ACTE PREMIER
qui est républicain, aussi républicain que M. le Maire, attendre sa famille à la sortie de l'église.
FÉLIX
C'est pour donner, sur la place, des poignées de main aux amis de sa femme qui sont réactionnaires. N'est-ce pas monsieur le Maire? (m. Lepic approuve de la tête.) Quand il reçoit chez lui la visite d'un curé, il accroche une petite croix d'or à sa chaîne de montre, n'est-ce pas, papa?
M. Lepic approuve et rit dans sa barbe. MADAME LEPIC.
OÙ est le mal?
FÉLIX
Il n'y a aucun mal, si M. Perrault n'oublie pas d'ôter la petite croix quand on lui annonce papa. (a M. Lepic.) Il n'oublie pas hein?
M. Lepic fait signe que non, MADAME LEPIC.
C'est spirituel!
FÉLIX
Ça fait rire papai C'est l'essentiel! Ecoute, maman, je t'aime bien, j'aime bien cheurotte, mais vous connaissez ma règle de conduite : tout comme papa! Je ne m'occupe pas du conseiller général, ni des autres, je m'occupe de papa. Quand papa ira aux vêpres,
j'irai. Demande à papa s'il veut aller ce soir aux vêpres.
HENRIETTE
Félix!
MADAME LEPIC
C'est malin!
FÉLIX
Demande!... Papa, accompagnons-nous ces dames?
(M. Lepic fripo sa serviette en tapon — , Henriette la pliera — , la
met sur la table et se lève.) Voilàl'effet produit : il SB sauve avant le café! El ton café, papa?
M. LEPIC
Tu me l'apporteras au jardin.
MADAME LEPIC, amôre.
Il ne s'est pas toujours sauvé.
HENRIETTE, sans que M. Lepic la voie.
Maman !
FÉLIX, à madame Lepic.
Papa t'a accompag-né à l'église ? quand?
Le jour de notre mariage.
FÉLIX
Ah ! c'est vrai!