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POUVOIR AMPLIFIANT

Nous avons trouvé, par ce procédé, pour les divers oculaires de Zeiss, les chiffres suivants :

Oculaire 1 grossit 6 fois.

2° Le pouvoir amplifiant de l'objectif (') s'obtient à l'aide des deux micromètres. Ceux-ci étant installés et mis au point, on examine combien il faut de divisions du micromètre objectif pour recouvrir toutes les divisions du micromètre oculaire. Il suffit, ensuite, de diviser la valeur de celui-ci (5 mm.) par la valeur des divisions du micromètre objectif qui le recouvrent, pour obtenir le résultat cherché.

Un exemple fera mieux comprendre la chose. Supposons que 40 divisions du micromètre objectif recouvrent le micromètre oculaire. Dans ces conditions le pouvoir amplifiant sera égal à :

5 mm. 5oo

40 40 —mm. ^

Ce qui veut dire que l'objectif employé grossit i2,5 fois. C'est de cette manière qu'on dresse le tableau du pouvoir amplifiant des divers objectifs que l'on possède.

Voici le pouvoir grossissant des objectifs dont il sera fait mention dans le courant de notre ouvrage.

AA = 6,25 fois.

DD=3o,3 n F = 7 1 »

1/12= 62 )) 1/18= gi »

30 A l'aide de ces données, il est très facile de trouver le grossissement total du microscope. On sait, en effet, que ce grossissement est égal au grossissement de l'objectif multiplié par le grossissement de l'oculaire. Ainsi, étant donné que l'oculaire grossisse 6 fois et l'objectif 3o fois, le grossissement total sera égal à 180 fois.

(') Il s'agit ici du pouvoir amplifiant de l'objectif, modifié par le verre collecteur de l'oculaire, ou des dimensions de l'image du microscope, qui sera reprise et grossie par le verre de l'œil. Le pouvoir amplifiant des objectifs seuls, considérés comme loupes, est en réalité plus considérable, parce que le collecteur réduit de beaucoup leurs images. Pour obtenir ce pouvoir amplifiant, on divise le chiffre conventionnel de la distance de la vision distincte (220 ou 25o mm.) par celui qui représente la distance focale des objectifs (tableau de la page 47). Nous obtiendrions, de cette 1 220 25o

manière, pour ~ ■. — ou ~ = 175 ou 200 diamètres ; tandis que son image,

au microscope, n'a que 91 diamètres. Nous ne devons tenir compte que de cette dernière image dans nos mesures.

Une remarque est à faire ici. Il est impossible de calculer le grossissement réel d'un microscope. Premièrement, parce qu'il est impossible d'évaluer exactement le pouvoir amplifiant réel de l'oculaire : ce pouvoir varie avec chaque œil, et, pour un même observateur il varie avec l'âge, et même d'un jour à l'autre et d'un moment à l'autre de la journée. Secondement, parceque le punctum proximum d'accommodation, nous le verrons bientôt, n'est pas le même lorsqu'on regarde à l'œil nu, ou au microscope. Il faut ajouter qu'il varie d'un individu à l'autre, et qu'il varie pour chacun avec les divers systèmes employés ('). Ainsi, alors même que chaque observateur se donnerait la peine de mesurer aussi exactement que possible le pouvoir grossissant de ses instruments, sans se fier aux tableaux souvent exagérés des constructeurs, on n'obtiendrait encore que des approximations, en comparant les chiffres des divers auteurs. C'est pour cette raison qu'il est préférable d'indiquer les grossissements par la notation de l'oculaire et de l'objectif dont on s'est servi, sans oublier le nom du constructeur; de cette manière chacun sait à quoi s'en tenir.

II, Mesure de la grandeur réelle des objets.

Les auteurs donnent différentes méthodes pour prendre cette mesure. Nous nous contenterons d'en mentionner une , la seule correcte (J), et la plus expéditive en même temps. On installe le micromètre oculaire, et, l'objet étant mis au point aussi exactement que possible, on examine combien il faut de divisions du micromètre pour le recouvrir. Cela fait, il ne reste plus qu'à diviser la valeur de ces divisions par le pouvoir amplifiant de l'objectif, connu d'avance, pour obtenir le diamètre cherché. Ainsi, par exemple, s'il faut i6 divisions du micromètre oculaire pour recouvrir un microbe, un globule sanguin, en employant l'objectif DD, on

aura pour le diamètre cherché : ^'^ "^J"' = o,o53 mm, environ.

