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SOS FAUX NUMÉROS DU JOURNAL DE MARAT

Septième série.

650. — L'AMI DD ?R\i?LE, journal politique et impartial^ par J.-P. Marat, auteur de VOffrande à la pairie, du Moniteur ^ du Plan de Constitution et de plusieurs autres ouvrages patriotiques.

ViUm ifflpondin tcio.

Du Jeudi 10 mai 1702.

(Bztrait du sommaire) : Perfidie abominable \ de Louis XVI y parjure à ses sermens. — Intrigues du cabinet des Tuileries pour faire égorger les armées françaises^ etc.

De rimprimerie de Mint. * In*4 de 8 p.

APPENDICE

ADX FAUX NUMÉROS.

Dans son Histoire des journaux et des jaumaliêteê de la Révolution françaiêe, tome P% page 499, M. Léonard Gallois signale un Ami du peuple, im« primé chez Lebrun ; un autre, ou peut*étre le méme^ car les observations manquent, qui se yend cbes Chevalier, rue Percée.

Quoi qu'il en soit, il est évident qu'il est ici question d'un faux Ami du peuple, que H. L. Gallois a pris pour un vrai numéro de Harat, comme il s'était déjà mépris à l'égard d'un n* cix du mardi 2 fé« vrier 1700. (Voyez deuxième série des faux numéros.)

Néanmoins, si sur ce faux Ami du peuple l'indication d'imprimerie est bien celle de Lebrun, il s'agirait d'un faux numéro non mentionné ailleurs.

Indépendamment des Taux numéros publiés sous mêmes litre, épigraphe, nom d'auteur, imprimerie et format du journal VAmi du peuple^ Marat eut à vaincre la mauvaise foi de quelques parasites qui publièrent tour à tour, sous le même titre, un certsdn nombre de numéros auxquels ils donnèrent l'apparente facture des numéros de VAmi du peuple de Marat.

Rien jusqu'à présent ne nous invite à changer la méthode que nous avons adoptée dans notre bibliographie publiée à la suite de Mabat, Pami du peuple, par A. Bougeart; laquelle consiste à classer en deux sections distinctes les publications confondues à tort sous la dénomination générale de faux numéros. MsAs s'il est rationnel de séparer les contre-façons des faux numéros, le bibliographe est parfois embarrassé, car parmi c^s publicatiQnS; il en est qui n^appartiennent en propre ni aux unes ni aux

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autres, et que la Bibliothèque nationale, diaprés la classification La Bédoyère, a cru devoir désigner sous le nom de réimpression des numéros 399, 400 et 402 de F Ami du peuple, des 14, 15 et 17 mars 1791* Nous préférons, pour nous conformer aux intentions de Marat, qui s'est formellement prononcé contre ce genre d'écrits dans son n*" 233, du 27 septembre 1790, les classer parmi les contrefaçons.

Le ton sur lequel Marat réclame contre les contrefacteurs de VAmi du peuple va prouver qu'il établissait une différence considérable entre ces misérables spéculateurs et les ennemis du bien public qui usurpaient son nom pour le diffamer et le couvrir d'opprobre.

A peine Marat avait-il été frappé d*un décret de prise de corps, décerné k la requête de M. Joly, membre et secrétaire de la Commune, et l'un des soixante administrateurs de la Municipalité de Paris, qa*une feuille intitulée rAm nu pedplb, ou le vrai Citoyen, par M. Jourdain de Saint-Ferjeux, faisait apparition dans Paris dans le courant de la deuxième quinzaine d'octobre 1789.

Le premier soin de Marat, en reprenant la publication de sa feuille, le 5 novembre suivant, fut d'y insérer cet avis : « Un particulier, M. Jourdain de Saint-Ferjeux, avec qui Je n'ai aucune liaison, s'est empressé de profiter du bruit de ma détention pour faire parattre une feuille sous le titre de l'Ami du peuple. Je serais enchanté qu'il eût pu remplacer la

mienne. Me reposant sur lui du soin accablant de veiller aux intérêts de la nation, il m'aurait permis de chercher enfin le repos dont je suis privé depuis longtemps; mais sa plume est trop stérile pour produire quelque impression et avancer les aiïaires publiques. Quels que soient les motifs qui l'ont engagé à faire gémir la presse, je le prie de permettre que mon journal continue h jouir paisiblement d'un titre dont il est en possession, et de ne pas trouver mauvais que j'y attache quelque marque distinctive qui prévienne la surprise des acheteurs. »

A peu près dans le même temps, M. Sainthi, rédacteur du Courrier de Paris^ qui avait envoyé sa feuille aux abonnés de rAmi du peuple^ en attendant le retour de Marat, ne rougissait pas de la proposer auxdits abonnés, comme la suite de l'Ami du peuple. Marat se vit donc obligé d'informer le public qu'il n'avait aucune relation avec le sieur Sainthi {Ami du peuple, n** lxxi, du 19 décembre 1789).

