ACTE PPiEMIEIl
laisse tramer sur une table. Elle traîne, j'ai le droit de la lire. (Eiie Ht.) Henriette, mon Henriette! Ecoute.
^ Elle lit tout haut.
« Cher monsieur,
» Voulez-vous me permettre d'avancer la visite que je devais vous faire jeudi? Un télégramme me rappelle à Ne vers demain. Nous viendrons aujourd'hui, ma tante et moi, vers quatre heures, après les vêpres de ces dames.
» Ma tante est heureuse de vous demander plus tôt qu'il n'était convenu, la faveur d'un entretien et je vous prie de croire, cher monsieur, à mes respectueuses sympathies.
Signé : » Paul Roland. »
M. Paul et sa tante seront ici à quatre heures. Ils parleront à ton père et nous serons fixés ce soir. Ohl ma fille, que je suis contente! D'abord, je n'aurais pas pu attendre jusqu'à jeudi. Je me minais. C'était mortel! Oh! ma chérie! Dans trois heures, M. Paul aura fait officiellement demander ta main à ton père, et ton père aura dit oui.
HENRIETTE
Ou non.
MADAME LEPIC
Oui. Cette fois, ça y est, je le sens!
HENRIETTE
Comme l'autre fois.
MADAME LEPIC
Si, si. Ton père a beau être un ours...
HENRIETTE
Je t'en prie...
MADAME LEPIC
Moi, jadis que c'est un ours; toi, avec ton instruction, tu dis que c'est un misanthrope;. ça revient au môme. Il a beau être ce qu'il est, il recevra la tante Bâche et M. Paul, j'imagine I
HENRIETTE
Il les recevra, comment?
Le plus mal possible, d'accord; mais j'ai prévenu M. Paul; il ne se laissera pas intimider, lui, par l'attitude, les airs dédaigneux ou les calembours de t»n père. M. Paul saura s'exprimer. C'est un homme, et tu seras madame Paul Roland.
Espérons-le.
Tu y tiens?
Je suis prête.
HENRIETTE
MADAME LEPIC
HENRIETTE