au lieu d'augmenter. ‘ Le Canada, dit-il dans une lettre qu'il écrivit à M. de Pontchartrein, en 1714, n'a actuellement que quatre mille quatre” cent quatre-vingt-quatre habitans en état de porter les armes, depuis l'âge de quatorze ans jusqu'à soixante, et les vingt-huit compagnies des troupes de la marine, que le roi y entretient, ne font en tout que six cent vingt-huit hemmes, Les colonies anglaises ont soixante mille honimes cn état de porter les armes, et on ne peut douter, qu'à la première rupture, ils re fassent un grand eflort pour s'emparer du Canada”
M. de Vaudreuil ne pensait pas qu'il fût difficile d'augmenter les forces qu’il y avait en Canada, après la grande réforme qui venait de se faire en France. Quant à l'augmentation du ncmbre des habitans, il proposait à son gouvernement d'envoyer tous les ans dans la colonie cent cinquante hommes, pris parmi les fauxsauniers condamnés aux galères, pour être distribués chez les cultivateurs comme engagés, moyennant un modique salaire ; et cela pendant trois ans, au bout desquels ils seraient libres, sans néanmoins pouvoir retourner en France. Il espérait que par ce moyen il se ferait insensiblement une augmentation d'hommes acoutumés au travail, et capubles de porter les armes, en cas de besoin.
Cependant les Outagamis, plus irrités qu’affaiblis par la grandé perte qu’ils avaient essuyée an Détroit en 1712, infestaient de jeurs brigandages, non seulement les environs de la Baie, leur pays naturel, mais presque toutes les routes qui faisaient la communication des postes éloignés de la colonie, et celles qui conduisaient du Canada à la Louisiane, où, depuis quelques anhées, les Français avaient construit des forts et formé des établissemens, d’abord sous la conduite du chevalier d’Iberville, et ensuite sous celle de M. Crozar. A l'exception des Scioux, qui souvent se joignaient à eux, et des Jroquois, avec qui ils avaient fait alliance, mais qui ne paraissaient pas leur prêter la main, du
1oits ouvertement, toutes les tribus qui commerçaient avec les Français souffraient beaucoup de ces hostilités. Craignant qu’elles ne s’en trouvassent fatiguées au point de s'acconmoder avec ces barbares, M. de Vaudreuil leur fit proposer de se réunir à lui pour les exterminer. Elles y consentirent toutes, et ce gés néral leva un parti de Français dont il confia le commandement à M. de Louvigny. Cet officier fut joint sur la route par un grand nombre de sauvages, etilse trouva bientôt à la tête de
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Histoire du Canada. E 4 huit cents hommes, résolus de ne point poser les armes tant qu'il resterait un Outagami à combatre.
Plus de cinq cents guerriers et trois mille femmes et enfans, de cette tribu, s'étaient enfermés dans une espèce de fort entourré d’un bon fossé et de trois rangs de palissades en-dedans. Trois cents hommes étaient en marche pour les venir renforcer ; mais ils n’arrivèrent pas à temps. M. de Louvigny les attaqua dans les formes. Il ouvrit la tranchée à trente toises du retranchement, avec deux pièces de campagne et un mortier À grenades, et dès le troisième jour, il n’en était plus éloigné que de douze, auoique les assiégés fissent un très grand feu, Il se disposa"nsuite à faire jouer des mines sous leurs courtines, mais dès qu’ils s’en apperçurent ils demandèrent à capituler, et proposèrent des conditions qui furent rejettées. Ils en proposèrent ensuite d’autres, que le commandant communiqua aux sauvages. Elles portaient 1 ®. Que les Qutagamis feraient la paix avec les Français et leurs alliés; 2°, Qu'ils rendraient tous les prisonniers qu'ils avaient faits; 3°. Qu'ils remplaceraient les morts par les esclaves qu'ils feraient sur les tribus éloi-
nées avec lesquelles ils étaient en guerre; 49. Qu'ils paieraïent les frais de la guerre du produit de leur chasse.
