‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 19 sur 81 · ZOOLOGIE DÜ BAS-CANADA · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE DÜ BAS-CANADA

Le présent article est la traduction d’un morceau qui a paru en rire dans un journal de Québec, aw commencement du mois

4 Mr, Cnasseon, sculpteur et doreur de cette ville, a employé, depuis le mois de Juillet 1824, ses momens de loisir à former une collection de nos animaux indigènes. Jusqu'à cette heure, cette collection se borne presque entièrement aux oiseaux et aux quadrupèdes. Le nombre des oiseaux se monte déja à environ qua-

tre cents, préservés avec beaucoup d’habileté et de goût, et quek ques uns perchés sur des arbres où autrement, de manière à donner l’idée la plus juste de leurs habitudes. El'ÿ a dans eette col-

lection quinze variétés de hérons, bécassines, et antres espèces semblables. De ce nombre est la grande cigegne qui mesure trois

jeds et six pouces de haut, et qu’on voit quelquefois nageant dans eau, sur les rivages de Beauport e: de l'Ange«Gardien. C'est probablement l’oiseat qui a donné à /'He aux s le nom qu’elle orte. Une pe espèce de grue, qi a plus de cinq pieds de acs situés aw nord de cette]

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Il y a environ DA SR, variétés d’oies ou canards, parmi les. quelles on remarque l'anas candida, l'oie blanche du Canada, très

bel oiseau, fort commun à l’ Ile aux Oies; le eormoran, qu’on voit souvent perché sur des rochers escarpés, vers le bas du fleute; l'espèce de canard plongeur appellé vulgairement huard, grand oiseau solitaire, dont le chant élevé, et quelquefois lugubre, se fait} entendre sur la brune, ou à la pointe du jour, sur les bords inhabi-} tés de nos lacs; le eanerd brancheux, remarquable par la beauté

de son plumage, et qui se juche et fait son nid dans des arbres. Nos variétés de canards sont présque innombrables. et excèdent probablement déux cents: ils l’emportent pat l'élégance de leurs formes et la beauté de leur plumage sur tous nos autres oiseaux.

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£oologie du Bas-Canade, 76

La collection comprend treize variétés d'oiseaux de proie, pare mi lesquels on distingue des plus grands sigles; une rare et belle espèce de faucon, et quelques beaux hiboux ou chahuans. Les variétés de pies sont au nombre de dix ou douze; notre grand pie-bois à tête rouge, et notre pie commune, sont Îles plus remar-

uables,

Parmi les passereaux, ou petits oiseaux, dont il y a probablement dans la'collection quarante ou cinquante variétés, sont notre roitelet, oiseau assez rare; l’oiseau-cardinal de CHarzEvoix, joli oiseau de la grosseur de notre robin, de couleur écarlate, rouge

M et noire foncée: il habite les parties montueuses de nos forêts, et

on le voit quelquefois en volier, pendant l'hiver, près des maisons

let des granges de nos fermiers; un petit oiseau du genre des mois

neaux, de couleur bleue de ciel foncée, à l'exception de la fale, qui est grisâtre; notre coucou, dont le chant diffère un peu de ce- Jui du coucou d'Europe et est moins distinct, et qu’on entend dans le mois de Juin: il arrive vers la fin de Mai, et repart ordinaires ment vers la fin d’Août. |

La plus grande curiosité dans cet ordre de la collection est un

D robin blanc. Notre robin est un oiseau distinct de celui d’Angle-

terre; il lui ressemble par la couleur, mais il en diffère par toutes les autres habitudes. Il parait appartenir au genre des grives, et a quelque chose de leur chant fort et plein. Ceux qui ont entendu les contes du coin du feu en Canada, doivent se rappeller d'y avoir oui parler du mere blanc: on supposait que c'était un oiseau fabuleux; mais il est très vrai qu’il existe. Celui dela collection a été tué parmi une troupe de robins, et il ayait sa compagne, qui s’est échappée. ;

La bois, de savannes et la perdrix commune que l’on rencontre journellement syr nos tables, sont les seules variétés de leur

genre, celyi des poules, &c.

Il y a dans la collection deux poissons extrêmement curieux, qui ont été pris dans le St. Laurent, aux îles de Sorel. Ils sont armés d’un long museau pointu, ressemblant pn peu à l'épée du poisson armé, et formant Ja machoire qui est pourvue de deux rangées de dents aigues,—]1 y 4 aussi quelques quadrupèdes très bien préservés. |

La collection d'ojsequx du Canada, toute imparfaite qu’elle est, est probablement la meilleure qu’il ; ait dans le pays. Elle promet de devenir beaucoup plus étendue; car Mr. Chasseur se pro pose flessassembler un aussi grand nombre que possible de nos a+ nimatx /ndigènes, pour en offrir J'exhibition au public. Si l’on considère que Mr, Chasseur est natif de Québec, qu’il a pu difficilement puiser à la source des connaissances, et que ses moyens ont dû être bornés, cette collection lui fait certainement beaucoup Sans être très-versé dans l’histoire naturelle, il communique un grand nombre de renseignemens exacts et utiles.”

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