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VII. Préparation des objets par la macération

Avant d'aborder la confection des préparations à l'aide d'objets durcis, nous dirons quelques mots d'un procédé souvent employé, et qui est utile dans certains cas particuliers : il s'agit de la macération.

A l'aide objets vivants I ' 5

Les objets ne se dissocient pas toujours facilement, ni dans l'eau, dans les réactifs : c'est pourquoi on a cherché depuis longtemps les moyens de faciliter l'isolation de leurs cellules. Les procédés qu'on emploie à cet effet sont connus sous le nom générique de macération.

La macération s'effectue parfois d'une manière très simple, et pour ainsi dire d'elle-même, comme cela se voit dans la rigidité cadavérique. Cinq ou douze heures après la mort, les cellules, tout en conservant leur aspect naturel et leur structure normale, se séparent beaucoup plus facilement. Rien n'est plus frappant sous ce rapport que les cellules testiculaires des arthropodes, des lithobies, des cloportes , des scorpions, etc. Non seulement elle s'isolent d'elles-mêmes sur le porte-objets, mais leurs détails les plus délicats sont maintenus dans toute leur intégrité : témoin la beauté des couronnes équatoriales' et polaires et la netteté du fuseau de leurs noyaux en division.

La simple macération prolongée dans l'eau suffit aussi pour séparer les cellules de beaucoup de tissus végétaux.

Nous avons souvent employé avec fruit, pour la dissociation des éléments enchevêtrés, l'immersion pendant 12 à 24 heures dans le vert de méthyle à froid. En maintenant pendant deux ou trois minutes les objets dans ce menstrue porté à la température de 70°, on obtient le même résultat. Ce réactif fixe modérément les cellules, sans les faire adhérer par la coagulation des plasmas qui les baignent.

Le sérum iodé (') et l'alcool au tiers ('^) favorisent beaucoup la dissociation des éléments cellulaires des petits fragments de tissus, qu'on y a laissé séjourner pendant un ou deux jours; en général, les cellules s'y conservent sans trop s'altérer. La macération dans l'alcool au tiers est surtout recommandable.

L'acide osmique n'agit pas seulement comme fixateur, mais aussi comme dissociateur. Il s'emploie alors à dose très faible, i pour 1000 environ. On y laisse séjourner les tissus débités en petits fragments de 5 mm. de côté au maximum, pendant i5 jours. Ils s')'^ durcissent d'abord et s'y laissent plus difficilement dissocier qu'à l'état frais ; mais à partir de la deuxième semaine, leurs éléments se séparent avec la plus grande facilité, et ils se présentent dans un état de conservation parfaite. C'est avec raison que M. Orth (') a préconisé ce mode de dissociation pour les cellules nerveuses de la moelle et des cornes antérieures. Mais il s applique aussi aux autres tissus ; seulement on fera bien d'ajouter à l'acide osmique une solution de chlorure de sodium à 7 pour 1000, afin d'empêcher les ravages de l'eau distillée à l'intérieur des cellules.

Ce procédé est des plus précieux pour les recherches qui se rapportent à l'étude du sang, l'acide osmique ne manifestant aucune tendance à

(') M. ScHULTZE, Virchow's Q^rch., 1864.

(') Ranvier, Traité techn. d'Hist., p. 77.

C) Cursus der normalen Histologie, etc.; 1878, p 145.

Il6 PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES

enlever l'hémoglobine des globules rouges , tandis que les réactifs aqueux en général, mais surtout l'alcool au tiers, la soutirent immédiatement.

On peut aussi recourir, pour faire macérer les objets, à des réactifs plus énergiques, aux bases et aux acides.

Et d'abord, on peut faire macérer les tissus végétaux dans la potasse. A cet effet, on débite grossièrement les objets, et on les dépose dans une capsule en porcelaine renfermant une dissolution de potasse de 40 à 5o %. On chauffe pendant dix à vingt minutes. Ce procédé est surtout utile pour séparer les cellules parenchymateuses, et pour mettre les cellules laticifères en liberté. Moleschott a employé le même réactif sur le porte-objets, pour dissocier les cellules animales : mais cette méthode n'est pas à conseiller pour nos études. Elle ne peut servir que pour séparer les cellules des poils, des ongles et de l'épiderme ; encore faut-il alors employer une solution de potasse diluée, à i 0^0 environ.

