‹ La bigote, comédie en deux actesChapitre 21 sur 80 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRIETTE

Je le crains et je voulais dire que peut-être, mon mariage lui est indiiïérent.

MADAME LEPIC

Oh! tu me révoltes. Ton père ne t'aime pas comme je l'aime, aucun père n'aime comme une mère, nous le savons; mais le père le plus dénaturé tient à marier sa fille.

HENRIETTE

Ne serait-ce que pour se débarrasser d'elle.

Dirait-on pas que tu as une tache !

HENRIETTE

Quelle tache?

MADAME LEPIC

Ahl si tu prends tout ce que je dis de travers.

HENRIETTE

Je m'énerve.

MADAME LEPIC

C'est l'émotion des mariages. Galmons-nons, ma pauvre fille, je te jure que ce mariage réussira. S'il venait à manquer, moi qui suis déjà la plus malheureuse des femmes, je serais la plus malheureuse des mères.

HENRIETTE

Ce serait complet. Il ne te manquerait plus rien.

Ne te désole donc pas, ma pauvre maman, puisque cette fois, ça y est. Tu vois, je risl

MADAME LEPIC

Oui, tu ris comme un chien qui a le nez pris dans une porte! Ris mieux que ça. — A la bonne heure 1 Et puis sois adroite. Une vraie femme doit toujours céder, pallier, composer.

HENRIETTE

A propos de quoi, maman?

A propos de tout. Rappelle-toi ce que dit M. le curé sur les petits mensonges nécessaires, qui atténuent; ainsi, par exemple, ton père déteste les curés ; eh bien, si ça le prend, écoute-le un peu, pas trop, une minute. C'est dur! Qu'est-ce que ça te fait? Veux-tu épouser M. Paul Roland, oui ou non ?

HENRIETTE

Oui, maman, tu as raison! Je veux me marier, il faut que je me marie !

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