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CONSERVATION

' On voit que l'opération porte sur deux points essentiels : l'objet est inclus dans un liquide capable de le conserver indéfiniment, et la préparation est soumise à une fermeture aussi complète que possible.

1° Liquides conservateurs.

Ce serait abuser de la patience du lecteur que de faire passer sous ses yeux la série des liquides conservateurs qui ont été recommandes par les micrographes. Ceux que nous allons mentionner nous paraissent répondre aux besoins journaliers du cytologiste : à moins de cas tout-à-fait spéciaux, nous n'en employons plus d'autres.

A. Pour les matériaux frais.

a) Nous devons placer en première ligne la liqueur de Ripart et Petit ('), seule ou additionnée de quelques gouttes d'acide osmique au loo^.

Cette liqueur, mieux encore que celle de Hantsch n" 67, conserve mer\'eilleusement les Algues les plus délicates avec leur endochrome, au point, qu'après plusieurs années, elles peuvent encore supporter la comparaison avec les plantes fraîches. Elle conserve aussi bien les cellules à chlorophylle, tous les tissus de développement, les organes mous et tendres des végétaux. Nous l'employons également, depuis longtemps déjà, pour la conservation des cellules animales, et nous pouvons affirmer que ce réactif nous est rarement infidèle. Les 'sels de cuivre que M. Petit a introduits dans la formule de Ripart, fixent le protoplasme sans le ratatiner et sans en changer notablement l'aspect : le réseau plasmatique et le noyau s'y maintiennent dans leur intégrité.

Un des grands avantages de cette formule est de permettre à l'observateur d'y ajouter, sans amener de précipité, divers corps dont les circonstances lui dictent l'emploi. Ainsi , on peut y ajouter impunément une goutte d'acide osmique, seul ou additionné d'eau de brome, pour fixer davantage les cellules riches en protoplasme. La coloration du noyau s'obtient instantanément au sein de cette liqueur par le vert de méthyle, et elle s'y conserve sans altération pendant très longtemps. En introduisant une goutte de ce réactif par une ouverture pratiquée dans le lut d'une préparation âgée de plusieurs années, on peut se convaincre que le noyau y a conservé sa structure typique, à l'état de repos aussi bien qu'à l'état de division.

La liqueur de Ripart et Petit conserve également les préparations colorées au picrocarmin, à la safranine, aux anilines, etc.

b) En second lieu se présentent les liqueurs au bichlorure de mercure : le liquide de Goadby, les liquides de Pacini , etc. Nous nous servons habituellement d'une formule qui est due à M. G. Gilson, et qui est inscrite dans le tableau des réactifs, sous le n° 63.

(') N° 68 du tableau précédent.

Nous évitons l'emploi des formules où figurent les sels de sodium, chlorure ou sulfate. Malgré le pouvoir fixateur du bichlorure de mercure, ces sels altèrent souvent la constitution du noyau. Celles qui renferment l'acide acétique sont donc préférables. Le peu de glycérine qui se trouve dans la formule de Gilson suffit pour éclaircir les préparations à protoplasme sombre et granuleux ou chargé d'enclaves.

c) Nous avons dit, p. 114, que nous avions pour habitude de dissocier les tissus animaux délicats dans un réactif fixateur, pour empêcher leur altération. Il y a généralement peu de chose à faire pour transformer ces préparations extemporanées en préparations permanentes. S'est-on servi de la liqueur de Ripart et Petit, il est tout au plus nécessaire de déposer avec une aiguille une gouttelette d'acide osmique sur le bord du verre-à-couvrir, pour pouvoir fermer la préparation. A-t-on usé d'acide osmique , d'acide chromique et surtout d'un mélange de ces deux acides , on peut aussi • luter sans autre traitement. Parfois néanmoins les cellules prennent un peu d'opacité ; il est bon alors d'insinuer entre les deux lames de verre une gouttelette d'un liquide légèrement glycériné , tel que celui du n" 70 ou 71 de notre tableau. ' Il est permis également de procéder à la fermeture directe, lorsqu'on a dissocié dans l'alcool dilué, l'alcool créosoté, ou un liquide tannifère. Au besoin, on éclaircit par l'un des deux liquides glycérinés que nous venons de mentionner. Rien n'est plus facile non plus que de conserver les objets qui ont été dissoci'és dans le vert de méthyle , soit seul soit additionné d'acide osmique : une goutte de la liqueur de Ripart et Petit remplit toujours ce but. On peut aussi se servir de la liqueur Gilson.

d) Le chlorure de calcium , n° 72 du tableau , convient à tous les tissus végétaux adultes, mais la fécule s'y altère. C'est pourquoi on préfère aujourd'hui se servir du liquide n" 6g , qui conserve également bien ces tissus, et respecte en outre les grains de fécule et la chlorophylle elle-même.

Tels sont les principaux liquides conservateurs qu'il convient d'employer dans les cas ordinaires. Pour conserver certains corps, on a recours à des liquides spéciaux : c'est ainsi qu'on conserve les grains d'aleurone dans l'huile de pied de bœuf, ou dans l'huile fine d'horloger, parce que la moindre trace d'humidité les altère. Les globules rouges du sang des mammifères, qui se dissolvent dans le vert de méthyle, dans la liqueur de Ripart et Petit et dans beaucoup d'autres menstrues aqueux, exigent aussi un liquide particulier pour se conser^'er : par exemple, un mélange à parties égales d'une solution d'acide osmique au 1000^ et de chlorure de sodium à 7 pour 1000. Il est du reste assez aisé de trouver soi-même un liquide convenable, quand on a étudié les propriétés des objets à inclure.

B. Pour les matériaux durcis et conservés.

Il est facile de monter les préparations permanentes de ces objets, qu'ils aient été traités, ou non, par les réactifs colorants ordinaires :

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