‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 160 sur 221 · L'HISTORIEN HENRI PIRENNE · texte numérisé non relu

L'HISTORIEN HENRI PIRENNE

Mais ramiisant serait que ce salaire fou eût été versé en échange d'un service fictif et que Vigo eût ajouté à sa carrière de voleur une escroquerie policière....

D'après Vigo, Vigo, en août 1914, serait parvenu à faire entendre raison aux anarchistes individualistes. Leur organe direct, Ce qu'il faut dire, dont M. Sébastien Faure est le rédacteur en chef, ne paraît pas prendre au sérieux cette vanterie de Vigo.

Sans doute, Vigo s'est vanté, mais pas trop. De leur côté, les anarchistes n'avaient pas la moindre envie de s'insurger contre la défense nationale, qui paraissait inévitable devant l'agression. De son côté, Vigo est venu dire : — Vos [ou tes] anarchistes, je les connais, ce sont des frères, je vais leur parler....

Il alla, en effet [ou envoya quelqu'un], leur dire : — Je connais le ministre... je lui ai parlé, il ne vous fera aucun mal....

11 ne fut fait de mal ni aux uns ni aux autres. Mais il fut fait du bien à Vigo, voleur anarchiste : une exacte connaissance des deux partis, dont chacun claquait un peu des dents à la pensée de l'autre, lui procura des titres à la gratitude de tous les deux. Les anarchistes paraissent s'être ressaisis les premiers : ils s'aperçoivent qu'on a fait fortune sur leur dos. A quand le même retour de bon sens et de sang-froid lucide du côté de l'État ?

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