‹ La bombe glacée; saynette comique en un acteChapitre 6 sur 7 · LES MÊMES.— UN C}END.\RME · texte numérisé non relu

LES MÊMES.— UN C}END.\RME

LE GKNDUE

Un gendarme ! un gendarme ! {Le gendarme parait) Un anarchiste !

LE GENDARMl.

Où ?

LE GENDRE

Dans ce wagon.

LE GENDARME, à l'adjoint qui prend ses paquets.

Vous avez vos passeports, vous ?

l'adjoint Hein ?

LE GENDARME

Vos passeports !

l'adjoint

Mais, je vais pas à l'étranger.

LE GENDARME

Qu'est-ce que vous avez-là ?

l'adjoint Ca, c'est la bombe.

LE GENDARME

El ça.

l'adjoint La marmite.

LE gendarme C'est un flagrant délit {il lui met la main sur Pépaule), Au nom de la loi, je vous arrête.

l'adjoint, ahuri.

Comment, il m'arrête !

LE gendarme, lui mettant les menottes.

Suivez-moi.

l'adjoint, abasourdi.

Les menottes !

LE gendarme

Maintenant, descendez. Je me charge des engins. (// prend les paquets avec précaution.)

l'adjoint, au comble de la surprise.

Mais, je rêve, moi.

LE gendarme Si ça pariait !

LE GENDRE, ûu vétérinaire.

Papa n'est donc pas dans le train ? {Reconnaissant Vadjoint) Mais le voilà, avec des menottes !... Qu'est-ce qu'il y a donc, papa ?

l'adjoint

Ah ! mon fils, tu serais bien bon de me le dire. [Ils s'embrassent.)

LE GENDARME

Vous le connaissez ?

LE GENDRE

Je crois bien : c'est mon père.

LE VÉTÉRINAIRE

Vous l'embrassez ?

LE GENDRE

Pourquoi pas? C'est mon père.

C'est l'anarchiste.

l'adjoint, à son fils.

Mais tu le connais, ce vieux ?

LE GENDRE

C'est mon beau-père.

l'adjoint

Mon pauvre garçon, mais il est fou.

LE vétérinaire

Et la bombe ?

l'adjoint

Mais c'est une bombe glacée pour le repas de noce.

LE gendahmk lu la marmite ?

l'adjoint

Mais c'est un consomme d'os de dindes truflécs. {Montrant le panier.) Et ça un tilci <\c cochon.

LE GENDARME

C'est dommage !

l'adjoint Comment, dommage ?

LE GENDARME

Si j'avais arrêté un anarchiste, j'aurais eu la médaille militaire.

LE VÉTÉRINAIRE, à Vadjoitlt.

Monsieur, mes excuses.

l'adjoint Je vous pardonne.

LE gendre En voilà une entrée en ménage ?

l'adjoint

Console-toi, va. Je ferai sauter ton beau-père au son non pas de la dynamite, mais au son du violon.

LE VÉTÉRINAIRE

C'est, sans doute, ce qu'a voulu dire la somnambule, car elle ne se trompe jamais. La preuve.

l'adjoint, s'adressant au gendarme (sur l'air : Rende:{-moi

mon cochon.)

Rendez-moi mon cochon, s'il vous plaît.

Voulez-vous me le rendre ?

{Le gendarme rend le panier),

LE VÉTÉRINAIRE, (sur Tair : Oest ta poire.)

C'est la bombe, la bombe, la bombe.

C'est la bombe qu'il nous faut, oh ! oh ! oh ! oh ! {Le gendarme rend la bombe.)

LE GENDRE (sur l'air : Ne parle pas^ Ernest.)

Ne gardez pas la marmite, s'il vous plaît. Monsieur le gendarme, voulez-vous nous la rendre ? [Le gendarme rend la marmite.)

LE GENDRE, au gendarme.

Nous vous invitons au repas de noce.

LE GENDARME

J'accepte.

(Sur l'air des Pioupious d^ Auvergne.) On trempera la soupe dans la grande marmite.

(Tous), Il faudra manger. On ne se passera pas de ce troupier.

Taris. — Imprimerie d. Picquoin, 53, Rue de LiU«.

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