CAP BRETON
” Il nous semble que la dévotion à sainte Anne a commencé dans la Nouvelle-France avec la Nouvelle-France elle-même.
‘ Ce qui est certain, c'est que, dès 1629, elle s'aflirmait par un fait—un fait important, le premier que l’histoire puisse en trer, mais non le premier que la dévotion elle-même ait dû produire. Nous faisons ici allusion au Fort Sainte-Anne construit, cette année-là, au Cap- Breton.
Nous lisons dans les Relations des Jésuites, pour l’année 1635 : “ Le Chibou, principale partie de l’île du Cap-Breton, est une grande bis d'environ deux lieues de large, qui va peu à peu s'estrecissant le long de six ou sept lieues, qu’elle comprend sur le milieu à main gauche en montant; au haut de la coste qui regarde le Norouëst, est basti le fort de Sainte-Anne, à l'entrée du port, vis-à-vis d’une petite anse.”
1 Le Culte de Sainte Anne en Amérique, ou Sainte-Anne de Beaupré
fiation dans le Nouveau-M. nd in-8° pages, SU . A Lg D a I VS a dépôt es LC Ge Tue, bare
Aussitôt Daniel, à la tête vingt-trois hommes, s'empara du fort de Stuart, le rasa et en fit la raison prisonnière. Puis il se rendit à l'entrée
e la rivière Chibou où il construisit un autre
etc., etc., et y laissa une garnison de trente-huit hommes, outre deux Jésuites. II repartit pour la France le 20 novembre 1629, amenant avec lui ses prisonniers anglais, e
Les deux Jésuites, le P. Vincent, compagnon de voyage de Daniel, et le P, ro qu'un naufrage avait jeté sur les côtes du p-Breton, donnèrent à ce fort, en même temps qu'à la chapelle attenante, le nom de Sainte-Anne. Ils mettaient ainsi sous la protection de la grande thaumaturge l'endroit du Canada le plus exposé aux incursions de l'ennemi.
À l’année 1639 remonte un des premiers convois réguliers de jeunes filles que Paris ait dirigés sur la colonie du Canada, en vue de peupler ce nouveau pays. Le Mercure français, journal officiel de l'époque, raconte en quelles circonstances fut nv cet envoi. Pour l'honneur de notre histoire, et pour l'honneur de notre Sainte, nous recueillons ce précieux fragment :
“ La piété n’a point de bornes, elle s'étend audelà des mers et va jusqu'aux extrémités de la terre. Quantité de religieux étant partis les années pas pour amener les sauvages du Canada à la connaissance de leur Créateur, le grand fruit qu’ils y ont fait, a donné envie à plusieurs personnes de contribuer à ce charitable dessein, et pour ce sujet, l’on tire tous les ans un assez bon nombre de filles de l'hôpital Saint-J oseph du faubourg Saint-Germain de Paris, pour peupler ces terres désertes. Une si sainte coutume ayant donc fait choisir trente-cinq ou quarante
es dans cet hôpital, pour les envoyer à Dieppe, et les faire embarquer sous la conduite d'un ca. pitaine nommé Bontemps, la fondatrice des Ursulines, veuve du sieur de Touvois la Freté, voulut témoigner le zèle qu'elle avait pour la gloire de Dieu; elle entreprit la conduite de toutes ces filles, leur associa quelques-unes de ses religieuses, avec intention de leur faire bâtir un couvent en ce pays-là, et pour appuyer ce dessein, alla trouver la reine à Saint Germain Pour recevoir ses commandements. Elle avait espéré un bon accueil do cette sage et grande ps elle ne fut pas trompée en son opinion.
Majesté approuva son dessein, loua son courage et sa piété, lui promit que sa libéralité secondera ‘ardeur qu'ell, faisait paraître, et té-
moi vouloir que l'Eglise qu'elle bâtirait en rer CONSAORÉE à SAINTE ANNE
nr partit de Dieppe. le 15 du mois de mai 1639).”
N'est-co pas doux plaisir de voir la bonne Sainte accompagner ainsi la lointaine expédition, et prendre place par avance au berceau même
es premières familles canadiennes ? x