Quoique ces conditions ne parussent pas plaire à tous ses alliés, M. de Louvigny crut devoir les accepter. Il exigea des Outagamis six otages, tous chefs, ou fils de chefs, pour sureté de l'exécution du traité, qu’ils lui remirent par écrit, avec la promesse verbale d'envoyer des députés à Montréal, pour le ratifier avec le gouverneur général. M. de Vaudreuil approuva tout ce qu'avait fait M. de Louvigny ; mais malheureusement la petite vérole enleva, durant l'hiver, à Montréal, trois des otages qu'il lui avait amenés, et entr’autres Le fameux chef Pémoussa. La crainte qu’il eut que ce contretemps ne mit obstacle à l'exécution du traité, lui fit juger à propos de renvoyer Louvigny à Michillimakinac, tant pour obliger les Outagamis à envoyer leurs chefs à Montréal, que pour ramener les coureurs de bois dans la colonie, Cet officier ne put partir qu'à la fin de Mai 1817. Les Outagamis lui firent des promesses qu'ils n’exécutèrent point; mais son voyage ne fut pas tout-a-fait inutile ; car il ramena presque tous les déserteurs, et engagea un grand nombre de sauvages à porter leurs pelleteries à Montréal.
Cette mème année 1817, sur les représentations du gouverneur-général, il fut émané un édit ou déclaration royale pour régier l'office de notaire. La négligence des notaires à tenir leurs papiers en ordre formait depuis longtemps des sujets de plainte dans la colonie: par la déclaration de cette année, il était ordonné que les minutes des notaires fussent tous las ens
à ss ”
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rassemblées et liées en paquets; que le procureur-général ox les trésoriers seigneuriaux fissent annuellement une visite dans leurs études, et dressassent des procès verbaux de l’état où ils les auraient trouvées ; que les juges enrégitrassent les papiers des notaires défunts, à l'instance du procureur général ou des trésoriers seigneuriaux, et les fissent transporter au greffe de la juridiction ; enfin que le greffier serait tenu de donner aux héritiers des notaires défunts une copie du régître ou rôle de leurs minutes, et la moitié des émolumens provenant des copies qui en seraient tirées, pendant cinq ans. Il est peut-être à regretter qu'une partie au moins de ces règlemens soit tombée en désuétude, ainsi que d’autres, qui furent faits subséquenfñent, et qui ne paraissent pas être mis à exécution. | L’année suivante, 1818, le P. LariTau, jésuite, découvrit dans les forèts du Canada, le ginseng, plante qu'on avait cru appartenir exclusivement à la Corée et à la Tartarie chinoise. Ce fut une source temporaire de richesses pour ce pays. Le ginseng était très estimé à la Chine, et st vendait très cher: il devint en Canada un article d‘exportation, et il se vendit à Québec jusqu'à vingt-cinq francs la livre. Malheureusement, ce haut prix excita la cupidité, et l‘on perdit tout pour vouloir gagner trop, où trop promptement : au lieu d‘attendre que la racine fût parvenue à sa grosseur et à sa maturité, c‘est-ä-dire au mois de Septembre, on la recueillit au mois de Mai: on employa les sauvages pour parcourir les bois et arracher la plante partout où elle pouvait se trouver; et à la faute de la cueillir e tôt on ajouta celle de la faire sécher trop promptement, dans des fours La détérioration du ginseng du Canada en fit diminuer le prix à la Chine, et il devint à la fin si rare qu‘il cessa presque entièrement d'être un article de commerce. : |
Jusqu'au temps dont nous parlons, les Français n'avaient fait
nulle-attention à lle St. Jean, quoiqu'elle fût voisine de l‘Acadie et on ne peut mieux située pour la pèche de la morue; mais en 1719, il se forma en France une compagnie pour peupler cette île, ou du moins y faire un établissement, Le comte de Sn Pierre, premier écuyer de la duchesse d‘Orléans, se mit à la tête de l'entreprise, et le roi, par ses lettres patentes datées du mois d‘Août de cette mème année, lui concéda les iles de St. Jean et de Miscou, en franc-aleu noble, sans justice, que sa majesté se réservait, à la charge de porter foi et hommage au château de Louisdourg, dont il devait relever sans redevance.
