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CHAPITRE IIÏ

LA TRANSFOBH&TION DES rORCBS EK BIOLOGIE.

' Dans ses incessants efforts pour conquérir la vériW scientifique, rhumanité a procédé comme elle l'a fait dans ses conceptions mythologiques. Comme les dieux multiples du polythéisme ont peu à peu cédé la place au monothéisme et au panthéisme, ainsi l'observation a montré que les forces physiques imaginées et invoquées d'abord pour expliquer l'univers, se traneformaient incessamment les unes dans les autres et n'étaient, & vrai dire, que des modes divers d'une force unique. Nous pensons que le langage scientifique gagnerait heaucoup, si l'on en bannissait définitivement ce mot force, qui exprime une conception toute métaphysique, celle d'un je ne tais quoi blotti derriÈre les éléments matériels et les conduisant comme le cavalier guiile son cheval. En somme, il n'y a dans le monde que de la matière et du mouvement, ou plutôt, comme le mouvement n'est qu'un acte de la matière, il y a seulement de la matière en mouvement. Quand on dit, par exemple, que la chaleur se transforme eu électricité, on entend simplement dire que la vibration atomique dite calorifique change de mode et devient la vibration que nous appelons électrique. Quand un corps, tombant librement dans l'espace, est brusquement arrêté dans sa chute par un obstacle et s'Schauffe immédiatement et d'autant plus que sa chute était plus rapide, ce n'est pas une force dite pesanteur, qui se transforme en une autre force dite chaleur, c'est le mouvement de totalité du corps tombant qui se change en un mouvement vibratoire spécial des molécules de ce

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corps, etc. , etc. Tont devient dair, si l'oa Bubslitue le mot mouoemot, qui a an. sens net et précis, au mot force, qui est nébuleux et mêlaphysique.

Le mouvement est essentiel à la maliÈre, et les atomes de tous les corps, aussi bien ceux de l'impalpable élher remplissant l'espace que ceux de nos métaux les plus durs, sont animés de mouvements violents et variés, qui, suivant les modes de leur rapidité, de leur direction, de leur amplitude, etc., etc., produisent sur nos sens des impressions diverses. Mais, comme, au fond, ces mouvements sont essentiellement analogues, ils se transforment très-facilement les uns dans les autres, puisqu'il leur sufDt pour cela de changer de type.

Il nous but ici rappeler les points prîm;ipanx de cette grande doclriae deTunité des forces fondée par le docteur Maytp et qui a révolutionné toute la physique.

Le physicien anglais Joule a démontré que tout corps subissant une violence mécanique, un frottement, un choc, etc., Réchauffe proportionnellement k ta quantité de travail dépensé, c'est-k-dire que le mouvement de totalité qui a ébranlé sa masses'est alors transformé tout entier en vibrations moléculaires calorifiques. On peut donc déterminer exactement Véquivilent mécanique de la chaleur, c'est-à-dire trouver combien de kilogram mètres sont nécessaires pos^r élever de 1 degré la température de 1 kilogramme d'eau. On sait que le kilogrammèlre représente le travail nécessaire pour élever un poids de I kilogramme à 1 mètre de hauteur. Joule trouva que 434 kilc^rammètres étaient nécessaires p^ur obtenir ce résultaL L'équivalent mécanique de la chaleur rapporté à l'eau est donc, d'après ce calcul, 424. Réciproquement, 1 kilogramme d'eau, tombant librement d'une hauteur de 424 mètres et brusquement arrêté dans sa chute, gagnera 1 degré centigrade de température.

TBANSFORSATIOH DES FCttCE» EH BIOLOGIE. S3I D'autre part, on a appelé calorie la quantité'de chaleur . Décessairvpouréleverdti I degrélaVempéralurede 1 kilogramme d'eau.

La calorie équivaut donc eonron i4â4 kilogrammfetres. Hais on démontre faciletaeot, par de très-nombreuses «xpériences, que le mouvement calorifique peut se trMsfonner en mouvement élecbriqae, en mouvement lumineux, en mouvement moléculaire chimique, même en son, comme le prouve la belle expérience des ûammes chantantes. Réciproquement, lous ces mouvements peuvent se métamorphoser en chaleur ou se transrormer l'un dans l'autre. On peut donc ar&rmer théoriquement qu'il y a des équivalents mécaniques de l'électricité, de la lumière, du son, des mouvements moLéculiiirei qui s'effectuent dans les réactions chimiques, et, comme l'équivalent mécanique de la chaleur est connu, il suribait de transformer ces divers mouvements en une quantité de chaleur déterminée, pour avoir leur équivalent mécanique. Ce travail n'a pas encore été fait avec une sufisante précision. CependantlepèreSecchia trouvé approximativement quelft quantité d'électricité qui décompose 106 mi:iigrammes d'eau, peut élever de i degré la température de 38 grammes du même liquide (t). Si done on prenait pour élecirie la quantité d'électricité capable d'élever deO à 1 degré 1 kilogramme d'eau, on verrait, par une simple proportion, que cette quantité d'électricité est celle qui peut décomposer 2«,T 89 d'eau :

0b,I06 : 38;> : IOOOb : x, d'oui ^ ~=2b,789.

Par conséquent, cette quantité d'électricité éqiiivaul & 1 calorie, soit à 421 kilogrammètres.

On conçoit théoriquement la possibilité de détcrmina- : (1) A. SaocU, CVMé dtt forM fhgtiqutt, p. 3SS (1* «dit., 1ST4;.

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