SCENE vixx
JEANNE, seule, puis MARGUERITE.
JEANNE
La chanson du ménélrier, a-l-il dit I. . . celle qu’il nous chantait h ma fùte, il y a huit jours.. (A/uitytu à l'orchestre pendant qu’elle récite, le couplet.)
EU* revient frapper à la cluwnière,
M»i* pour toujours elle e»t dé»erte, hélas t Crut qui faimaianl sont loua au cimetière.
SJa pButre enfant, il» ne t'ouvriront pas] •
(La musique unie achève fait.) •
Oui, oui... [Elle tombe à genoux.) Oh I* merci, mon Dieu, merci, vous m'avez inspirée.
marguerite, entrant, elle court à elle et la relève.
Jeanne, mon eufant, qu’as-lu?
JEANNE
Ma mère, je demandais pardon -à Diou de vous avoir fait de la peine pendant huit grands jours.
MARGUERITE
De la peine?... Oui, un peu, parce que je te voyais triste; mais si lu no l’es plus, je vais être joyeuse tout de suite.
JEANNE
Oh! combien vous êtes bonne... Tenez, laîsscz-moi vous embrasser. [Elle reinbrosse.) Ça me fait du bien. . il me semble que j’ai été séparée do loi pendant bien longtemps.
Allons, essuio ces larmes qui brillent aux bords do tes grands cils» méchante.
Jeanne, souriant.
Tu m’aimes donc encore ?
MJtneoiiuTt.
Est-ce queçase demande?. . .Tiens, fais-moi toujours du cha-
grin... t’es si câline quand tu veux te fai re pardon ner... F.h bien! auoi donc! encore une grosse hume?... Heureusement que j’ai la de quoi changer ta tristesse en joio.
JEANNE
Qu’es t-ce que c’est donc?
MARGUERITE
C'est uno surprise... ferme les yeux.
JEANNE
Moi?
MARGUERITE
Ferme les yeux, que je le dis... tu vas voir. (Elle a mis le fauteuil au milieu de la chambre.)
jeanne ferme les yeux et met set mâins devant.
Voilà.
MARGUERITE
Tu ne triches pas, au moins ?
Non. (Elle relire la main, Marguerite s'en aperçoit.)
marguerite, près de l'armoire.
Ahl tu vois bien que tu triches.
Jeanne, met ses tnaihs devant ses yeux.
F.h bien! cst-co fait?
marguerite.
Attends donc, tout à l’hcuro.
Marguerite, retirant de rarmoire la robe qu'elle étal* sur le fauteuil, et s'asseyant près de la table.
Là... Maintenant ouvre-les... bien grands.
jeanne, regardant. •
Ah!... la jolie robe!.. . mais c’est la vôtre, ma mère. marguerite.
Celle avec laquelle jo mo suis mariée.
JEANSE.
Celle qui, toute petite fille mo faisait, si fort battre le cœur, quand vous me disiez : Quand tu seras grande et bien sago, elle sera pour toi.
margVeritb.
Justement... eh bien! la voilà.
JEANNE
Mais elle no m’ira jamais.
MARGUERITE
Tu crois ça... eh benl lu vas voir. (Elle enlère la robe de Jeanne et Impasse l'autre.) Tiens !... [Jeanne se regarde dans la glace, à droite.) Regarde-toi.
jeaNNR, te «itratif et sautant de joie.
Ahl c’est ça... c’est ça... («SVjrrftant.) Mats alots... celle fatigue que je lisais sur votre froid depuis quelques jours...
MARGUERITE
Moi... tu te trompais.
jeanne, avec des larmes dans la voix.
Oh ! ma mère... vous passiez vos nuiis à embellir votre fille. Tenez, laissez-moi m’agenouiller devant .vous. {Elle veut se mettre à genoux, Marguerite l'attire sur son sein.)
MARGUERITE.’
Jeanne ... mon enfant... tu pleures.
Oui, mais ce sont des larmes de joie... (à part) des larmes de repentir.
toutes LE 3 boisiIres, au lointain el criant.
Jeanne! Jeanne!
Marguerite, fui mettant sa capuche.
Dépêchons-nous ! dépêchons- nous! il ne faut pas les faire attendre...