On peut remplacer, dans l'opération précédente, la potasse par l'acide azotique. L'acide chromique, dilué et employé à froid, rend les mêmes services. M. Schultze (*) a indiqué ce dernier réactif pour dissocier les cellules animales, ' en particulier les cellules nerveuses, après les avoir laissé séjourner, pendant un ou deux jours, dans une solution de 2 à 3 pour 10,000. Dilué à ce point, il peut servir; mais ce mode de macération nous est peu utile.

Un procédé, analogue aux précédents, rend de grands services en cytologie végétale , pour l'étude des membranes : il est connu sous le nom de procédé de macération de Schulze (-). Pour l'employer, on met dans un tube à essai des copeaux de bois, des lambeaux d'écorce , en un mot des fragments d'un tissu quelconque , avec de l'acide azotique et du chlorate de potassium. On chauffe jusqu'au dégagement des vapeurs rutilantes, et on laisse l'action se continuer pendant 2 à 5 minutes ; enfin , on verse le tout dans l'eau et l'on reprend par l'alcool. Cette méthode est excellente pour dissocier les tissus parablastiques des végétaux, le stéréome et l'hadrome.

Kûhne (') a utilisé ce réactif pour faciliter la dissociation des cellules musculaires. Il place pendant une demi-heure un fragment, musculaire frais dans le mélange précèdent à froid. Nous préférons dissocier le tissus frais lui-même.

Il est impossible d'étudier la constitution du protoplasme et du noyau sur des cellules qui ont été mises à macérer, de cette façon, dans les bases et dans les acides forts.

(1) M. Schultze, Unters. ûber den Bau der Nasenschleimhaut ; Halle, 1862.

(2) Voyez ScHACHT, Das Mikroskop, p. 46 de la trad. franc.

(3) Ueber die periph. Endorg. der motor. Nervcn. Leipzig, 1862.

A l'aide d'objets durcis

§ II. Préparation a l'aide d'objets durcis. — Des coupes en général.

Outre les divers articles qui seront cités en note dans ce §, on peut consulter :

i" La Littérature, p. loi, (Mayer, Withmàn, Pelletan.)

2" R. Thoma : Ueber ein Mikrotom; Virchow's Archiv. 1881, T. 84, p. 189. Voir, au sujet de cet instrument, les Mitth. aus der Zool. Stat. zu Neapel, vol. IV, 1883, Nenerûngen in d. Schneideteclinik. — Pelletan vient aussi d'en donner une description détaillée dans son Journ. de Microgr., Nov., i883. — Se vend chez J. Jung, à Heidelberg.

30 L. DiPPEL : T>as neue éMikrotom von C. Zeiss; Bot. Centralblatt, t. XIII, p. 388, i883. — D'autres microtomes sont décrits dans les Revues anglaises et américaines de 1882 et i883. — C. O. Withman : Orientation in microtomic sections; Americ. Naturalist, i883. — Kossman : Ziir oMikrotomtechnik, Zool. Anz., i883. — Latteux, éMamiel de technique microscopique, 2<= éd., i883 (microtome de Lelong).

Ce que nous venons de dire de la dissection dans les réactifs et de la macération forme la transition naturelle à la préparation des objets fixés et durcis à l'avance.

On peut suivre, pour préparer' ces objets, les diverses méthodes que nous venons de détailler. Les objets durcis sont disséqués et dissociés comme les objets vivants, et suivant les mêmes procédés : nous n'avons donc pas à y revenir. Nous ferons seulement remarquer que la dissociation et la dissection des objets sont souvent rendues beaucoup plus laborieuses par le durcissement. A moins d'y être forcé, il est donc toujours préférable de choisir des matériaux frais pour exécuter ces deux modes de préparation. Aussi le mode par excellence auquel on soumet les objets durcis est-il différent : on les débite en lames minces à l'aide d'instruments tranchants. Nous devons donc parler de la manière de confectionner les coupes. Afin d'éviter tout double emploi, nous avons réservé pour cet article tout ce qui a trait à la i-éduction en lamelles minces et transparentes des corps opaques en général.

On se sert, pour confectionner ces lamelles, de deux procédés : on use les objets sur une meule ou sur une pierre, ou bien l'on y pratique des coîipes au moyen du rasoir et du microtome,

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