L'unité de mesure en microscopie est le millimètre ou le millième du millimètre, suivant les auteurs. Aujourd'hui on admet généralement la seconde unité, proposée jadis par Harting dans son Traité du microscope. On lui donne le nom de micra ou micron, et on l'écrit [a. D'après cela, le diamètre de l'objet précité mesurerait 5,3 [a.

§ II. GONIOMÈTRES. C) — MICROSCOPE PÉTROLOGIQUE.

Les substances cristallines qu'on rencontre à l'intérieur des cellules ne sont pas très nombreuses et, le plus souvent, l'examen de leurs formes habituelles et l'emploi de quelques réactifs suffisent pour

(I) . Voir Bardet, dans Lanessan, Revue internat., i5 décembre 1879.

(-) Ibidem. , (3) Frankenheim, Chem. und Krystall. Beobacht., Poggend. Ann. d. Ph>-s.

und Chem. Bd. 37, p. 637. i836, parait avoir eu la première idée de mesurer les

angles au microscope.

Fig. 18. — Microscope pétrologique.

L'analyseur, a, porte un cercle gradué, c, et un index; le polariseur , p, s'installe à la place du diaphragme ordinaire, d ; la table, t, porte un limbe gradué, et est mobile autour de l'axe de l'instrument; les vis, m, servent à centrer l'instrument par gauchissage ; la vis micrométrique graduée, v , dont la valeur du pas est connue, permet de mesurer la hauteur verticale ou l'épaisseur des objets microscopiques.

en déterminer la nature sous le microscope. Dans le doute, on a recours à l'analyse chimique ordinaire , lorsqu'on peut les obtenir en quantité suffisante ; c'est ce qu'on peut faire pour les innombrables cristaux du corps de Bojanus des mollusques. C'est seulement après avoir épuisé ces moyens qu'on s'adresse aux procédés de la minéralogie. Ces procédés consistent surtout dans la mesure des angles plans et dièdres, et dans l'étude des phénomènes que les corps présentent en lumière polarisée, soit parallèle, soit convergente.

1° La mesure approximative des angles plans n'est pas difficile à prendre. Le plan de l'angle étant placé parallèlement au champ du microscope , on dessine ses arêtes à la chambre claire , ou bien on en prend la photographie. On lit la valeur de l'angle sur un transporteur ordinaire.

Mais pour arriver à des déterminations rigoureuses il faut recourir au goniomètre.

Le goniomètre consiste en un cercle gradué, adapté à l'oculaire ou tracé sur la platine, fig. 18, et dont le centre coïncide avec l'axe du microscope. Il y a surtout deux goniomètres qui sont en usage : le goniomètre à 'spath ou de Leeson, et le goniomètre à réticule. Dans le premier, l'oculaire porte un spath d'Islande, qui, comme toutes les substances biréfringentes, donne deux images des objets. Pour s'en servir, on fait tourner l'oculaire jusqu'à ce que les deux images d'une arête de l'angle à mesurer se superposent, puis on le fait tourner de nouveau , jusqu'à ce que les deux images de l'autre arête se superposent à leur tour : la valeur de cette dernière rotation, valeur qu'on lit sur le limbe gradué à l'aide d'un index, représente évidemment la valeur de l'angle.

Dans le second goniomètre, le spath est remplacé par un réticule. Son usage est facile. On amène le sommet de l'angle au point de croisement, et l'on fait coïncider, en même temps, l'un des fils avec une arête. On tourne l'oculaire, ou la platine, jusqu'à ce que le même fil coïncide avec l'autre arête : la valeur angulaire de cette rotation donne celle de l'angle à mesurer.

Toutes ces manipulations sont faciles, et les mesures sont prises avec une grande exactitude. Néanmoins, pour que ces mesures représentent la valeur réelle de l'angle du cristal, il est indispensable que les appareils soient centrés, c'est-à-dire que le centre du limbe et le point de croisement des fils du reticulum coïncident avec l'axe optique du microscope. Or, il n'y a que les microscopes pétrologiques , aussi appelés minéralogiques ou goniométriques, qui permettent de réaliser ce centrage. Ils sont d'ailleurs indispensables pour mesurer les angles dièdres et les positions angulaires d'extinction. La fïg. 18 représente un de ces instruments. La plupart des constructeurs opèrent le centrage par le gauchissage du tube du microscope. A cet effet, ils l'introduisent dans un manchon portant deux vis latérales, m, dont la pointe s'appuie sur le tube interne. En maniant ces vis, on reporte

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