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PREFACE

Le mot biologie, qui semble avoir été employé pour la première fois par Tréviranus, est loin d'avoir, dans le vocabulaire scientifique, une valeur bien déterminée. Il ne sera donc pas inutile d'en préciser le sens. Ëtymologiquement, il signifierait littéralement « science delà vie »et embrasserait tout ce qui se rattache, de près ou de loin, à l'étude des êtres organisés, c'est-à-dire tout un groupe de sciences, parmi lesquelles serait comprise, par exemple, ranthropologie. G'estdans ce sens encyclopédique, qu'Aug. Comte avait pris le mot « biologie » , auquel nous attacherons, quant ànousjunesignificationbeaucoup plus restreinte. Sous l'étiquette « biologie », nous plaçons seulement l'exposition etla coordination de tous les grands faits et des grandes lois de la vie, à peu près ce qu'on entend d'ordinaire par « physiologie générale » , en appliquant cette dénomination aux deui règnes organiques. Dans ce volume, nous avons seulement t&ché de dire succinctement ce que c'est que la vie et com-

ment les êtres organisés se nourrissent, grandissent, se reproduisent, se meuvent, sentent et pensent.

Môme en nous renfermant dans ce cadre relativement restreint, nous avons eu à considérer, h grouper, à condenser, à classer une masse énorme de faits empruntés à toutes les sciences naturelles. Parmi ces faits nombreux comme les étoiles du ciel et les sables de la mer, nous avons dfi forcément faire un choix et trier autant que possible ce qu'il y avait de plus important, de plus significatif, de plus révélateur.

Nous espérons que les savants spéciaux trouveront dans notre petit travail quelques rapprochements nou- Teaux, peut-Ëlre quelques-unes de ces tocs générales, gui manquent parfois à certains hommes fort distingués d'ailleurs, mais tntp étroitement cantoonésdans tel ou tel district du savoir, comme il wriïc souvent dans ce temps de division & oulmnce du travail scientifique. Kéanmi^ns nous n'écrivons pas pour les hommes du mltier. Nous voudrions surtout être lu par la masse des gens éclairés, que notre système st incomplet dlnstrud^n publique a laissés à peu près dangers à tout ce qui to«ch« à h. bioli^e. En ^i&t, iios meîlleuTs établissements d'instruction secondaire bornent toute leur ambition à 4onaer des notions ïsseï! oom^ètes de physique, des Tiotions fort inown- ]]t%tes de chimie ; mais on s'y arrête beaucoup trop respectueiiMment sur le seuil de la bitdogîe, dont les mystère ne sont accessibles qu'à un petit nombre d'bommes spéciaux. C'est ïà une taenne infiniineat re^rettaMe, infiniment préjudietalile au progrès général. C'est à cause de cette ktcane, que tant d'idées

PBÉTACË. '«l

fauBsea et même funestes cxmtiaueat à trouver dans l'opinion crédit et puissance; c'est pour cela, es grande partie, qœ 1a vraie philosophie ou plutôt la philosophie vraie, celle qui découle directea»eat et légitimement de l'observation et de l'eip^enoe, a tant de difficulté à se frayer un chemïa.

Notre petit livre a pour objet de remédier k cegrawe déficit de connaissances chez des personnes d'ailleurs éclairées. C'est donc une œuvredeTulgarisation. C'est bien à tort, que certains hommes de science trop confinés dans leur ^écialité, et dont l'horizon est borné par les murs de leur laboratoire, prononcent avec dédain ce mot de mi^arifation. Trouver la vérité est sûrement iaire œuvre pie ; mais à quoi servirait la vérité découverte, si l'on ne prenait soin de la propager, de l'iotrodaire dans le patrimoine du savoir commun?

D'autre part, il faut bien l'avouer, les tniTauK de vulgarisation ont été quelque peu discrédités par une foule de publications pseudo-scientiflques, oii l'auteur, se méfiant beaucoup trop de l'intelligence de son lecteur, ou bien ne lui sert la science qu'à dose infinitésimale, ou bien se croît obligé de noyer le fond sous un déluge de mots légers ou plaisants, sacrifiant ainsi au travers h la fois le plus aimable et le plus dangereux de notre caractère national. La science ne mérite son nom, qu'à la seule condition de conserver une certaine noblesse quelque peu austère. Nous nous sommes gardé, quant à nous, de la dépouiller de ce q ui fait sa force et nous croyons que le lecteur nous en saura gré. A notre avis, il n'est pas de personne un peu éclairée, qui, au prix d'un petit effort d'atten-

Coogk

tion, ne puisse lire et comprendre ce livre, et' nous estimons aussi qu'après cette lecture, elle aura acquis sur la biologie des notions suffisamment claires et complètes.

Ce travail n'est point une œuvre de polémique, mais bien un exposé de faits. Pourtant, parmi ces faite, il en est de parlants; aussi, quand nous les avons rencontrés sur notre route, nous n'avons pas hésité & formuler les conclusions ou inductions, qui en découlent. Nous l'avons toujours fait sobrement, brièvement et sans avoir d'autre mobile que l'ainour de la vérité.

Nous désirons que ce volume soit lu, lu avec fruit, et qu'il éveille, chez bon nombre de ses lecteurs, l'amour et le respect de la science, c'est-à-dire de ce qui, dans ces tristes temps, est à la fois un refuge et un espoir,

Gh, Letoubhead.

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