‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 76 sur 221 · LA COMPETITION · texte numérisé non relu

LA COMPETITION

Il faut sentir que le mal réside dans la souveraineté élective, dans l'élection du souverain. On ne changera pas grand'chose, ni même rien, au mal, en se bornant à faire prendre les ministres hors du Parlement : est-ce que Marie-Georges Picquart était du Parlement? Et M. Hanotaux, quand il nous mena à Berlin par la voie de Kiel?... On risque d'aggraver le mal en faisant plébisciter le chef de l'État. Le régime du plébiscite, c'est le régime de Sedan : que Barrés accorde à la mémoire de notre commun ami Léon de Montesquiou une seconde lecture de ce beau livre, « 1870 ■», qui vient d'être réimprimé : il y verra quelle politique des ministres « responsables devant le chef de VÈtal » peuvent infliger à la France! La politique militaire de ce régime de République parlementaire n'était certes pas suffisante, mais elle était bien supérieure à celle de la démocratie élective de Napoléon III, deux ou trois fois plébiscité : comme ses résultats g'uerriers, 1914, 1915, 1916 passent les résultats guerriers de l'empire libéral en 1870. Ce n'est pas la pluralité des chefs qui est le pire des maux politiques, c'est (monarchie ou polyarchie) le gouvernement électif, avec la compétition qui en est l'àme.

Soyons francs. Écrivons comme nous parlerions. Je le demande à Barrés, à Capus, à tous les gens informés, est-ce que ce n'est pas une question de compétition de personnes, c'est-à-dire, au fond, une crise de souveraineté {summus^ le plus haut, le pre-

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