Au mois de Janvier de l‘année suivante, le comte de St Pierre ebtint de nouvelles patentes de concessions aux mêmes titres et conditions, pour les îles de la Madeleine, Botou, ou Ramées, iles et ilots adjacents, tant pour la culture des terres, exploitation des bois, que pour les pêches des morues, loups-marins et vaches marines. HA (A Continuer.) | |
k 2 eurgénéralon PETIT SYSTEME D‘AGRICULTURE.
ne sas dans CHAPITRE SECOND.
dE Aer Ju 4 De l'Humidité, premier principe de la végétation, et des moyens de général ou des la fixer et conserver.
au greffe de ln (# L'humidité est le grand principe de la végétation; c'est à ses lonner aux hé- "5 nombreux bienfaits que l‘on doit la beauté et la majesté de nos u rôle de leurs vastes forets; la richesse et l‘abondance de nos précieuses des copies qui ## moissons, et l'agrément de nos vertes prairies. L‘humidité tre à regretter /# jointe à l'activité du soleil, est le premier moyen dont la nature nbée en désué- A Le sert, pour faire germer et croître les grains que nous confions
squenfäñent, et à la terre. Sans Ithumidité la nature ne serait qu’un vaste champ de misère et de stérilité, et le messes qu'elle nous présenterait, ne serait qu'un spectacle de langueur et de faiblesse. Son agréable aspect, au lieu de nous réjouir par la variété de sa verdure et de ses couleurs, nous attristerait par une apparence sombre et lugubre de défaillance et de mort; tout nous annone | cerait le dépérissement et la ruine de nos riantes campagnes, Québec jusqu'à En effet, qu’il est pénible de voir une terre privée de ce bienfait > haut prix ex- (9 restaurateur de la végétation; un sol âpre et inculte, des arbres agner trop, où 7 languissants, une herbe mourante, des animaux affamés et altécine fût parve- 7 rés, des oiseaux tristes et plaintifs, des reptiles égarés, expirants, mois de Sep- A et des insectes faibles, fuyant ces tristes et misérables lieux, où
découvrit dans it cru appartehinoise. Ce fut Le ginseng était : il devint en
loya les sauva- ‘# tout annonce la stérilité, la misère et la mort : le cultivateur n’ose partout où elle # s‘y fixer, et le voyageur ne jette que des regards de pitié et de p tôt on ajouta | compassion sur ces stériles contrées.
es fours La 5 L'’humilité étant donc le grand principe de la végétation, le nuer leprix à 5 cultivateur sensé, doit pt ed s‘appliquer à en connaître
esque entière- (MA les causes naturelles, avant que de se servir de moyens factices
‘à pour la fixer et la conserver.
sn‘avaient fait Dès qu'un terrain est couvert de mousses épaisses, et autres sine de l‘Aca- ## herbes et petits végétaux de cette espèce, l'humidité s‘y arrête morue; mais #4 bien facilement: car les plantes se pourrissent, et forment une ur peupler cet- espèce de terreau, qu‘on appelle couche végétale, qui devient comte de Sn #4 trés fertile, et propre à donner naissance à de plus grands végése mitâlaiète MW taux. Chaque classe ou espèce de végétaux demande un certain latées du mois |! degré d‘humidité qui lui est propice et convenable, et sans le sede St. Jean et |} cours duquel elle ne pourrait exister, ou au moins croître à la majesté se ré. M} grandeur de sa propre espèce. Dès que l'humidité manque, la eau de Louis. ## végétation devient languissante et dégénère promptement, La grandes sécheresses en sont une preuve évidente. Les e de St Pierre grands arbres demandent beaucoup d‘humidité. Les forêts
mêmes titres
ou Ramées, rploitation des nches marines.
