‹ La Bibliothèque Vaticane et ses annexesChapitre 21 sur 205 · X. ARCHIVES · texte numérisé non relu

X. ARCHIVES

Les archives de l’Eglise romaine sont très-anciennes; l’histoire en fait mention dès le III e siècle. Elles existaient alors dans le palais de Latran. Au IV e siècle, S. Jules l ordonna aux ecclésiastiques de recueillir tous les actes et donations qui

intéressaient le S. Siège. Nous savons que sous le pontificat de Sergius II, vers la fin du VII e siècle, la bibliothèque de Latran était confiée à Grégoire, plus tard pape et deuxième de ce nom. Adrien I et Eugène II enrichirent les archives d’un grand nombre de pièces qui servirent plus tard au cardinal Genci pour écrire son grand ouvrage. Quelques auteurs pensent que les chanceliers et vice chanceliers remplirent les fonctions de bibliothécaires. Innocent IV, partant pour le concile de Lyon, en 1215, voulut porter les diplômes originaux des empereurs en faveur de l’Eglise romaine, afin de montrer toute Lin justice de la guerre que Frédéric II lui faisait au sujet des donations et du domaine temporel; on fit des copies authentiques de ces diplômes. Las copies étaient munies de 40 sceaux. On les déposa à Cluny, où elles existaient encore en 1745.

Dès que Clément V eut transféré sa résidence à Avignon, il voulut avoir une partie des archives, et particulièrement les registres de ses prédécesseurs immédiats, Boniface VIH et le bienheureux Benoît XL Les autres papiers n’étant pas en sûreté dans Home, on les transporta à Assise, dans le couvent des Franciscains. Benoît Xll les fit venir à Avignon; tous les registres pontificaux et les titres les plus précieux des archives romaines furent conservés longtemps dans le palais apostolique de cette ville.

Après le concile de Constance, Eugène IV donna l’ordre de ' porter à Rome une partie des registres et des diplômes qui avaient été pris aux archives de Lalran et du Vatican. Nicolas V acheta un si grand nombre de manuscrits grecs et hébreux que les historiens se plaisent à lui décerner le titre de fondateur de la bibliothèque Vaticane. Non seulement Sixte IV acheta des manuscrits, mais il fit construire un nouveau bâtiment pour la bibliothèque et créa les archives du château S. Ange pour garder les diplômes originaux et les papiers les plus précieux. Les registres pontificaux existaient dès lors dans les archives secrètes du Vatican, lesquelles étaient distinctes de ia bibliothèque; personne n’avait permission d’y entrer.

Une grande partie des registres se trouvait encore à Avignon ; les livres de la chambre apostolique, ceux de la chancellerie ej des secrétariats étaient épars dans plusieurs lieux. Pie IY

conçut le projet de fonder des archives pour les affaires consistoriales et eonm omnium , quae ad Sedem Apostolicam quoquo modo pertinent . Par bref du 15 juin 1565, il donna ordre au cardinal Amulius de chercher et de faire copier des pièces dans les archives des villes de l’Etat pontifical et dans celles des ordres religieux. La mort empêcha Pie IV de réaliser un aussi vaste dessein. S. Pie V, par motu proprio du 10 août 1368, ordonna de faire l’inventaire général de tous les livres, papiers, diplômes et lettres qui se trouvaient dans le palais apostolique, dans les archives du château, dans celles de Rome, d’Avignon et de tout l’Etat pontifical, sans excepter celles des particuliers.

S. Pie V voulut avoir à Rome les beaux registres d’Avignon, écrits sur grand parchemin ; 158 volumes de lettres pontificales # entrèrent à cette occasion dans les archives du Vatican. Sous Pie VI, peu de temps avant l’annexion du Comtat Venaissin à la république française, le palais apostolique d’Avignon fournit encore aux archives Vaticanes 500 magnifiques volumes contenant les minutes de toutes les autres affaires des papes : qui résidèrent dans cette ville.

