‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 139 sur 221 · LE GÉNÉRAL CASTELNAU : GENTILHOMME ET EMPEREUR · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL CASTELNAU : GENTILHOMME ET EMPEREUR

Nous avons dû hier sacrifier une partie de notre extrait de la Gazette de Lausanne, relatif à la belle défense de Verdun. Les raisons, parfaitement légitimes, qui nous étaient données et auxquelles nous nous sommes rendus de grand cœur, ne s'étendaient

1. Non, Foch était lani,'uedocien. Nos lecteurs de là-bas me l'écrivirent et, sans être trop contredit, je pus observer que son nom signifiait feu dans le dialecte local. Le général Feu, le beau nom ! Mais c'est peut-être aussi fouque, oiseau de mer.

en aucune façon à quelques lignes tombées par erreur et que nous rétablissons aujourd'hui. La Gazette de Lausanne, organe démocratique et libéral d'une nation neutre, opérait hier un rapprochement qui vaut la peine d'être recueilli pour l'éclat légitime qu'en recevront les armes françaises :

« L'empereur d'Alle.magne, qui était venu assister à la prise de Verdun, comme il était venu en 1914 assister à la prise de Nancy, trouva en face de lui ce même général qui, victorieux sur le Grand Couronné, devait une fois de plus tenir en échec la grande ruée des troupes impériales. j>

Ah ! l'on peint à Lausanne de beaux tableaux d'histoire : cet empereur allemand, roi de Prusse, ramené de Verdun comme il avait été ramené de Nancy par un bon gentilhomme du Rouergue français, cela fera plaisir à tous ceux d'entre nous qui ont la notion, le sens des hiérarchies de l'histoire, eussent-ils (comme c'est mon cas, je l'avoue) tous les vieux préjugés de leur classe moyenne.

Un homme a les humeurs de sa classe et de sa région; mais, baste, la France avant tout! Pinson y songe, plus cela fait de plaisir, et plus il est sage, raisonnable et satisfaisant pour l'esprit de ruminer cette vision du germanique et faux César, défait et déconfit, aux ravins de Verdun, commue aux mamelons du Grand Couronné, par cette même main élégante, rapide et souple d'un chef de la vieille race des Castelnau qui servaient déjà brillamment notre France au siècle qui n'avait pas entendu parler de hobereaux souabes répondant au nom obscur de Hohenzollern.

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