‹ La bigote, comédie en deux actesChapitre 53 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

et ma façon de vous la donner vous inquiète. Il faut que je vous félicite, que je vous applaudisse, que je vous prédise votre bonheur, que je vous le garantisse par contrat : vous m'en demandez trop !

PAUL

Monsieur Lepic, regardez-moi ; je suis un brave homme^ je vous jure.

M. LEPIC

Je n'en doute pas; aussi je vous donne ma fille.

PAUL

Et une fortune, mais avec froideur. Votre façon de donner, comme vous dites, vaut moins que... Enfin, vous ne marchez pas comme je voudrais !

Vous voulez que je danse : attendez le bal.

PAUL

M. Lepic! Il y a quelque chose?

M. LEPIC

Rien. N'allez pas vous imaginer un secret de famille, des histoires de brigands... Vous seriez déçu. Il n'y a rien... rien que les scrupules d'un honnête homme en face d'un honnête homme que je n'ai pas le droit de pousser avec violence, par les épaules, au mariage : c'est une aventure!

PAUL

Oh! bien commune!

M. LEPIC

Précisément! Pourquoi s'emballer? Je n'avais aucune raison pour dire non. Je n'en ai aucune pour dire oui avec une gaieté folle, pour que ma joie éclate désordonnée à propos de votre mariage, pour que je vous serre dans mes bras, comme s'il n'y avait que vous au monde dans votre cas, et comme si je ne l'étais pas, moi marié...

PAUL

Il me semble qu'on a frappé...

M. Lepic ne dit pas « entrez », madame Lepic entre toute seule.

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