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LES INSTRUMENTS D'OBSERVATION

Le Microscope et ses annexes.

Baker : Tlie Microscope made easy, London, 1769, 5° éd. (commencement de l'histochimie). — J. Vogel : Aiileitting- J^iim Gebrauclie der Mikroskope; Leipzig, 1841.

— C. Chevalier : Manuel du Micrographe: Paris, 1839. La 3« édit., par A. Chevalier, intitulée k L'étudiant micrograplie », est de 1882. — Dujardin : Manuel de l'observateur au microscope; Paris, 1843. — Hugo von Mohl : Micrographie; Tubingen, 1846. — QuEKETT : A practical treatise on tlie use of the Microscope; London, 1848.

— H. ScHACHT : Das Mikroskop; 3° édit., 1862. Trad franc, par J. Dalimier en i865. — Harting : Das Mikroskop, édit, allem. en 3 v. ; Braunschweig, 1866. Le troisième volume est consacré à l'historique du microscope. — Frey : Das Mikroskop und die mikr. Thechnik; Leipzig, 1871, 4"= edit. — C. Naegeli und ScHWENDENER : Das Mikroskop, 2" édit., Leipzig, 1877, — Ch. Robin : Traité du Microscope; 2" édit., Paris, 1877. — Dippel : Das Mikroskop, 2° éd., i883, (en voie de publication). — Le Journal de Micrographie de M. Pelletan, paraissant depuis le i5 mai 1877, un vol. par an, (Paris, bureau du journal), est riche en renseignements. — On trouve aussi des indications, çà et là, dans les Revues qui publient des travaux micrographiques.

Le microscope a été inventé, vers 1609, par le hollandais J.a.nssen (*), le même qui a aussi imaginé le télescope. Mais c'est à deux de ses compatriotes, Leeuwenhoek et Hartsoeker, au premier surtout, que revient l'honneur de l'avoir appliqué à l'étude des sciences naturelles. Ces deux savants opérèrent par leurs travaux micrographiques toute une révolution dans le monde savant. « A l'instant même et dès l'annonce <( des premiers résultats, dit Is. G. Saint-Hilaire, les naturalistes, « comme il arrive après toutes les grandes découvertes, se divisèrent « en deux camps, les hommes du passé et ceux de l'avenir; les uns « aussi empressés de nier le progrès que les autres d'y applaudir et « d'y prendre part. Mais l'opposition rétrograde et envieuse dut tomber « bientôt devant des faits que chacun pouvait voir, pourvu qu'il voulût « les regarder (2). »

C'est alors que prirent date les sciences biologiques.

Le microscope est en eflfet l'instrument par excellence du biologiste. En général notre œil, sans le secours du microscope, ne peut voir les cellules; dans aucun cas, il ne peut en scruter ni l'organisation ni le contenu, et il ne peut être témoin des phénomènes biologiques si nombreux dont elles sont le siège incessant. « A l'heure qu'il est, il « ne paraîtra téméraire à personne d'affirmer que celui qui n'est pas « micrographe doit renoncer à traiter sérieusement les questions d'ana- « tomie ou de physiologie. Il pourra bien puiser dans les livres et

C) Voyez Borellus, De vcro telescopii invcntorc; la Haye, i655. (2) Hist. natur. gén., tome I, p, 55.

« apprendre par cœur une foule de choses souvent inexactes ou « surannées; mais il n'y a rien dans ce travail de compilation qui « ressemble à la science. En sciences naturelles on ne sait que ce « que l'on a vu et manipulé cent fois, ce que l'on a vérifié ou « contrôlé par des observations personnelles ('). »

Tout le monde connaît le microscope. On donne ce nom à toute lentille et à totit système de lentilles destiné à amplifier les objets trop petits pour être vus à l'œil nu.

Il y a deux sortes de microscopes : les microscopes simples et les microscopes composés.

Microscopes simples.

On appelle ainsi une loupe, un doublet ou un triplet. Ces lentilles donnent une image amplifiée, virtuelle et droite de l'objet. Le nom de loupe, dans le langage ordinaire, est réservé à la loupe à main; tandis qu'on donne le nom de microscope à dissection à la loupe montée sur un staUv quelconque.

