PRÉFACE DE L'AUTEUR
ZES essais biologiques que je présente au publie cultivé sont destinés a développer dans les cercles, même les plus éloignés de la recherche scientifique proprement dite, l'intérêt pour les choses de la Nature. Il ne peut s'agir, ici, de solutions (humées au a- «Enigmes de l'Univers», La Science moderne est plus prudente. Si elle connaît la forée et la valeur de ses méthodes, si elle est Jière de l'œuvre énorme accomplie, elle connaît encore mieux ses déficits. Elle sait que Science n'est pas synonyme Je solution définitive, mais bien plutôt d'ambition Je connaître, de savoir toujours mieux. Le lecteur doit donc s'attendre à plus d'une déception, en plus de âelles que vous laisse, après lecture, le titre alléchant d'un ouvrage. Parmi les plus sensibles, pour lui, il y aura sans doute celle qui résulte de celle constatation que, malgré la science de leurs Instituts et de leurs laboratoires, tes savants sont encore si peu d'accord sur les questions fondamentales d'origine et de finalité, allais, si le lecteur veut bien consentir à suivre l'auteur de cet ouvragé dans le détail des faits, il ne pourra s'empêcher d'être saisi d'admiration devant cette Nature si riche et si accueillante. Si riche, parce que jamais l'investigation scientifique n'épuise le trésor qui est en elle et qui paraît grandir. à mesure qu'on l'exploite. Si accueillante, parce que, malgré tout, elle donne à celui qui la consulte plus qu'il n'aurait osé espérer.
Et si, chemin faisant, le lecteur s'aperçoit que telle théorie qui, hier encore, recueillait tous les suffrages, semble aujourd'hui devoir être définitivement abandonnée, il n'y verra point, comme on l'a prétendu, une faillite de la science, mais le triomphe du bon sens sur la superstition.
La biologie proprement dite est une science relativement neuve. Trop longtemps la botanique et la zoologie se sont bornées à établir de compendieux catalogues, des systèmes habillés (tans un apparat bibliographique parfois plus pédant qu'instructif. El cependant, les savants deé XVIT et XJ^IIT siécleé, Aldrovandi, Spallanzani, Bonnet,
Buffon //// même, étaient déjà attentifs aux faite biologiques, décrivant avec soin, avec intelligence, les mœurs des animaux. Un Rousseau lui aussi, dans ses lettres sur la botanique saisit bien tout l'intérêt qu'il y a a suivre la plante dans ses vicissitudes au milieu de la nature. Le genevois P. Vaucher, après de belles études sur les Conferves, inaugure la biologie végétale par son Histoire physiologique des plantes d'Europe. Mais déjà Sprengel et Kœlreuter l'avaient précédé en étudiant la biologie des fleurs.
/liais c'est a l'école anglaise du XIXe siècle que nous devons le renouveau de la biologie. Darwin dans son « Voyage autour du Monde », Wallace en publiant son « Tropical life », Th. Belt avec son « Naturaliste au Nicaragua » et « last not least », Bâtes en faisant connaître dans deux beaux volumes la vie des plantes et des animaux de l'Amazonie, ont donné une impulsion puissante a ce genre d'études.
Malheureusement, depuis lors la biologie, dominée par la théorie trop exclusive du transformisme, a glissé sur la pente fatale de la scolastique évolutionniste. Ceci a provoqué une réaction qui se dessine puissante actuellement et qui demande qu'on substitue aux explications finalistes des néo-darwiniens des descriptions rigoureuses reposant sur la connaissance mécanique des relations de cause à effet. Toute une branche intéressante de la botanique s'est ainsi développée, celle de la morphologie expérimentale.
Dans cette dernière, on établit la dépendance de la forme avec le milieu, on montre que la lumière, la chaleur et les autres causes physiques impriment, chacune pour elle-même ou en combinaison les unes avec les autres, un certain faciès aux organes, à la plante entière. Cela est bien et on ne saurait assez expérimenter. Mais il n'en reste pas moins que, pour le moment, la description exacte des dépendances de l'organisme vis-à-vis du milieu et l'action formatrice, morphogène de ce dernier ne permettent pas de comprendre les faits extrêmement nombreux et variés d'adaptation ou de structure qui nous paraissent comme calculés pour atteindre un certain effet. Le naturaliste est donc contraint ou de refuser de voir ces merveilleuses coïncidences ou, les constatant, de renoncer provisoirement à les expliquer, c'est-à-dire à en donner la causalité.
L'auteur du présent ouvrage est bien de cet avis qu'une science saine ne peut accepter comme démontré que ce qui peut être répété à