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COMMENT LA BONNE SAINTE ANNE AIME ENCORE LES PETITS ENFANTS

J'étais, il y a trois ans, dans une religieuse paroisse du Canada, où je prêchais une grande retraite qui devait être suivie d'un beau pèlerinage à la bonne Sainte-Anne. Sur le désir du vénérable curé, j'eus aussi à visiter les malades. Parmi eux, se trouvait la petite N., âgée de cinq ans, comme la petite Lucie, mais seule, sans autres petits frères ni petites sœurs. Sa mère affligée, mais bien soumise à la volonté divine, demanda la guérison de sa petite fille, promettant de l’amener, si elle était guérie, avec nous, le dimanche suivant, en action de grâces, à la bonne sainte Anne. C'était demander directement un miracle ! car, la jeune enfant était atteinte d'une méningite, maladie qui pardonne difficilement, au témoignage des médecins, et comme le prouve l'expérience. L'enfant se trouvait dans un état désespéré, et complètement privée de ses sens. On fit une courte prière ; la bonne

sainte Anne accepta la promesse, et le dimanche matin, je vis sur le pont du bateau, tenant la main de sa mère, une ravissante petite fille, C'était la petite N., qui, toute joyeuse, s’en allait avec Maman et fous nous autres, à la

bonne sainte Anne, pour la remercier de sa guérison !

LE PETIT CADAVRE D'UN NOUVEAU-NÉ, RETIRÉ DU LIT D'UN FLEUVE, ET RAMENÉ A LA VIE POUR RECEVOIR LE BAPTÈME.

Lorsqu'on célébra les obsèques du Bienheureux Bernardin de Feltre (1), on vit assister à son enterrement quatre mille petits enfants, d'une beauté ravissante, vêtus de blanc et tenant dans leurs mains une banderolle sur laquelle était peinte l’image du Bienheureux avec le Nom de Jésus. Après la cérémonie des funérailles, ils disparurent tous aux regards de la foule ravie,

Quels étaient ces quatre mille petits enfants! Les historiens de sa vie ne le savent pas: mais ce qu’ils savent et ce que l’on ne saurait jamais répéter avec trop d'enthousiasme, c’est que le Bienheureux Bernardin était un grand Serviteur de notre incomparable Thaumaturge, la grande et bonne sainte Anne, 'et qu'il avait une con-

fiance illimitée en sa puissante intercession.

(1) De l'Ordre de Saint-François d'Assise,

De même que plus tard le vénérable Innocent de Chiusa obtiendra la vie et le beau Paradis pour un nombre peutêtre incalculable de petits enfants, comme nous le verrons dans sa vie ; ainsi le Bienheureux Bernardin obtenait les mêmes faveurs par l'intervention de la bonne sainte Anne. Tout n'a pas été écrit dans la vie des Saints, surtout dans la vie de ceux dont les prodiges étaient de tous les instants ; toutefois, voici ce que nous avons pu recueillir dans celle du Bienheureux Bernardin :

‘Un jour, pendant qu'il prêchait le carême à la cathédrale de Pavie, Bernardin pria un pêcheur qui était venu se confesser, d'aller, le lendemain matin, jeter ses filets dans le Tessin et de lui apporter à l'église, où il l’attendrait, le premier objet qu'il retirerait de l'eau. Heureux de pouvoir être agréable au Père, le pêcheur va, de grand matin, vers le fleuve, et au premier coup de filet, il en retire.... le petit cadavre d'un nouveau-né ! Surpris d'une telle pêche et ne sachant trop que faire, il prit le parti d’ensevelir le petit corps sous le sable, Il jette ensuite un nouveau coup de filet, et prend un beau poisson qu'il apporte tout joyeux au Père.—"" Ce n'est point là le premier objet que vous avez pris, lui dit Bernardin ; allez et apportez-moi ce que vous avez d'abord trouvé.’ Le pêcheur retourna au fleuve et revint bientôt après apportant le cadavre du petit enfant, mais ne sachant pas du

tout ce que le Bienheureux prétendait en faire. Bernar-

din confiant dans le Protecteur des petits enfants,

Fe

L'ENFANT DE BETHLÉEM, dont il ne cessait de prêcher le Nom adorable, et confiant en la bonne sainte Anne, qui reçoit de ce Divin Enfant toute sa puissance et toute sa gloire, Bernardin savuit ce qu'il avait à faire, Avec une Foi qui transporte des montagnes, qui ressuscite les morts ! le Bienheureux prend ce petit cadavre, le dépose sur un aufel dédié à sainte Anne, et se met en prière. Un instant s'écoule : le miracle est accompli : le petit enfant icvient doucement à la vie, en présence de la foule immense, réunie pour assister à la prédication ! Bernardin prend le petit enfant dans ses bras, le porte aux Fonds Baptismaux, lui donne le saint Baptème, et le dépose de nouveau sur l'autel de la grande sainte. Le petit enfant s'endort d’un sommeil paisible : l'Ange de la Paix, de son sceptre d'or lui ferme doucement les paupières, prend son âme innocente, et L'un vol rapide pénétrant les cieux,

va le placer parmilechœurdes Séraphins !

O Bonne Sainte Anne, que d’âmes innocentes, er cc sidération du Divin Enfant de la Crêche, qui aima tant sur la terre les petits enfants, à cause de leur innocence, que d'âmes innocentes sont allées se joindre ainsi,

dans le beau Paradis, au chœur des Anges !

Ah! si les mères de famille savaient donc avoir dans leur cœur pour le Divin Enfant de Marie, le petit Fils de

sainte Anne, un peu de cet amour du Bienheureux

Bernardin, un peu de l'amour de saint Ignace, de saint

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