Jusqu'alors les faux numéros ne s'étaient point encore produits, et Marat, comme on en peut juger, prenait les choses avec assez de calme; mais en septembre 1790, quand on vint lui donner avis qu'une société d'escrocs se disposait à mettre sous presse la collection du journal rAm du peuple, cette friponnerie, faite pour ainsi dire sous les yeux de l'auteur, qui avait lutté avec tant de difTicullé pendant plus de huit mois contre les indignes fabricaleurs de fav^ Amis du peuple^ ralluma son indi-

gnation : « Ce projet ne saurait réussir comme entreprise particulière, écrit-il dans son n"" 2âS du 27 septembre 1790, et les entrepreneurs, sûrs d'être arrêtés, ne se détermineraient jamais à hasarder aucun fond; elle ne pourrait donc avoir lieu qu*autant qu'ils seraient non-seulement à couvert de tous les déboursés, mais indemnisés de leurs soins. Dans ce cas, l'entreprise ne peut être faite que par les ennemis de la liberté, et elle ne peut avoir pour but que de faire passer de faxix écrits sous le nom de l'Ami du peuple, pour décrier sa plume et détruire de la sorte tout le bien qu'elle peut faire encore. »

Les contrefacteurs durent tous, après quelques numéros, renoncer à leur entreprise; mais les faussaires, les fabricateurs de faux Amis du peuple, protégés par le général de la garde parisienne, le maire, le ministre, les royalistes de l'Assemblée nationale, continuèrent longtemps encore cette lutte impie contre l'Ami du peuple.

En général, les collections sont peu riches en séries complètes de contreraçons; aussi ne donneronsnous de minutieux détails bibliographiques que des spécimens que nous possédons ou qui ont passé sous nos yeux, nous bornant, pour le surplus, à indiquer la source de nos informations.

. — L'AMI DD PBUPLB, ûu le vrai Citoyen^ par M. Jourdain de Saint-Ferjeux. isant n^ d'ordre, mu dat«,

•au imprianio.)

Page 8, ligne dernière : a Jourdain de Saint-Fer- JEUx, rue du Grand -Hurleur^ n** 22, maison d'un orfèvre, à Paris. » — In-8 de 8 pages.

VI. — (Le aèm^ saae date.) Do rimprimerie de L.-M. Gellot, rue des Grands-Augustins. — In-8 de 8 pages.

CLxm. — L'AMI DU PEUPLE, au le Puhliciste pariêien^ journal politique et impartial, par H. L*^****.

Yttam impendere Tero.

Du Mardi 25 mai 1700.

(Extrait du eommaire) : Grande conspirotion des ariê-ioerates bordelais. — Attentat à la liberté d'un citoyen. — Événement^ etc.

Page 1 : « J'avertis mes lecteurs qu'il y a un nombre d'êtres faméliques qui se disent les amis du

î«ï CONTREFAÇONS

peuple^ qu'ils trompent impunément; je leur déclare que c'est moi qui suis seul leur Amiy et qu'ils me reconnaîtront à ma manière franche de parler de tous ces abus. »

De rimprimerie de rAmi du peuple. — In-8 de 8 p.

Obs. du bibliogr. : A la Bibliothèque nationale ce numéro fait partie des faux Amis du peuple^ mais l'initiale L******, qui indiquerait volontiers un faiseur comme Lenoble, ou Lemaire, nous oblige à le classer parmi les contrefaçons.

r.i.xxxii. — L'AMI DU PEUPLE, ou le Publictsle parisien, journal politique et impartial, par Perrier.

Vitam impendera Teto.

Du Jeudi 5 août 1790.

(Extrait du sommaire) : Conspiration contre les icri^ vains patriotes et la liberté de lapresse^ etc.

De rimprimerie patriotique, maison du café Liégeois, pont Saint-Michel. — In-8 de 8 p.

Page 8 : Avis. « L'Ami du peuple ayant été interrompu tant de fois et le public ne pouvant plus compter sur le sieur Marat depuis le décret du 31 juillet, on trouvera dans son nouvel auteur un défenseur non moins ardent de ses droits, ami de la raison et de la vérité. »

Obs. du bibliogr. : Par suite de l'erreur de M. Deschiens, ce n® clxzxii du jeudi 5 août se trouve inclus parmi les vrais Amis du peuple^ de Mafat, dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale.

Que M. Deschiens n'ait pas lu, il s'en explique et

s'excuse; mais qtie M. E. Hatin, qui déclare avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout dans l'étude des écrits de Marat, n ait peifi même remarqué cette note et la signature de Perrier pour rectifier Terreur, voilà qui surprendrait, si on ne savait comment la plupart des historiens et des bibliographes étudient le9 écrits de Marat.

Le véritable AMI DU PEUPLE, ou Journal de t Assemblée nationale et de la Société des Amis de la Constitution. 1791. — In-8\

Observation. — Voir Deschiens, page 92.

Voici maintenant les publications que la Bibliothèque nationale qualifie de réimpression des n" 399, 400 et 402 de l'Ami du peuple, des 14, 15 et 17 mars 1791.

Pour ne pas établir de nouvelles confusions, il est essentiel que la qualification de réimpression soit exclusivement réservée aux numéros de l'Ami DU PEUPLE, ou du Journal de la République réimprimés sur Tordre de Marat, ou approuvés par lui. Or les écrits dont nous allons donner des extraits ne sont que des reproductions dissemblables des numéros de l'Ami du peuple, puisqu'elles sont dépourvues de tous les détails qui constituent le titre ordinaire de ce journal ; de plus, deux sur trois de ces écrits sont quelque peu mutilés et tronqués.

Quant à l'esprit politique de l'éditeur anonyme

su CONTREFAÇONS

de ces reproductions, il ressort de ràvant-propos placé en tête de son premier numéro, dans lequel VAmi du peuple est intentionnellement associé au Pire DuchSne.

Puisqu'il va s'agir d'une publication sans numéro d'ordre, sans titre, sans épigraphe, sans imprimerie, nous allons le présenter tel qu'il est.

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