‹ La bonne sainte, ou, L'histoire de la dévotion à Sainte Anne [microforme]Chapitre 37 sur 42 · LE · texte numérisé non relu

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Deux autres souvenirs de ce passé lointain ce rattachent aux plus beaux noms de notre his-

toire : au chevalier d’Iberville, et à mademoiselle de Bécancour.

Ecoutons Laure Conan :

“ Le vaillant, toujours victorieux, disait avoir reçu des faveurs signalées de la bonne sainte Anne. Etait-ce pendant ses courses aventureuses à travers la Louisiane, ou pendant sa merveilleuse carrière de marin, que la patronne des Canadiens avait étendu sur lui sa main protecair I M li

“Je l'ignore. Mais j'ai vu avec un singulier plaisir né donné par le l4ros . les exploits seraient invraisemblables dans un roman. t “ Ce crucifix d'argent massif et d’un beau travail, porte gravé: Donné par d'Iberville, et la date 1700. Jusqu'à ces années dernières, il ornait le tabernacle du maître-autel.

“ L'ex-voto de mademoiselle de Bécancour se conserve dans la vieille église. C'est un tableau où elle s’est fait peindre aux pieds de la bonne sainte Anne.

“ Fille du baron Robineau de Bécancour, riche et puissant seigneur de Portneuf, Marie-Anne avait été l’une des habituées du château Saint- Louis, et très entourée, très adulée par les élégants du jour.

“ Avant d'entrer au monastère des Ursulines, en 1689, elle vint ici mettre sa vie religieuse sous la protection de la Sainte à miracles.

“ Elle est peinte à genoux, les mains jointes. Sa robe grise très simple tombe autour d'elle en larges plis. Un léger bonnet de dentelle couvre à;demi ses beaux cheveux blonds, coupés courts et bouclés tout autour de la tête. Dans le regard qu'elle lève vers sa céleste patronne, il y a une expression d'ardente supplicati

“Mais ce pur et profond regard avait déjà nétré bien Le choses, et l’on sent que la noble lle & préféré sans peine aux réalités les plus séduisantes les promesses de la foi.” LE DÉVELOPPEMENT DU CULTE Mademoiselle de Bécancour mourut le jour de sainte Anne, 26 juillet 1743, A cette époque, c'est-à-dire un siècle après la fondation de la eg chapelle de Beaupré, le culte de la into s'était déjà répandu dans toute la Nouvelle-France et jusque dans le Pays qui devait plus tard former les Etats-Unis,

A l'année 1647 se rattache la fondation de la chapelle Sainte-Anne dans l'église de Québec, et l'abbé Casgrain a écrit à ce propos :

“Après l'incendie de la chapelle de Notre- Dame de Recouvrance, lorsqu'on commença, en 1647, la construction de l'église paroissiale de Notre-Dame de Québec, qui peut être considérée comme la première église bâtie en Canada (car avant cette époque, on n'avait guère élevé que de petites chapelles), les missionnaires Jésuites, qui remplissaient les fonctions curiales, obéissant autant à leur prop: e dévotion qu'aux vœux des paroissiens, consacrèrent une des chapelles de la nouvelle église à sainte Anne,

“ Jamais, depuis ce jour, la prière des fidèles du Canada n'a de s'élever de ce pieux sanctuaire, qui a été agrandi et orné d’

jusqu’à nos jours, et qui a l'honneur de poser une des reliques les plus précieuses de la bonne sainte Anne,”

Le 10 avril 1657, le Père de Quen, comme il l'écrit lui-même, « signe la requeste des menui-

siers demandant l'établissement de la confrérie de sainte Anne.” Nous avons déjà publié et nous publierons encore dans le second volume de Madame Suincte Anne, d'intéressants documents sur cette confrérie. …

En cette année, un autre sanctuaire s'élevait en l'honneur de la Sainte sar une île du lac Champlain.

Dans l'Histoire de l'Eglise Catholique aux Etats-Unis, par John Gilmary Shes, on lit, page 507 : “Outres les chapelles élevées dans le M aine, il y eut aussi pendant quelque temps une autre chapelle dans ls Nouvelle-Angleterre, celle de Sainte-Anne à l'Ile La Motte, sur le lac Champlain, construite en 1666.”

