‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 65 sur 124 · DOUBLE GUÉRISON D'UN PAUVRE MUET TOMBÉ EN DÉMENCE · texte numérisé non relu

DOUBLE GUÉRISON D'UN PAUVRE MUET TOMBÉ EN DÉMENCE

Le miracle suivant a été, comme les autres, juridiquement examiné par l'Autorité Compétente.

Je puis appeler à témoin, dit le rapporteur, je puis anpe‘er à témoin du miracle suivant, toute la paroisse de

; Milisac, diocèse saint Pol de Léon. Là, en l’année Qu À 1654, le nommé Bernard Lunven, par suite d’un grand 4 mal de tête, tomba dans la mélancolie et insensiblement À ensuite dans la démence. e plus, le jour des Cendres, il avait perdu l'usage de la parole. $Sa folie consistait surtout à refuser toute nourriture et tout breuvage : il #i Là fallait recourir à la violence ; autrement il serait inévita- | blement mort de faim. Il s’obstinait également à rester au lit, sans jamais se lever : ici encore il fallait employer la force pour l’en arracher, chaque fois qu’on voulait lui apporter un peu de soulagement.

Marie Bizian, son épouse, avait essayé, mais sans succès, tous les moyens humains : alors d’après le conseil de son père, Jean Bizian, elle le remit entre les mains de la Bonne sainte Anne et promit un pèlerinage à son sanctuaire. Lorsque le jour fixé fut venu, on fit signe au pauvre malheureux de se lever, et on essaya de lui faire comprendre qu'il irait à la pieuse chapelle de Lugullat, sur la route de Carhais, à deux heures de Lan-

derneau.

Bernard, à la grande surprise de tous les assistants, se

(ILE NEA leva de lui-même, immédiatement, ce qu’on n'avait obtenu

de lui depuis trois ans que par violence. Bien plus, il Ana parut tout joyeux, lorsque revêtu de ses habits, il comprit qu’on allait faire le pèlerinage au sanctuaire de la ponne sainte Anne.

Tous craignaient, après une si longue infirmité, que

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AE Par la porte de Saint-Etienne, à l'Orient de la Viüle f Sainte, on descend rapidement dans la Vallée de Josaphat, 4 où, sur un pont cn maçonnerie de peu d'apparence, on | traverse le torrent de Cédron, A 40 pas, toujours vers l'Orient, on arrive à un escalier de 16 marches qui aboutit |

au parvis du Sanctuaire de l’Assomption, Ce parvis, dallé

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L et de forme auadrangulaire a une superficie d'environ 29 | 11 { !

pas carrés. Encore vers l'Orient, une étroite impasse |

: CE CAES . A A | 4e conduit à la sainte Grotte de l’Agonie. Au Nord,on a,

devant soi la Façade du Sanctuaire de l’Assomption, telle

| | qu'elle est représentée ici dans notre gravure, Un vaste escalier de 48 marches mène, en pente douce, |

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à l’église souterraine, où l’on vénère le Tombeau (vide) de |

la glorieuse Vierge Marie, Nous donnons le plan général |

de la sainte Basilique, à la gravure suivante (XI).

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son grand état de faiblesse ne lui permettrait pas de se tenir à cheval pour faire le voyage : mais le malade, immédiatement après la promesse de sa femme, prit tant de forces qu'il se tint parfaitement à cheval, toute la durée du chemin, seul, sans le secours de personne, C'est ainsi qu'en passant, il fit sa visite à la chapelle de Lugullat, et arriva au sanctuaire de sainte Anne le 19 juillet

En mettant pied à terre, sa femme envoya François Bizian, son frère, avec une autre personne, aux Pères Carmes (gardiens du Sanctuaire) pour leur faire connaître l’infirmité de son mari, et leur demander un Père qui pût entendre la confession d’un muef.

En attendant, elle entendit, avec son mari, la sainte messe qui se disait au maître-autel. Le saint Sacrifice terminé, Bernard laissa sa femme continuer sa prière ; et pour lui, il alla se mettre devant l’image vénérée de la grande Sainte, où il pria quelque temps : il se mit ensuite, toujours seul, à visiter le sanctuaire.

Sur ces entrefaites arriva le Père Théodore, à qui l’on avait expliqué l’état de Bernard : le confesseur le prenant à part, le conduisit à un oratoire séparé, et 1à lui fit comprendre qu’il le confesserait au moyen de signes, comme on le fait pour un muet.

A ce moment-là même la langue de Bernard se délia

et il répondit tranquillement au Père Théodore : ‘‘ Je n'ai

nes

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