ne pourraient exister sans cette généreuse bienfaitrice ; aussi elles contiennent toujours un sol humide et fangeux. Elles sont elles-mêmes les indispensables conservatrices de leur existence. Elles empêchent par loar épaisseur le soleil de parve-
60 Petit Systéme ‘Agriculture.
air à leur sol et de le dessécher par ses vives ardeurs : elles ernpêchent aussi par leur épaisseur les émanations humides de la terre de s‘exhaller en vapeurs dans les airs. C‘est une grandé prévoyance dans un cultivateur, denepoint priver sa terre entèrement de tous les arbres ; il est très à propos, au contraire,d‘en 4 Jaisser épars cà et là, afin d‘y fixer et retenir l'humidité, et de 1% servir de couverture et d’abri aux bestiaux, 1 Au reste, il faut comparer les vallées et les plaines, on une terre en culture, lorsqu'elles sont entourrées de hauteurs garnies d’arbres, à de vastes bassins, dans lesquels l'air reste toujours plus calme, sans former de courrans, et se charge des émanations humides de la terre, et par conséquent plus convenables aux végétaux; au contraire, si on abat les arbres qui servent de bords et ke paravents aux terres, l’air qui les couvre reçoit le mouvement des couches d’air supérieur ; il devient lui-même un courrant rapide, qui enlèvc les émanations de Ja terre, la dessèche, et fait un grand dommage à la végétation. Doncil est très prudent de laisser sur une terre une certaine quantité de grands arbres, qui sans être trop forts et trop touffus pour pouvoir nuire à ia végétation, le soient assez pour conserver et retenir l’humidité qui lui est nécessaire et convenable. Les lieux hauts et élevés, privés du secours des grands arbres, % et exposés aux vents et aux vives ardeurs du soleil, et dont le 4 sol est ordinairement de qualité médiocre, ne sont presque toujours couverts que d’arbustes épars ça et là, et d'herbes sèches, auxquelles le soleil enlève la plus grande partie de leyr. substance par la force de son insatiable attraction. L'expérience démontre que dès qu’une plante manque du deé d'humidité convenable, et nécessaire à son espèce, elle 4 Éngnit et dégenère promptement, et ne produit que des fruits |; maigres et désagréables ; mais aussi, il est évident qu’un plus grand degré d'humidité lui est préjudiciable et nuisible : rien de M si clair et de si certain. IÎlen est ainsi des grains que nous confions à la terre; chaque espèce demande son humidité convenable. Les bleds sont ceux auxquels un plus grand degré ! d'humidité est plus nécessaire : les couches végétales et argilleuses leurs sont des plus favorables, parce qu’elles contiennent 4 beaucoup d'humidité, et un suc nourricier fort abondant, Il 4 en est de même des autres espèces de graius : chacune doit être #4 confiée au terrain qui lui est avantageux. Sion en metquele # ques unes dans une terre trop riche, la paille devient grande et 4 furieuse, et le grain ne correspoñd jamais à la superbe apparence de sa belle et forte tige. Il est -donc à propos de savoir distinerlle degré d'humidité convenable ä chaque espèce de grains. 4 cultivateur intelligent sait et connait parfaitement que le * bled demande le premier degré d'humidité et la meilleure
urs : elles ern« umides de la st une grandé sa terre ent:èontraire, d'en umidité, et de
laines, on une hauteurs garels l'air reste se charge des nt plus converes qui servent couvre reçoit ent lui-mème le la terre, la ion. Doncil jaine quantité ) touffus pour r conserver et enable, Les rands arbres, leil, et dont le sont presque là, et d'herbes partie de leur.
\9 anque du deespèce, elle que des fruits t qu'un plus isible : rien de ins que nous son humidité grand degré étales et argiles contiennent bondant. Il une doit ètre en met quelent grande et be apparence savoir distince de grains.
ent que le la meilleure
terre ; l'orge aussi exigeante, requiert, pour ainsi dire, la mêms
qualité dans le sol: les pois purs ag aussi un bon terrain ; ensuite le seigle, les aveines, et enfin les bleds sarrazins, qui de-
Peit Systême d'Agricülture.
mandent un terrain léger, sec et sablonneux. Mais tout ceci
ne doit stentendre, qu'autant que la terre où il ya nu plus 4 grand degré d'humidité, contient un suc nourricier ou vertu
M nutritive propre à la substance de chaque espèce de grains.
