M. LEPIC, MADAME LEPIC, HENRIETTE, FÉLIX
A table, fin de déjeuner. — Table oblongue, nappe de couleur^, en toile des Vosges. — M. Lepic à un bout, madame Lepic à l'autre, le plus loin possible. — Le frère et la sœur au milieu, Félix plus près de son père, Henriette plus près de sa mère. — Ces dames sont en toilette de dimanche. — Silence qui montre combien tous les membres de cette famille, qui a 1 air d abord d'une famille de muets, s ennuient quand ils sont tous là. — C est la fin du repas. — On ne passe rien. — M. Lepic tire à lui une corbeille de
fruits, 66 sert, et repoussé la corbeille. — Les autres font de même, par rang d âge. — Henriette essaie, à propos d'une pomme qu'elle coupe, de céder son droit d'aînesse à Félix, mais Félix préfère une pomme tout entière, — La bonne, habituée, surveille son monde. — On lui réclame une assiette, du pain, par signes. — La distraction générale est de jeter des choses au chien, qui se iourre. — Madame Lepic ne peut pas « tenir » jusqu'à la fin du repas, et elle dit à Félix, dont les yeux s'attachent au plafond :
MADAME LEPIC, à Félix.
Tu as bien déjeuné, mon grand?
FÉLIX
Oui, maman, mais je croyais le lièvre de papa plus gros. Hein, papa?
M. LEPIC
Je n'en ai peut-être tué que la moitié.
MADAME LEPIC
Il a beaucoup réduit en cuisant.
FÉLIX
Hum!
MADAME LEPIC
Pourquoi tousses-tu?
FÉLIX
Parce que je ne suis pas enrhumé.
MADAME LEPIC
Comprends pas... Qu'est-ce que tu regardes? Les poutres. Il y en a vingt et une.