AVANT-PROPOS
C’est pour moi un devoir de reconnaissance, — bien plus, de stricte équité, — et non pas, certes, une formalité banale dictée par l'observation étroite de la tradition, que de remercier, en tète de ce modeste travail qui représente une thèse de doctorat, les maîtres auxquels je dois mon instruction médicale.
Que mes maitres de la marine, de Toulon et de Bordeaux. reçoivent les premiers l'hommage de ma gratitude. En eux j'ai trouvé des maitres intelligents et capables et, en la plupart, des chefs pleins de douceur et de bonté, toujours prêts, je le sais, à descendre modestement du rang que leur ont conféré la hiérarchie et leur valeur personnelle et à se montrer à leurs élèves tels que des camarades ainés : serviables el dévoués. Profondément touché par cet excellent esprit de saine camaraderie et de simple cordialité, je ne saurais mieux faire, pour les en remercier, que de leur citer ici ce mot de La Bruyère : « La modestie est au mérile ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief. »
Dans une Faculté de médecine aussi réputée que celle de Bordeaux, ce serait une vérité banale de dire que j'y ai rencontré des professeurs éminents par leur savoir, et une louange bien superflue que de rendre mon faible hommage à leur mérite. Mais je dois ici remercier particulièrement ceux de mes maitres qui, durant le cours de ma vie d'étudiant, m'ont témoigné leur intérêt et leur sympathie. Ce sont :
M. le Professeur Viault, qui a bien voulu m'admettre, étudiant inconnu, dans son laboratoire : j'y ai recueilli les quelques
L'an
notions d’histologie pratique que je possède et, avec elles, la méthode et le goût de cette science si peu connue généralement des étudiants, mais qui, nonobstant son apparente aridité, n’en constitue pas moins, avec l'anatomie, le substratum véritable, la base solide et ferme de tout notre édifice médical ;
M. le Professeur Régis, dans le service duquel j'ai eu le bonheur d'accomplir un stage ; il a toujours su, par sa science profonde du cerveau humain, par son érudition étendue, agréable et jamais pédante, par sa parole et son style pleins d'élégance et de clarté, captiver l’attention et le zèle de ses élèves; de même que, par son exquise délicatesse et son cœur excellent, il a su conquérir leur respect et leur affection :
M. le Professeur agrégé Lagrange, dont il est presque superflu pour moi de faire l’éloge, tant son enseignement si vivant et si pratique est connu et justement apprécié des étudiants en médecine bordelais; cette méthode d’enseignement jointe à une parole expressive, pittoresque et agrémentée de métaphores saisissantes et toujours justes, fait de l’ophtalmologie une science aimable et attrayante ; de plus, il a bien voulu, avec une bonne grâce charmante, mettre à ma disposition les ressources. de sa bibliothèque personnelle pour la confection de cette thèse inaugurale ;
Enfin M. le Professeur agrégé Cabannes, auquel je dois de m'avoir suggéré l’idée de ce travail: je veux, en terminant,
adresser un souvenir ému et reconnaissant à ce jeune maître, dont j'eus le plaisir d’être l’élève à l'hôpital des Enfants; sa science et son talent me l'ont fait connaître ; son accueil affable et sympathique, son franc parler simple et familier me l'ont fait aimer.
Enfin, que l’éminent professeur qui veut bien me prêter l'autorité de son nom pour la présidence de cette thèse, — j'ai nommé M. le Professeur Badal, — daigne en agréer l'hommage avec mes sentiments de respectueuse gratitude.
Bordeaux, le 13 décembre 1906.