Croix de S. Bernard (XV e siècle
Le fond est semé de rinceaux et les extrémités quadrilobées. Les sujets sont ciselés sur argent
D'un côté, le Gbrist entre les quatre animaux symboliques, ainsi disposés : bœuf
aigie lion ange
Au revers, ia Vierge est accompagnée à droite de S. Pierre, tonsuré, deux clefs et un livre en main; à gauche, de S. Paul, avec le glaive et le livre; en haut, de S. Benoît encapuchonné et joignant les mains ; en bas, de S. Bernard, avec un fouet et un livre.
5. Troisième croix de S. Marc (XVI e siècle), en cuivre argenté.
Le Christ a été remplacé par un morceau de la vraie croix. En haut, le Père éternel, tenant le globe du monde et bénissant; à droite, la Vierge; à gauche, S. Jean; en bas, Madeleine myrrophore.
Le fond est ouvragé et la croix entourée d’une bordure à jour.
L’étude des anciens inventaires est fort utile à l’archéologue, car, si d’une part, elle supplée par des descriptions exactes aux objets qui nous manquent, de l’autre elle rend facile le contrôle des monuments qui nous restent. Là est une source de documents d’un grand intérêt et d’une valeur réelle au point de vue archéologique.
Le chanoine De Angelis a publié, à Rome, en 1621, dans sa Bnsilicae S. Mariae Majoris de Urbe descripiio, plusieurs inventaires manuscrits, extraits des archives de ia basilique et dont malheureusement il ne donne pas la date, mais gui reportent certainement au moyen-âge, car la rédaction de certains articles dénote évidemment la ûn du XV e siècle.
Avant de citer ce qui concerne notre sujet, je ferai ressortir d’une manière brève les indications contenues dans ces textes curieux.
La matière des croix est ou le bois recouvert de métal, on le métal lui-même, et encore le cristal et les pierres précieuses.
L’ornementation consiste tout à la fois dans le relief, les émaux et l’iconographie.
L’une sert aux processions des Litanies et elle contient des reliques; les autres ont un pied qui permet de les poser sur un autel ; enfin la dernière mentionnée, qui est vraiment une croix processionnelle, se visse sur une hampe ou canne de deux palmes de hauteur.
Or la palme romaine vaut un peu plus de vingt-deux centimètres. Donnons une palme à la croix et nous aurons aj.nsi un tiers de la hauteur totale. On le voit, ces croix étaient faciles à porter à la main et dominaient tout au plus la tête de l’acolyte qui en était chargé. Ce n’est que depuis deux siècles environ que la hampe des croix processionnelles s’est démesurément allongée, au point de la rendre lourde et pesante.
On remarque la croix des morts ou des enterrements, qui est simplement en argent, métal prescrit par le Cérémonial des Evêques pour les cérémonies funèbres.
Voici maintenant le texte même de l’inventaire de Ste. Marie Majeure :
• Crux una magna de ligno cooperla argento, quae portatur per litanias, in medio ipsius ab uno latere est imago Virg. Mariae, ab alio latere est Cruciflxus et cum nonnullis reliquiis in pede et quibusdam imaginibus in capite, pede et lateribus.
• Crux una de diaspro rubeo duplex, id est quae babet quatuor brachia ornata argento deaurato cum aliquibus sanctis reliquiis et cum pede ligneo ornato argento cum tribus armis.
• Crux una de crystallo cum pomis et de crystallo ornata argento, cujus in medio ab uno latere est Cruciflxus, abalio latere est imago Salvatoris, cura pede ligneo ornato modico argento et aliquibus lapidibns.
» Una crux argentea cum Crucifixo elevato ad usum mortuorum et cum canuno argenteo unciarum viginti duarum cum dimidia.
» Una crux de argento inaurato cum Crucifixo in medio et cum quatuor evangelistis de smiraldo ab uno latere, ab aiio latere sunt imagines B. Mariae Virginis, Sancti Joannis Evangelistae et Sancti Angeli.
» Crux una parva cum pede elevato et pomo quae potest aperiri et est vacua, ab una parte habet Cruciftxum elevatum cum quatuor evangelistis non elevatis : ab alia parte imaginem Beatae Virginis non elevalam. Est ponderis unciarum octo.
