II. Conservation des objets dans un milieu solidifiable
M. A. Chevalier (') nous apprend que c'est Le Baillif qui eut le premier l'idée, en 1825, d'inclure les objets dans un milieu résineux. Il se servait, à cet effet, de la térébenthine de Venise. D'après QuEKETT (^), ce serait New et Bond qui auraient inauguré, en i832, l'usage du baume du Canada {Ahies halsmnea Mill.). Ce mode d'inclusion est aujourd'hui très répandu.
Le plus souvent on emploie, comme milieu solidifiable, le baume du Canada ou la laque de dammar {Dammara orientalis Lmk.). M. Van Heurck a préconisé tout récemment (') l'emploi du st3^rax {Liquidamhar orientalis Mill.) et du liquidambar {Liquidamhar styraciflua L.), pour des raisons que nous ferons connaître au livre suivant.
(') A. Chevalier, L'étudiant microg., 3° éd.. p. 279,
(2) Ibidem.
(3) H. Van Heurck, Bull, de la soc. belge de Micr., Juin, i883.
Pour employer ces substances, on les dissout dans le chloroforme ou dans le xylol, jusqu'à consistance sirupeuse. Veut-on y inclure une préparation, on en dépose une goutte sur le cover, et on laisse celui-ci descendre doucement, et par un côté seulement, sur les objets, pour éviter que des bulles d'air n'y soient emprisonnées. On presse ensuite légèrement sur le cover pour l'appliquer exactement sur la préparation et faire sortir l'excédant du médium employé. Le chloroforme s'évapore, le baume durcit, et l'opération est terminée.
Il est une précaution essentielle à prendre pour que ce genre d'inclusion puisse être appliqué. Ces résines n'étant pas miscibles à l'eau, les objets qu'on veut y conserver doivent être complètement déshydratés, et en outre, pour permettre aux résines de diffuser à leur intérieur, il est nécessaire qu'ils aient été préalablement imbibés de l'un ou l'autre des dissolvants de ces résines.
Nous avons vu, tout-à-l'heure, que les coupes d'objets enrobés dans la paraffine ou dans le blanc de baleine se trouvent dans ces conditions , au moment où elles sont fixées sur le slide ; elles peuvent donc
être incluses immédiatement.
Lorsque les objets sortent de l'alcool absolu , ils sont déshydratés, il est vrai ; mais il faut en chasser l'alcool par un dissolvant des résines, en opérant comme nous l'avons dit, p. 119, à propos de l'enrobage.
Quant aux objets naturels et, à plus forte raison, quant à ceux qui sortent de l'eau ou d'un réactif aqueux, ils sont loin de se trouver dans les mêmes conditions. Il faut commencer par en soutirer l'eau par l'alcool absolu, chose qu'il n'est pas toujours facile, qu'il est même souvent impossible de réaliser. Cette impossibilité se présente tous les jours dans les recherches cytologiques ; à moins de tout gâter et de tout perdre par les manipulations , il faut renoncer, pour la plupart des préparations fraîches, à l'inclusion balsamique. Il est bon aussi de se rappeler, en cytologie, que les dissolvants de la paraffine enlèvent en même temps toutes les enclaves graisseuses, et que la longue série de réactifs appliqués aux objets qu'on traite a pu produire des modifications profondes dans la constitution de la cellule et du noyau. Les matériaux préparés de cette façon ont donc toujours besoin de contrôle. Ces diverses raisons font que le cytologiste est souvent obligé de recourir à un autre mode d'inclusion, et ce mode il le trouve dans les liquides conservateurs.