Sixte V fit construire la nouvelle bibliothèque et réserva deux pièces pour les archives secrètes. Clément VIII et Paul V eurent soin de faire restituer les papiers de la secrétairerie d’Etat ^hi-existaient chez les particuliers. En 1610, Paul V établit les archives secrètes dans l’appartement des cardinaux bibliothécaires. Il y fit transporter de la bibliothèque secrète du Vatican et des archives de la chambre apostolique tous les registres des bulles, depuis Innocent III jusqu’à Sixte V; en 1612. il y envoya un grand nombre de volumes pris aux archives du château S. Ange. Urbain VIII fit déposer dans les archives secrètes les bulles enregistrées par voie secrète depuis Sixte IV jusqu’à S. Pie V, ainsi que tous les livres, registres et minutes des brefs, d’Alexandre VI à 1567, lesquels se trouvaient au secrétariat des brefs. Aux bulles, aux brefs et aux écritures de la chambre apostolique, déjà conservés dans les archives secrètes, Alexandre VII joignit les papiers de la secrétairerie d’Etat qui contiennent la correspondance avec les légats, les nonces, les évêques, les princes, les particuliers, etc. Auparavant, Urbain VIII avait déposé dans les archives un grand nom-

bre de lettres écrites par les nonces du XVI e siècle, surtout pour les affaires du concile de Trente.

Un livre imprimé à Naples en 4855, sous le titre de Legis- Irrzione positiva degli archivi del Regno , rapporte un extrait du tableau systématique des archives de l'Empire au 15 août 4811 , publié à l'époque où les archives du S. Siège étaient à Paris. Voici ce qui existait alors à l’hôtel Soubise:

1. Pièces originales et détachées, depuis le IV e siècle jusqu’au XIX e , dans 300 boîtes étiquetées et dans 500 portefeuilles.

2. Bulles depuis Jean Vlll jusqu’à Sixte V, 2,018 volumes étiquetés.— Bulles des papes d’Avignon, 432 volumes.— Epîtres des papes aux princes, depuis Innocent III jusqu’à Pie VIT, 230 volumes.— Bulles depuis Jean XXII jusqu’à Pie VII, 4,823 volumes.— Suppliques et brefs depuis Martin V jusqu’à Pie VIT, 0,727 volumes.— Brefs depuis Pie V jusqu’à Pie VII, 4,837 vol. — Bulles depuis Grégoire XIII jusqu’à Pie VI, 863 volumes.— Placards et feuilles imprimées, 226 volumes.— Autres collections

' partielles, 420 vol. Total des bulles, brefs et suppliques, 20,596.

3. Privilèges et biens de l’Eglise romaine, matières camérales et diverses, 4,202 volumes.

4. Nonciatures et légations. Légation d’Avignon , 439 vol. Légation de Bologne, 336 vol. Légation de Ferrare, 301 vol. Légation de la Romagne, 217 vol. Légation d’Urbin, 311 vol. Nonciature de France, 964 vol Nonciature d’Angleterre, 45 vol. Nonciature de Bavière, 1 19 vol. Nonciature de Cologne, 379 vol. Nonciature d’Espagne, 587 vol. Nonciature de Flandre, 888 vol. Nonciature de Florence, 249 vol. Nonciature de Lucerne, 279 vol. Nonciature- de Malte, 193 vol. Nonciature de Naples, 534 vol. Nonciature de Pologne, 440 vol. Nonciature de Portugal, 261 vol. Nonciature de Turin, 491 vol. Nonciature de Venise, 565 vol. Nonciature de Vienne, 679 vol. Total des nonciatures et des légations, 7,737.

5. Secrétairerie d’Etat. Minutes et pièces diverses, 104 portefeuilles. Pièces originales relatives aux prêtres français émigrés, 49 portefeuilles. Lettres originales adressées au pape, au secrétaire d’Etat, à des cardinaux, 1,170 volumes ou portefeuilles. Total, 1,325 volumes ou portefeuilles.

Page 1