* Una crux ex argento deaurato, cum Crucifixo elevato in medio et in extremitatibus cum quatuor evangelistis de smalto ab uno latere, ab aîio latere in medio est B. Virgo cum lilio in dextro bracbio et cum figura Ângeli in summitate, ad pedes est figura S. Augustini, a lateribus sunt mediae imagines duorum Sanctorum, in calce est arma Reverendiss. D. Rothomag. (4), omnia ex smalto pulcherrime facto, ponderis librarum trium, unciarum sex cum dimidia.
» Unus canulus duorum palmorum, habens in summitate unum grossum pomum, cum sex rosis deauratis et sinaltatis et desuper aliud parvum pomum rotundum, sed ad longitudinem tendens, in quo immiltitur dicta crux cum vite, omnia ex argento cum arma Reverendiss. Rothomagen, ponderis libi*arum duarum, une. 2. cum dimidia. *
Croix pectorale .
464. Croix pectorale, ornée d’un Christ, dont les mains seules sont percées de clous ( milieu du XIII e siècle ).
Cette absence de clous aux pieds justifie l’époque de transition; on ne veut plus des quatre clous traditionnels et l’on n’ose pas encore n’en admettre que trois.
Voir aussi les n os 474, 475.
Fermait de chape . ( 2 )
465. Fermai! de chape en cristal de roche monté en vermeil. S. Pie Y y est entouré de Ste. Catherine d’Alexandrie -
(!) Le cardinal d’Estouteville, archevêque de Rouen et orchiprêtre de Ste . Marie Majeure.
(2) Dans le trésor de la chapelle Sixtine existe un fermai! en vermeil, rehaussé dé pierres précieuses, et qui porte au revers les armes de Benoît XIII.
Sle. Madeleine - S. Barthélemy - S. Jacques majeur. Au revers, S. Benoît? - S. Simon - Apôtre - S. Paul.
Bure lie.
466. Burette en argent ciselé, où l’on voit, séparés par deux cercles au trait, une croix et quatre colombes; le Christ, à nimbe crucifère et quatre apôtres nimbés; l’Agneau de Dieu et quatre agneaux. (1)
Clochette.
467. Bâton de fer tordu élargi en palette aux extrémités et garni de vingt grelots : instrument liturgique qui servait à sonner pendant la messe. (2)
Mitres.
468. Mitre de damas blanc, à fanons frangés de rouge, trouvée en 1759, à Avignon, dans le tombeau du pape Jean XXII. (3)
Je ne puis laisser dans l’oubli les deux seules autres mitres que l’on ait conservées à Rome du moyen-âge'.
La plus ancienne ne remonte pas au delà du XIV e siècle, quoique bien souvent on l’ait attribuée au IV e et au pape S. Sylvestre I. On la voit dans l’église de S. Martin des Monts. Elle n’est pas brodée, mais tissee.
Le fond vert est semé de larges étoiles d’or qui rayonnent sur une auréole rouge.
(1) Dans les mosaïques anciennes , comme ô SS. Côme et Damien , Sle. Cécile , Sle. Praxède, etc., les douze agneaux , qui se dirigent vers l'Agneau de Dieu, représentent les douze, apôtres. — Sur un marbre du Musée chrétien de iLatran, chaque apôtre est accompagné d’un agneau.
(2) Les Anglais ont rétabli ce genre de sonnette; on peut en voir un exemple au Gesù dans la chambre de S. Ignace.
13) Jean XXII mourut le 4 octobre 1334.
La Vierge, d'un dessin grossier, est assise sur un banc à rebord, les pieds posés sur un escabeau vert. Elle a la couronne en tête, une robe d’or et un manteau jaune, étincelant d’étoiles d’or. Sa main droite fait un geste d’admiration; sa gauche, enveloppée dans un pan de sa robe, tient son Fils, assis sur ses genoux.
L’enfant Jésus est vêtu d’une tunique jaune, ceinte d’un cordon d’or qui pend en avant. Ses cheveux sont noirs, ses bras étendus horizontalement, avec la main ouverte.
