SCÈNE III
ARTHUR, GROSLAIT.
GROSLAIT, entrant* Bonjour, cher ami.
ARTHUR
Bonjour, Baron. Je pensais à vous. Comment va madame?
GROSLAIT.
Très-bien. . Vous la verrez à l'Opéra; car ça tient toujours? nous y allons ensemble?
ARTHUR
Sans doute ; il faut bien que vous fassiez connaissance avec ma nouvelle famille.
GROSLAIT, un peu piqaë.
Il est temp?,.. le jour du contratl... On dirait que vous vous êtes caché de nous...
ARTHUR
Quelle idéel... C'est mon notaire qui a traité cette affaire... je ne m'en suis pas du tout occupé.
GROSLAIT.
Je ne vous en veux pas... et la preuve, c'est que j'ai été louer la loge... que je mets aux pieds de la future...
ARTHUR
C'est d'une galanterie...
GROSLAIT.
Voilà comme je me venge... C'est Henriette qui vous l'enverra.
Madame... Pourquoi?
GROSLAIT.
Voilà... Ce matin elle ne se doutait de rien... alors je lui ai montré votre biliet de faire part, en lui disant : Devine un peu qui est-ce qui se marie... je parie dix louis que tu ne devines pas... Elle m'a nommé un tas de noms, et celui-ci, et celui-là, tout Paris, jamais vous... Ça m'a bien amusé.
ARTHUR, inquiet.
Enfin?...
GROSLAIT.
il a fallu lui dire.
ARTHUR
Ah! alors?...
GROSLAIT.
Ah! dame I alors, elle a été furieuse.
ARTHUR, vivement.
A cause des dix louis...
ARTHUR
LA BOITE A BIBI if
GKOSLAIT.
Oui... Et puis elle a trouvé comme moi que vous auriez pu nous consulter Que diable! entre amis... Au.-si, quand je lui ai p;itié de venir ce soir à l'Opéra po ir faire connaissance avec volrn future, si vous l'aviez entendue... i< Jamais de la viel 11 ne manquerait plus que ça! » Je ne l'avaij jamais vue si exaltée... positivement, ça lui a fait quelque chose.
Je suis désolé... je vous assure.
GROSLAIT.
Ça ne sera rien... Je l'ai raisonnée... Elle a fini par comprendre.
Vous êtes sûr?
GROSLAIT.
Sans doute!... 11 est même convenu que c'est elle qui vous enverra le coupon... avec un petit moi de félicitaiion.
ARTHUR
Ah ! c'est trop !...
GROSLAIT.
Mais non... dans le fond, elle vous aime bien. Ah ! ça, maintenant, convenons... à quelle heure viondrez-vous à l'Opéra ?
ARTHUR
Le plus tôt possible... J'ai du monde à dinar.
GROSLAIT.
Votre nouvelle famille.
ARTHUR, riaol.
GROSLAIT.
Au contraire.
Comment ?
Mes anciennes amies. , mes petits remords.
10 'A BOITE A BTBI
GROSLAIT.
Ah ! ah I l'enterrement de rigueur.
ARTIIUn.
Oui... Et vous êtes prié d'y assister. Où dînez- vous ?
GUOSLAIT.
Au cercle...
ARTHUR
Dînez ici...
GROSLAIT.
Avec des impures... jamais!
ARTHUR
Ne dites donc pas ça... on vous connaît; vous faites vo^ coups en dessous, en sondeur.
GROSLAIT.
C'est une calomnie! (ChangeaDt de ton.) Est-ce qu'ils sont gentils, vos remords ?...
ARTHUR
Restez ; vous le verrez. Il y en a au moins un que vous devez connaître... Vérandali !
GROSLAIT.
La chanteuse. . . Du tout.
Allons donc! elle vient d'eniinénager dans votre maison.
GROSLAIT, vivement.
Pas dans le même escalier.
ARTîIUR.
Vous voyez bien que vous la connaissez !
GROSLAIT.
Oii f je l'ai aperçue de loin.... sur son balcon, qui fait suite au mien... une fois à peine... El elle va venir?
ARTHUR
Je l'attends.
GROSLAIT.
Elle est de r(MU"r: rnir;.r'
LA LOITE A filBI H
ARTHUR
Bien entendu...
GROSLAITj se décidant.
Vous avez besoin de quelqu'un pour conduire le deuil. Je reste !
ARTHUR
A la bonne heure !
GHOSLAIT.
Seulement vous n'en direz rien à ma femme.
Soyez donc tranquille... (Bruit au dehors.) Ah ! voici déjà des invitées. Allons baron, saluons leur entrée.