‹ La bigote, comédie en deux actesChapitre 7 sur 80 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME LEPIC

De M. Paul Roland ?

HONORINE

Oui.

MADAME LEPIC, à Henriette.

Henriette, une leltre de M. Paul! — Il y aune réponse, Honorine?

HONORINE

Madame Bâche ne m'en a pas parlé! Elle m'a seulement donné dix sous pour la commission!

MADAME LEPIC

Moi, je vous en donnerai dix avec.

HONORINE

Merci, Madame, je suis déjà payée. Une fois suffisait.

Elle accepterait tout de même.

MADAME LEPIC

C'était de bon cœur, ma vieille.

M. Lepic, après avoir lu la lettre, la pose près do lui, sur la table où il est appuyé. La curiosité agite madame Lepic.

Elle était fameuse votre brioche, ce matin, à l'église, madame Lepic!

JACQUES

Oh! oui, je me suis régalé. Je ne vais à la nîesse

que quand c'est votre jour de brioche, madame Lepic. J'en ai d'abord pris un morceau que j'ai mangé tout de suite, et puis j'en ai volé un autre pour le mettre dans ma poche, que je mangerai ce soir à mon goûter de quatre heures.

MADAME LEPIC

Quelle brioche? Ils appellent du pain, de la brioche, parce qu'il a le goût de pain bénit. On voit bien que vous ne savez pas ce que c'est, que de la brioche, mes pauvres gens!

HONORINE

Oh! c'était bien de la brioche fine, et pas de la brio -lie de campagne. Le château lui, qui est millionnaire, ne donne que du pain, mais vous...

MADAME LEPIC

Taisez-vous donc, Honorine; vous ne savez pas ce que vous dites.

HONORINE

Le château a une baronne, mais vous, vous êtes la dame du village!

Ma mère m'a bien élevée, voilà tout! Mais vous empochez M. Lepic de lire sa lettre.

HONORINE

Il a fini!... Ce n'était pas une mauvaise nouvelle, mon leur le maire... Non?

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