La loupe à main nous est bien moins utile qu'à ceux qui font de la grosse anatomie ou de la -botanique et de la zoologie systématique. En tout cas, l'objectif A peut remplacer la meilleure des loupes.

On ne pourrait pas tenir le même langage à l'égard du microscope à dissection, bien que, à notre avis, on ait souvent exagéré sa nécessité ou son importance.

Cet instrument, dont on a varié la forme à l'infini, consiste essentiellement en une loupe assez forte, ou en plusieurs loupes de rechange donnant des grossissements de 6 à 120 fois et plus.^ On l'adapte sur un bras mobile ou sur un stativ fixe, au-dessus dune table également fixe. Comme exemple de ce dernier genre, nous nous contenterons de mentionner le petit modèle de C. Zeiss, fig. 3. Une loupe qu'on place dans un œillet, une table sur laquelle on dissèque pendant qu'on tient l'œil sur la loupe, deux coussinets pour appuyer les mains pendant l'opération et leur donner plus de sûreté : e est l'instrument complet. Ce modèle est fort commode. Les différentes loupes de rechange, toutes achromatiques et excellentes, sont à long foyer, et celle qui donne un grossissement de 120 fois permet encore de disséquer assez commodément.

Néanmoins, pour ce qui nous regarde, nous préférons nous servir du microscope composé dont nous parierons tout à ^eure^ A-d'un objectif faible, de l'objectif A par exemple, dont la distance frontale'est très grande, d'un centimètre environ, et des d— oculaires 1 à 5, il donne des amplifications de 40 à 1 75 diameties LnsTrJinuer de' distance frontale : ce qui présente un intense avantage dans les dissections à l'aide de forts grossissements. Il est vrai que

(') Manuel de microscopie, p. 12.

dans le microscope composé les images sont renversées; mais l'habitude obvie à cet inconvénient, au point qu'on finit par ne plus le remarquer. Du reste, en adaptant le prisme redresseur au-dessus de l'oculaire, on renverse l'image renversée, c'est-à-dire que l'image redevient droite comme dans le microscope simple. Avec le microscope composé on évite la fatigue qui est inhérente à tout travail exécute au microscope simple, et qui provient de cé que l'œil doit être place trop près de la loupe montée. C'est à chacun de choisir le système qu'il trouve le plus commode; la science est tout à fait désintéressée dans ces sortes de questions. Il faut, à l'occasion, pouvoir disséquer ou dissocier un objet à l'aide d'un grossissement suffisant : voilà tout.

MM'6£/l^c. Jm.

Fig. 3.

Microscope à dissection : l, loupe; t, table portant deux valets et un diaphragme central; v, vis micrométrique destinée à élever et à abaisser la loupe pour obtenir la mise au point; m, miroir qui éclaire l'objet; c,c, coussinets pour soutenir les mains.

Il y a plus. Au risque de passer pour téméraire, nous conseillons à ceux qui doivent disséquer beaucoup, en particulier à ceux qui s'occupent d'anatomie cellulaire et qui ont de bons yeux, de s'habituer de bonne heure à le faire à l'œil nu : l'observateur est plus libre, il se fatigue moins, il a la main plus sûre, il va plus vite ; avec l'habitude il arrive à voir et à respecter les objets les plus ténus et les plus délicats, et il finit bientôt par ne plus recourir au microscope que dans les cas extrêmes.

Fig. 4.

Stativ VII de Zeiss, construit sur nos indications pour le laboratoire de cytologie de Louvain : oc, oculaire; t, tube; c, manchon où le tube glisse à frottement doux; ob , objectif /l installé; v, vis micrométrique; t, table portant deux valets et un diaphragme cylindrique, d; m, miroir; p, pied du microscope.

Il est inutile d'insister sur la manière de se servir du microscope à dissection. On dépose l'objet au milieu d'une lame de verre qu'on transporte sur la table du microscope où elle est fixée à l'aide de deux valets. C'est là que l'objet est disséqué ou dissocié , suivant le cas , avec les aiguilles et en s'aidant, au besoin, d'un scalpel très tranchant. On débarrasse ensuite l'objet de sa gangue, et on le place sous le microscope composé pour l'étudier, soit directement, soit après l'avoir traité par les réactifs appropriés.

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