LES MÊMES.— UN C}END.\RME
LE GKNDUE
Un gendarme ! un gendarme ! {Le gendarme parait) Un anarchiste !
LE GENDARMl.
Où ?
LE GENDRE
Dans ce wagon.
LE GENDARME, à l'adjoint qui prend ses paquets.
Vous avez vos passeports, vous ?
l'adjoint Hein ?
LE GENDARME
Vos passeports !
l'adjoint
Mais, je vais pas à l'étranger.
LE GENDARME
Qu'est-ce que vous avez-là ?
l'adjoint Ca, c'est la bombe.
LE GENDARME
El ça.
l'adjoint La marmite.
LE gendarme C'est un flagrant délit {il lui met la main sur Pépaule), Au nom de la loi, je vous arrête.
l'adjoint, ahuri.
Comment, il m'arrête !
LE gendarme, lui mettant les menottes.
Suivez-moi.
l'adjoint, abasourdi.
Les menottes !
LE gendarme
Maintenant, descendez. Je me charge des engins. (// prend les paquets avec précaution.)
l'adjoint, au comble de la surprise.
Mais, je rêve, moi.
LE gendarme Si ça pariait !
LE GENDRE, ûu vétérinaire.
Papa n'est donc pas dans le train ? {Reconnaissant Vadjoint) Mais le voilà, avec des menottes !... Qu'est-ce qu'il y a donc, papa ?
l'adjoint
Ah ! mon fils, tu serais bien bon de me le dire. [Ils s'embrassent.)
LE GENDARME
Vous le connaissez ?
LE GENDRE
Je crois bien : c'est mon père.
LE VÉTÉRINAIRE
Vous l'embrassez ?
LE GENDRE
Pourquoi pas? C'est mon père.
C'est l'anarchiste.
l'adjoint, à son fils.
Mais tu le connais, ce vieux ?
LE GENDRE
C'est mon beau-père.
l'adjoint
Mon pauvre garçon, mais il est fou.
LE vétérinaire
Et la bombe ?
l'adjoint
Mais c'est une bombe glacée pour le repas de noce.
LE gendahmk lu la marmite ?
l'adjoint
Mais c'est un consomme d'os de dindes truflécs. {Montrant le panier.) Et ça un tilci <\c cochon.
LE GENDARME
C'est dommage !
l'adjoint Comment, dommage ?
LE GENDARME
Si j'avais arrêté un anarchiste, j'aurais eu la médaille militaire.
LE VÉTÉRINAIRE, à Vadjoitlt.
Monsieur, mes excuses.
l'adjoint Je vous pardonne.
LE gendre En voilà une entrée en ménage ?
l'adjoint
Console-toi, va. Je ferai sauter ton beau-père au son non pas de la dynamite, mais au son du violon.
LE VÉTÉRINAIRE
C'est, sans doute, ce qu'a voulu dire la somnambule, car elle ne se trompe jamais. La preuve.
l'adjoint, s'adressant au gendarme (sur l'air : Rende:{-moi
mon cochon.)
Rendez-moi mon cochon, s'il vous plaît.
Voulez-vous me le rendre ?
{Le gendarme rend le panier),
LE VÉTÉRINAIRE, (sur Tair : Oest ta poire.)
C'est la bombe, la bombe, la bombe.
C'est la bombe qu'il nous faut, oh ! oh ! oh ! oh ! {Le gendarme rend la bombe.)
LE GENDRE (sur l'air : Ne parle pas^ Ernest.)
Ne gardez pas la marmite, s'il vous plaît. Monsieur le gendarme, voulez-vous nous la rendre ? [Le gendarme rend la marmite.)
LE GENDRE, au gendarme.
Nous vous invitons au repas de noce.
LE GENDARME
J'accepte.
(Sur l'air des Pioupious d^ Auvergne.) On trempera la soupe dans la grande marmite.
(Tous), Il faudra manger. On ne se passera pas de ce troupier.
Taris. — Imprimerie d. Picquoin, 53, Rue de LiU«.