tome, d'Ambroise et de Charles Borromée, le même Dieu se
révèle en ce moment à nous comme celui qui, avec un amour
infini, a formé dans le secret, telle une miniature exquisement fine de sainteté parfaite, cette tout humble, toute petite et si virginale enfant. Reconnaissez ici dans l’ordre surnaturel le même précédé auquel Dieu se plaît à recourir dans l’ordre naturel, ainsi que l’a chanté le poète chrétien dont nous célébrerons prochainement le cinquantenaire : « Dieu fait surgir de nos champs l’épi nourricier et le lin pour nous vêtir ; il répand dans les plantes des essences médicinales. C’est lui qui a créé le pin qui brave les vents et le saule que courbe la main, le sapin qui résiste aux hivers et le peuplier qui ne craint pas les eaux, et c’est lui aussi qui fait naître la fleur dont le fin tissu étale pour lui seul la magnificence de son coloris, qui exhale vers le ciel les parfums de son calice et qui meurt en silence. » Cette fleur silencieuse, ce tissu aux teintes resplendissantes, ce parfum qui se répand au large, cette beauté qui ne se montre qu’au regard de Dieu, n'est-ce pas la petite Thérèse de l’Enfant Jésus ?
Quelle est la parole que Dieu veut nous dire?
Que veut nous dire la « petite Thérèse », qui s’est faite, elle aussi, une parole de Dieu P? car Dieu parle par ses œuvres et c'est le propre de ceux qui lui sont le plus unis de nous parler, eux aussi, non par des mots, mais par leurs œuvres. Dieu nous dit, et la « petite Thérèse » avec lui, qu'il est une chose, sinon plus grande, du moins aussi grande que l’action et la puissance du génie, une chose qui, devant Dieu, est
aussi précieuse que les grandes qualités de sagesse et d'organisation, si efficaces pourtant dans l’apostolat chrétien, telles que — pour rester toujours dans le souvenir des récents centenaires — celles de saint François de Sales et de sainte Thérèse de Jésus.
Oui, il est une chose qui, devant Dieu, est au moins aussi précieuse : c’est l'humilité, la douce et sincère humilité du cœur, la fidélité totale au devoir d'état, quel qu'il soit, en quelque sphère et à quelque degré de la hiérarchie humaine que Dieu nous ait placés et appelés à travailler, la disposition à tous les sacrifices, l’abandon confiant dans la main et le cœur de Dieu, et par-dessus tout la charité vraie, le réel amour de Dieu, la tendresse véritable pour Jésus-Christ, répondant à la tendresse qu’il nous a lui-même témoignée, cette charité qui — comme l’Apôtre le disait aux fidèles de Corinthe et que ce dimanche-ci, non sans une providentielle coïncidence, l'Eglise nous rappelle — est bienveillante, patiente, toujours active et supportant tout, prête à tous les dévouements et à toutes les immolations. C’est là une voie qui, sans permettre à tous d'atteindre les hauteurs auxquelles Dieu a conduit Thérèse, est non seulement possible, mais facile pour tous. Comme l’observe saint Augustin, tout le monde ne peut pas prêcher et faire de grandes œuvres. Mais qui donc est incapable de prier, de s’humilier et d’aimer ?
Telle est la leçon que la « petite Thérèse » nous offre aujourd'hui, afin que nous puissions élever nos aspirations à la perfection de la vie chrétienne. Et c’est dans la splendide lumière de ces réalités ineffables que, de tout cœur, Nous félicitons la famille religieuse du Carmel de la nouvelle fleur que la charité du Cœur divin a fait surgir dans son jardin ; Nous vous félicitons, Eminentissime Seigneur ‘, et tous