Elle avait été construite en même temps que le fort du même nom, par Pierre de Saint-Paul, sieur de la Motte, capitaine au Régiment de Carignan.

es origines de ce pèlerinage rappellent des noms illustres. On pourrait Fa der Champlain qui s'était arrêté dans cette île au mois de juillet 1609, et qui dès lors l'avait peut-être consacrée à sainte Anne, dont la fête était proche. Plus tard, quand la chapelle est fondée, on voit venir les pères Jogues, René Goupil, Al-

nel, Raffeix, Frémin. Perron et Bruyas, MM, Dubois et Dollier de Casson, de Saint-Sulpice, qui y donnent la sainte communion à douze cents héros chrétiens en lutte contre les I uois; des hommes tels que M. de Tracy, M. de Courcelles, M. de Salières, le chevalier de Chaumont, MM. de Sorel, de Chambly, Berthier, Charles le Moyne, même Mgr de Laval.

LE CANARA ET LFS ETATS UNIS 207

Sainte Anne ne se contentera pas de cette Première prise de Possession. Avant 1677, une rivière de la Baie d'Hudson est baptisée de son nom, et de même, vers la même époque, un fort

par L4 contre les Anglais. Quant à la région des grands Lacs, elle avait, en ce éd mission des Hurons dite de sainte Anne, >

1683 er 1698 —MONTREAL

Il n'est personne au Paÿs, ni mê.ne peut-être fort loin à l'étranger, qui n'ait entenda parler Lachine.

Aujourd'hui on se fait un Plaisir de les sauter

nots d’écorce, le de ces rapides était très ux, surtout quand les eaux étaient sou-

pa neiges. Nos rs n'osaient pas tenter l'aventure —Car Çç'en était i

Sainte des Canadiens s'emparait de l'Ile de Montréal l'autre “ bout,” c'est-à-dire À la Pointe Saint-Charios. On lit dans la Vie de Mademoiselle Le Ber, une des plus belles figures de notre ancienne colonie.

“ M. Pierre Le Ber, avait une tendre et filiale dévotion envers la très sainte Vierge et aussi envers la glorieuse sainte Anne qu'il honorait particulièrement, et qu'il avait grandement à cœur de faire honorer,

“ Voyant que la sœur Bourgooys avait fait élever la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours à une petite distance de la ville, pour qu'olle

At servir de lieu de pèleri aux fidèles, et

e station aux processions de la paroisse, il pa le projet d'en construire une semblable en l'honneur de sainte Anne, du côté opposé. M. Dollier de Casson (son confesseur) approuva un dessein si religieux et si utile, et accorda pour l'exécuter un arpent de terre, situé à la Pointe Saint-Charles. M. Pierre Le Ber y fit élever aussitôt la nouvelle chapelle, où l'on célébra la première messe, le 17 novembre 1698,”

Monseigneur Bourget, le “saint évêque”, avait une iale dévotion pour cette Sainte-Anne.

Il y allait souvent en gaie, et en 1872, il se consacrait avec tout son clergé et tout son peuple à la Bonne Sainte.

1701—pérRorr

Il est peu de villes des Etats-Unis, et certainement il n'en est aucune à l'ouest d'Albany, qui soit aussi ancienne que Détroit,

Cette ville fut fondée le 21 juillet 1701, et

quelques jours après, en la fête de sainte Anne, le Père Constantin Delhalle dédia à la mère de

4B CANADA EF LES BTATS-UNIS 209 Marie la première église qui ait été construite

en ces régions. A ce jour, commence l'histoire de /” ns à Détroit et dans l'Ouest.

Son fondateur fut frappé par la balle d'un sau-

Vage, et le de ce mart le sol où devait se selles la vis’ chrétonne (1704 ou

A A chapelle primitive succédèrent des qui furent successivement brûlées on détruites. quatrième, per en 1755, et consacrée cette même ann Monseigneur de Pontbriand, évêque de Québec, périt elle-même en 1806, dan. j'incendie Sénéral de la ville,

Et ainsi, trente-six ans après sa première installation au Lac Champlain, sainte Anne s'empes d’un pays qui devait 4 À tard, comme e Vermont, un autre coin des tats-Unis,

Et depuis lors, en cette contrée du Knownothing, combien d’autres églises ont surgi pour la gloire de son nom, et l'espérance de ceux qui savent—qui savent parce qu'ils croient |

Nous le verrons encore mieux un peu plus tard, mais pour le moment, continuons de suivre l'ordre chronologique adopté pour cette esquise,

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