VIII. GALERIE
Une longue galerie, garnie d’armoires pleines de manuscrits, conduit, à gauche du transsept, au Musée chrétien. Elle se divise en trois salles.
Pontificat de Pie IX. — La première salle représente, sur les armoires, les principaux faits du pontificat de Pie IX, jusqu’à l’année 4854. Ce sont : l’érection des statues en marbre blanc de S. Pierre et de S. Paul, au bas de l’escalier de la basilique de S. Pierre; la restauration de la porte Pie; la réédification de la porte S. Pancrace; l’établissement du gazomètre; la promenade du Pincio; le viaduc de l’Ariceia; le pont de fil de fer dit Ponte Rotto; les fouilles de la Via Appia; le dégagement du Panthéon; le nivellement de la basilique Ju,lie; la découverte du tombeau de Ste. Cécile; la crypte des Papes au cimetière de S. Calixte; l’établissement du chemin de fer; du télégraphe électrique; l’achèvement de la basilique de S. Paul; la restauration du ciborium de S. Jean de Latran; la façade du couvent de Ste. Marthe; le palais de la Poste; la Scala Santa et la construction du couvent qui y est annexé; la création d’un Musée chrétien dans le palais du Latran; la
fondation du Séminaire Pie; la construction de l’église de Porto d’Anzio; le don d’un jardin fait aux enfants des ecoles ; ia restauration du Colvsée.
Monuments élevés par Sixte V. — La vie de ce pape célèbre continue à se traduire en fresques et inscriptions. (Voir plus haut à partir du N° 19, pag. 17.) Elle se complète surtout par ces trois tableaux :
Erection de l’obélisque du cirque de Néron sur la place de S. Pierre par l’architecte Fontana. On voit l’abside de la nouvelle basilique et la nef à fenêtres gothiques de l’ancienne.
Projet de ia basilique de S. Pierre, avec son dôme, sa façade et sa colonnade, tel qu’il fut conçu par Michel-Ange.
Intérieur de la basilique de S. Pierre, tel qu’il était lors de la canonisation de S. Diego par Sixte V. On voit appendus aux colonnes les draps mortuaires qui servirent aux enterrements des Papes: ils sont verts, jaunes ou rouges et entourés d’une large bande noire, sur laquelle sont brodées des croix et les armoiries du défunt.
Docteurs de l'église grecque et latine. —
La Ste. Vierge remet à S. Jean Damascène la main que lui avait fait injustement couper l’empereur de Constantinople, Léon l’JsacHien (1) : Sancto Damasceno false accusato ahscisa ab imp. manus divinitus restiiuitur.
S. Cyrille bat un philosophe avec sa crosse : Sanetus Cyril lus devictum philosophum proterit et conculcat.
S. Jean Chrvsostôme est averti de sa lin prochaine par l’apparition de S. Basil isque : S. Jo. Chrysostomus bis in exilium pulsus, tandem a S. Basilisco martyre per somnium admonitus in Domino requievit.
S. Grégoire de Nazianze se démet de l’évêché de Constanti-
(1) Ce fait a été exprimé en mosaïque à l'un des pendentifs de la chapelle de la Vierge à la Colonne j à S. Pierre , sous le pontificat d'Urbain VÏ1L
nople : S. Gregorius Nazianz . , ob commotam inter episcopôs seditionem, Constantinopolit. episcopatu sponte se abdicavit.
S. Athanase se disculpe, la main sur l’autel, d’une accusation injuste: S. Athanasius , de maleficio injuste accusatus , Dei beneficio juste liberatur.
Valons ne peut envoyer en exil S. Basile, puisque la terre est un lieu d’exil et le ciel la patrie : S. Basilium miraculis praepotentem in exilium ejicere imperator Valens non valuit.
S. Thomas d’Aquin, tenant à la main le soleil dont il illumine l’Eglise (d), entend de la bouche du Crucifix l’éloge de ses travaux : Sancti Tkorne de Christo script a a Christo cru cifixo probantur .
S. Jérôme est fouetté par un auge afin de le détourner de la lecture de Cicéron : S. Hieronymus ab angelo per somnum verberibus caesus a Ciceronis lectione deterretur.
S. Ambroise, le fouet à la main, éloigne du temple l’empereur Théodose: Sanctus Ambrosius Theodosium imp propter eaedem Thessalonicae factam , ecclesiae limine prohibuit, '
Tagion, évêque de Sarragosse, retrouve les Moralia de S. Grégoire- le-Grand près la confession de S. Pierre : S. Gregorii Moralia a Tagione, episcopo Caesaraugustano, in ecclesia S. Pétri divinitus reperiuntur.
S. Augustin est repris de sa témérité à vouloir scruter le mystère de la Ste. Trinité, quand il voit un enfant qui cherche à épuiser la mer avec une coquille de noix : Puerulus nucis putamine aquam e mari hauriens S. Augustinum a sanctissimae Trinitatis indagatione dehortatur.
S. Thomas laisse S. Bonaventure écrire la vie de S. François :
Sanctus Thomas S . Bonaventuram pro S. Francisco laborare sinit.
(i) On rapporte qu’après sa mort ü apparut avec ce soleil sur la poitrine, comme signe de la pureté d'intention qui avait constamment dirigé tous ses actes. La prose d'un missel Dominicain fait allusion d ce miracle :
» Dim complot nr vitœ meta.
Nova panditur cometa s Ex fulgoris rutilo. »
Pontificat de Benoît XIV. — La dernière salle de la galerie consacre ses fresques aux restaurations et embellissements faits par Benoît XIY aux monuments de Rome, tels que la façade de Ste. Marie Majeure, celle de Ste. Croix de Jérusalem, l’église des SS. Pierre et Marcellin, la mosaïque du Triclinium, le cimetière du S. Esprit, l’hôpital de S. Esprit in Saxia , la restauration du Panthéon. Ces fresques sont de Jean Angeloni.
Manuscrits. — Les armoires sont surmontées de vases étrusques. Deux inscriptions attestent, à l’occasion des manuscrits qui y sont conservés, la munificence d’Urbain VIII, qui légua la bibliothèque Palatine (1624), et d’Alexandre VII, qui fit don de la bibliothèque des ducs d’Urbin (1658).