De chaque côté du banc se tient un ange, aux ailes d’or déployées. Celui de droite est couronné, celui de gauche nimbé d'or. Tous les deux ont les cheveux noirs et une tunique d’or. Deux autres anges accompagnent la Vierge, en haut et en bas; l’un a les ailes rouges.
La bordure est jaune, divisée en carrés or et bleu. L’inscription suivante se lit en gothique ronde à la partie inférieure de la mitre, sur fond alternativement bleu et jauné :
f AUE REGINA CELOTOttl
La mitre, dite de S. übald (1), à S. Pierre in Vincoli , est un charmant travail du XV e siècle. Le fond blanc de la soie est rehaussé d’une broderie de couleur line et habilement nuancée. On distingue encore la place qu’occupaient les pierres précieuses.
Les ügures sont dessinées à mi-corps, dans des quatre-feuilles, sur le double orfroi vertical et horizontal.
Tous les personnages sont nimbés d’or.
Sur l’orfroi en titre, le Christ, bénissant et tenant les saints Evangiles; la Vierge, les mains jointes; S. Jean-Baptiste, avec une croix.
De chaque côté de cet orfroi, un ange, mains jointes et ailes baissées.
Sur l’orfroi en cercle, S. übald (?) entre S. Paul, à droite, glaive levé et S. Pierre, à gauche.
(1) Cette mitre, si elle avait appartenu à S. Ubald de son rivant, daterait du XI IF siècle. Son corps étant habillé pontificalement dans sa châsse, c’est une des mitres dont on a couvert sa tête et que l’on a ensuite conservée comme relique.
Chapelet. ( 1 )
469. Chapelet en cuivre, dont les grains sont formés d’anneaux enfilés dans un cercle et les cinq dizaines indiquées par dœ saillies sur les anneaux. On y lit la prière qui s’y récite :
Ave . Maria . gratia . plena Dominvs . tecvm . benedita . tv in . mulieribvs . beneditvs frvtvs . ventris . tvi . lests.
Agnus Dei.
470. Agnu$ Dei en cire, à l’effigie de l’Agneau pascal, dont le sang coule dans un calice. On y lit le nom du pape Jean XXII (2) qui l’a consacré et cette invocation pieuse :
f AGNE DEI MISERERE MEI QVI CRIMINA TOLL1S.
Anneaux cardinalices.
L’anneau du pêcheur est ainsi nommé, parce qu’il représente S. Pierre jetant ses filets à la mer. On le renouvelle à l’élection de chaque pape. Il ast d’usage d’en briser le chaton, qui porte le sujet, à la mort du souverain pontife dont le nom y est gravé. Si, comme on l’a pensé, ces anneaux étaient des anneaux du pêcheur , ils auraient leur chaton vide et on n’en trouverait pas plusieurs avec le nom du même pape. Ce sont, selon moi, les anneaux que le pape donnait aux cardinaux qu’il avait créés et avec lesquels ils étaient enterrés. Voilà pourquoi ils portent le nom et les armes du pape et pourquoi on les a découverts dans des tombeaux.
(1) Le chapelet de la Vierge existe , à Borne, dans l’église de Ste. Marie in Campitelli.
(2) Jean XXII fut créé pape en 1310.
Le trésor de S. Pierre possède un anneau analogue, qui date du pontificat de Sixte IV. • , \
471. Six anneaux en cuivre doré (XV e siècle). Autour , d’une topase, est gravé en gothique carrée cagqual;
armoiries. • Au chaton, rubis; autour,» armoiries (i) et initiales du pape Pie II, pa . p. (2) s - Emblèmes des quatre évangélistes au chaton. - Rubis,, au chaton. - Armoiries du pape Pie II et emblèmes en relief des quatre évangélistes; autour, papa pio. - Armoiries du pape Pie II, papa pivs, répétées de chaque côté. (3).
472. Gros anneau cardinalice en cuivre doré, orné d’une émeraude au chaton. Ces sortes d’anneaux, trouvés dans des
tombeaux, ne se portaient que par dessus des gants épais. (4) Un Inventaire de S. Louis des Français, daté de 1525, mentionne, parmi les pontificaux qui servaient aux évêques qui officiaient dans l’église nationale, ung anneau gros de leton doré .
473. Gros anneau ciselé représentant la Crucifixion (XV e siècle).