‹ La bonne Ste AnneChapitre 17 sur 71 · Le T. S. Cénacle, converti en jMosquée Turque · texte numérisé non relu

Le T. S. Cénacle, converti en jMosquée Turque

13. — Le Tombeau de la Sainte Vierge, dans la vallée de Josaphat.

14. — La Porte Dorée, da.ns la partie orientale de l'ancienne enceinte du Temple.

15 — Porte de saint Etienne, appelée au temps d'Israël Porte des Troupeaux. C'est par cette Porte qu'on descend dans la Vallée de Josaphat.

IG. — Le Mont Sion, actuellement en dehors de l'enceinte des murs.

17. — Jardin de Gethsémani, confusément reproduit dans la Gravure.

18. — Vallée d'Hennom, ou de la Géhenne, dont on ne voit pas ici toute la ])rofondeu.r.

19. — Vallée de Josaphat, entre Jérusalem à l'occident et le îilont des Oliviers, à l'orient.

20. — Voie de la Captivité, parcourue par iST.-S. la nuit du Jeudi au Vendredi Saint.

sa maison et la consacre entièrement à son service ; en effet, il la délivre par celte faveur d'une dangereuse servitude et l'exempte des honteux engagements du monde, où elle mange .son pain à la sueur de son front, sans y jouir jamais d'une parfaite liberté. Où est l'insensé et l'aveugle qui ignore le péril de Ja vie mondaine, chargée de tant de lois et de tant de coutumes contraires à la raison, que les démons et les impies y ont introduites ? Le meilleur parti est la religion et la retraite : c'est là que se trouve le port assuré : partout ailleurs, il n'y a que des flots et des tempêtes, des afîliélions et des désastres. Si les hommes ne comprennent point cette vérité et n'apprécient point cette faveur, ils sont dans une étrange dureté de cœur et dans un oubli déplorable d'eux-mêmes. Pour vous, ma fille, ne fermez pas l'oreille à la voix du Très-Haut ; rendez-vous-y attentive, faites ce qu'elle vous diélera, et suivez fidèlement ses conseils ; car je vous avertis qu'un des plus grands efforts du démon, est d'empêcher l'effet de la vocation du Seigneur, lorsqu'il appelle et destine les âmes à son service."

6. — Après que les parents de la Bienheureuse Marie eurent pris congé d'elle et l'eurent laissée dans le Temple pour y être élevée et consacrée à Dieu, sa maîtresse lui assigna sa petite chambre parmi les autres vierges, dont chacune en avait une semblable. La Reine du ciel ne s* y vit pas plutôt seule qu'elle s'y prosterna et baisa la terre, dans la pensée que c'était une partie du Temple.

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KUe adora le Seigneur, et lui rendit grâces de la nouvelle faveur qu'elle venait de recevoir. Elle s'adressa ensuite à ses anges, et leur dit : ' ' Princes célestes, envoyés du Très-Haut, je vous supplie de toute l'affection de mon âme d'exercer envers moi, dans ce saint temple de mon Seigneur, l'office de gardiens vigilants, en me marquant "tout ce que je dois faire, afin que je puisse en toutes choses accomplir la volonté de Dieu, satisfaire les prêtres qui le servent dans ce saint lieu et obéir à ma maîtresse et à mes compagnes. ' ' Puis s' adressant particulièrement aux douze anges, dont il a déjà été parlé plus haut, elle leur dit : "Je vous prie, mes saints ambassadeurs, d aller consoler mes parents dans leur tristesse et dans leur solitude, si le Seigneur veut bien vous le permettre. ' ' Les douze anges accomplirent, avec empressement, le désir de leur Souveraine.

7. — Pendant que notre jeune Reine se livrait avec les autres anges à de divins entretiens, elle ressentit une vertu extraordinaire qui la mouvait avec beaucoup de force et de douceur et qui 1* éleva à une sublime extase.

Le Très-Haut ordonna aux séraphins qui l'assistaient d'illuminer et de spiritualiser son âme très sainte, et aussitôt Marie reçut des lumières et des propriétés toutes divines, afin que ses puissances, perfectionnées, fussent en rapport avec l'objet qui devait lui être manifesté. Toujours accompagnée, durant cette préparation, de sa ^arde habituelle et de beaucoup d'autres anges, et enve-

loppée d'une nuée resplendissante, elle fut ravie en corps et en âme dans le ciel empyrée, où elle fut reçue par la très- sainte Trinité avec de grandes marques de bonté. Elle se prosterna devant le Seigneur tout-puissant, comme elle avait accoutumé de faire dans les autres visions, et l'adora avec la plus profonde humilité. Après cette adoration, elle fut encore éclairée d'une nouvelle lumière par laquelle elle vit la divinité intuitivement ; c'était la seconde fois qu'elle lui était découverte dans une vision claire et intuitive, telle qu'elle en avait déjà joui dans le cours des trois premières années de son âge ( ^ ) .