WA Car outre l'humidité, cause primitive de la végétation,la terre contient: encore un suc nutritif propre à la substance de chaque A espèce de grains, lequel est la cause secondaire de la végétation,
“A et qui ne lui est pas moins nécessaire ; de sorte que cette vertu
D nutritive doit être jointe à l'humidité. C'est de quoi il sera % traité dans le chapitre suivant. | 1H Si le bled est semé fort, les années pluvieuses Jui sont préjudiciables ; car l'humidité, qui devient trop abondante, ne peut s‘évaporer dans l'air, parce que la force du bled empèche le 2 soleil de parvenir au sol ; alors le bled rouille et devient sujet 1} à d’autres accidens et maladies. Mais lorsque le bled est semé u fort, les années de sécheresse lui sont favorables, car par sa : force, il ne retient que l'humidité qui lui est avantageuse et né“ LU cessaire.
‘# On doit toujours semer le bled, ou autres espèces de grains ‘4 bien fort dans les terres sablonneuses élevées ou exposées aux “! vives et brulantes ardeurs du soleil d'été. C’est le moyen qu conserve son humidité convenable. De même on peut et + doit le semer plus clair dans les terres fortes et pleines d’hu- 4 midité: car outre l'humidité que la terre contient, le bled talle et pousse avec plus de force et de vigueur.
est donc à l'humidité, comme premier principe de la végéq. tation, que nous devons les produits et revenus de nos terres. NH C‘est à cette cause primaire que nous devons nos jouissances et WE nos satisfactions journalières.
‘à L'expérience nous démontre, que toute espèce de terre, les sables mêmes, peuvent servir de berceau aux plus grands arbres, 0 etquilsuffit pour les y élever de les couvrir de paille ou de b. gazon, pour les défendre de la trop vive action du soleil, qui eneverait l'humidité et le suc dont la plante se nourrit. Le fait “UN suivant ,que j'ai extrait de quelques observations sur Newton, "# mérite qu'on le rapporte à l'appui de ce que j'avance. Un na- M turaliste remplit une boëte de terre, et y serra un gland, après avoir pesé la terre, qu'il avait fait sécher autour : il pesa de même l’eau des arrosemens : le gland germa, le chène crût considérablement, et au bout de quelques années, il arracha le chène, et fit sécher la terre de nouveau, et la pesa: elle n’avait rien perdu de sa pesanteur. Il pesa aussi le chène, qui se trouva peser plus qne laterre où il l'avait semé ; d’où il conclut que l’eau
La Mouche Hessoise:
seule avait nourri cet arbre, et s'était convertie en sa substanée: D'autres expériences très nombreuses prouvent que leati est la première et principale substance des arbres et des grains. Il est donc prudent de ne point négliger les moyens naturels de conserver l'humidité, Les terres qui sont exposées à être couvertes deau, sont presque toujours fertiles et très profitables. . Îl n’est pas nécessaire d'employer aucun moyen factice pour ÿ fixer et conserver l'humidité: ; Ke voyons-rious pas les prairies qui .sont sur des Îles basses, ou sur les bords des fleuves et des rivières; et qui sont baignées par les eaux du printems, n'avoir jamais besoin d’engrais, et toujours produire des foins très andants; et d’üne bonne qualité, tandis que celles qui sont sur les terres hautes, ne poussent et ne produisent que par le moyen des engrais; et dègénèrent bientôt, si l’on cesse de leur donner les moyens de fixer et conserver l'humidité. . … fe … L'Egypte est le pays le plus fertile de l’univers ; les déborde: mens du Nil en sont là principale cause : les eaux laissent sut la terre un dépot ou gluten, qui a tout à la fois .la vertu d’engraisser le sol, et d’y conserver l'humidité. La Lybie, au contraire, est stérile; et ne produit aucun froment, parce que son sol est sableux et privé des rafraichissements de la pluie et du voisinage des fleuves et des rivières; &c. D'où l’on doit conclure, que l’eau est le premier et principal moyen dont la nature se sert pour fare germer et rroître les grains que nous confions à la terre, en y joignant l’action du soleil, et le suc natritif; eauses secondaires dé la végétation.