‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 65 sur 221 · MACHINE EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

MACHINE EN ARRIÈRE

Au regard du salut public, dans l'intérêt de la victoire la plus prompte, de telles considérations sur la nature des assemblées porteraient à conclure quil importe de se défaire de leur règne. Mais, à cette pensée, des intérêts se dressent, intérêt de parti, intérêt personnel, intérêt de régime. C'est pourquoi, à peine cette vérité entrevue, une partie de la presse se jette au-devant d'elle pour la masquer tant bien que mal, tandis qu'une autre s'efforce de lancer dans une autre direction le cours de l'esprit public. A ce jeu se distingue naturellement le plus grand journal de la République. Il a émis mercredi soir quelques jugements justes. 11 a fait au même numéro (Temps daté du a février) un rapport sur le scandale de mardi, chef-d'œuvre de véracité et de justesse. Ainsi la leçon est lâchée. Elle n'est pas plus tôt sortie de ses presses surprises que le Temps se met à trembler que de cette vérité partielle les Français ne viennent à dégager quelque chose de général. Il se hAte donc d'apporter hier jeudi on ne sait quel fade balbutiement d'excuse ou de rétractation, fondé sur ce qu'il existe, dit-il, en France « des éléments disposés à la critique sévère et auxquels les moindres erreurs fourniraient Voccasion de manifestations qui pourraient troubler à la longue

la conscience nationale. » Ce scandale parlementaire continu, de moindres erreurs\ Je signale cette reculade et ce coup d'épongé aux Français qui seraient curieux de savoir comment une presse désintéressée du bien public, intéressée au mal public, sous le masque républicain, s'efîorce de leur faire perdre jusqu'au fruit des épreuves les plus honteuses infligées par les institutions et malgré les hommes au service de la patrie.

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