8. — Il n'est aucune langue qui puisse exprimer les effets de cette vision et de cette participation de l'essence divine. La personne du Père éternel parla à Celle qui devait être Mère de son Fils, et lui dit : "Je veux, ma colombe et ma bien-aimée, vous montrer les trésors de mon être immuable, les perfections infinies et les dons cachés que je destine aux âmes que j'ai choisies pour héritières de ma gloire, après qu'elles auront été rachetées par le sang de l'Agneau qui doit mourir pour elles. Comprenez, ma Fille, combien je suis libéral envers

(i ) O que la Bonne sainte Anne doit donc être grande devant Dieu, puisque le Très-Haut l'a choisie entre toutes les autres femmes de l'univers, pour être la Mère d'une Fille que le Seigneur entoure, dès sou berceau, de si étonnantes merveilles. Que son crédit doit donc aussi être grand auprès de Dieu, maintenant qu'elle est dans la gloire, avec sa Fille Bénie, Marie, la douce Reine des Anges. Invoquons-la, et dans tous nos besoins, avec un renouvellement de confiance et d'amour !

celles de mes créatures qui me connaissent et qui m'aiment ; combien je suis véritable en mes paroles, fidèle en mes promesses, puissant et admirable en mes ceuvres. Vous verrez, ma chère Epouse, qu'il est nécessairement vrai que celui qui me suivra ne vivra point dans les ténèbres. Je veux que comme mon Elue, vous voyiez de vos yeux les trésors que je tiens préparés pour élever les humbles, enrichir les pauvres, honorer les méprisés et récompenser tout ce que les mortels feront ou souffriront pour mon nom." I^a très-sainte Enfant découvrit d'autres grands mystères dans cette vi.sion de la Divinité, parce que l'objet en était infini. Il lui avait déjà été manifesté une première fois avec la même clarté ; mais il renferme toujours dans sa plénitude infinie de nouvelles richesses et de nouveaux sujets d'admiration et d'amour à communiquer à l'âme qui jouit de cette vision.

9. — La Bîenhetireuse Vierge Marie répondit au Seigneur en ces termes : ' ' Très-Haut et très-souverain Dieu étemel, votre grandeur est incompréhensible, comme les trésors de vos miséricordes sont inépuisables ; vos mystères sont ineffables, vos promesses infaillibles, vos paroles véridiques et vos œuvres parfaites, parce que vous êtes, Seigneur, infini et éternel en votre être et en vos perfections. Mais que deviendra, mon souverain Seigneur, ma petitesse à la vue de votre grandeur. Je me reconnais indigne de voir ce que vous m'en découvrez, et pourtant j'ai besoin que vous daigniez me regar,-

der de ce même trône de gloire. Toutes les créatures. Seigneur, s'anéantissent en votre présence, que deviendra donc votre servante, qui n'est que poussière? Accomplissez en moi votre sainte volonté et votre bon plaisir ; et si les afflicflions, les peines, les mépris des hommes, l'humilité, la patience et la douceur ont un prix inestimable à vos yeux, ne permettez pas, mon Bien-Aimé, que je sois privée d'un si riche trésor et d'un gage si cher de votre amour ; réservez-en la récompense à vos serviteurs et à vos amis, qui la mériteront mieux que moi, puisque je n'ai encore rien fait pour vous servir et pour vous plaire. ' '

Le Très- Haut accueillit avec beaucoup de satisfaction la demande de notre bienheureuse Vierge. Il lui fit connaître qu'il l'exauçait et qu'il lui accordait, comme elle le souhaitait, de travailler et de souffrir pour son amour durant le cours de sa vie entière, sans qu'elle découvrit alors de quelle manière cela lui devait arriver.

La Reine du Ciel rendit grâces d'avoir été appelée à endurer quelque chose pour le nom et pour la gloire de Dieu, et dans le désir ardent qu'elle éprouvait d'obtenir cette faveur, elle pria le Seigneur de lui permettre de faire en sa présence les quatre vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance et de clôture perpétuelle dans le Temple, où il l'avait conduite. " Ma chère Epouse, lui répondit le Très- Haut, mes pensées sont élevées au-dessus de toutes les créatures ; c'est pourquoi, mon Elue, vous

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ignorez à présent ce qui peut vous arriver dans le cours de votre vie, et qu'il vous sera impossible d'accomplir tout vos fervents désirs, comme vous vous le proposez. J'accepte votre vœu de chasteté et je veux que vous le fassiez, et que vous renonciez en outre, dès aujourd'hui aux richesses terrestres. Quant aux autres vœux, ma volonté est que vous tâchiez d'agir comme si vous les eussiez réellement accomplis. I^e désir que vous avez de les faire s'accomplira plus tard sous le règne de la Loi de grâce en beaucoup d' autres vierges, qui pour me servir et vous imiter, feront les mêmes vœux, vivant ensemble dans diverses communautés. Ainsi vous serez Mère d'un grand nombre de filles."

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