‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 91 sur 124 · AE PE EE · texte numérisé non relu

AE PE EE

D res

SÉS MIRACLES 231

—Il y a de cela un an. La petite Rose Parent, que vous voyez aujourd'hui pleine de vie et de gaieté, s'empresser auprès de sa bonne mère, gisait alors pâle et inerte comme une morte, animée seulement d’un faible souffle que la moindre secousse semblait devoir éteindre.

Depuis plusieurs mois déjà, une affection difficile à caractériser, mais dont la violence semblait se concentrer dans la région du cœur minait sourdement les forces de l'enfant et la conduisait sûrement à une mort précoce. Le traitement d’un premier médecin n'avait pas réussi à la soulager. Un second et un troisième furent mandés et consultés ; mais toujours avec le même résultat désespérant. La petite Rose, comme son homonyme chantée par le poëte, ne devait vivre sur la terre que ‘‘ l’espace d'un matin.’’

Elle était fille unique d’une pauvre veuve, et partant son unique joie, son seul espoir. Le bon Dieu, qui lui avait déjà demandé le sacrifice de son mari, allait-il réclamer le sacrifice en quelque sorte plus douloureux encore de sa tendre enfant? Dans sa confiance de mère la chose lui semblait impossible, mais son âme chrétienne se trempait déjà par la résignation pour l’heure du sacrifice. Et ce n'était pas sans motif, car humainement parlant, l'enfant était condamnée sans retour. Le mal avait

tellement abattu sa vigueur qu’elle ne pouvait faire le moindre mouvement. Sa mère lui portait aux lèvres les

rares parcelles de nourriture qu'elle pouvait avaler. | Souvent, lorsqu'elle changeait son linge, la pauvre enfant s’évanouissait.

Au début de sa maladie elle s'était confessée plusieurs fois à un des vicaires de Notre-Dame, prêtre zélé qui la visita souvent pour l’encourager à la résignation et la préparer au sacrifice de sa vie. Sur l'avis du médecin, Monsieur P... son confesseur, lui avait déjà administré l'extrême onction et le saint Viatique. La faiblesse de l'enfant était devenue telle qu'elle avait perdu l'usage de la parole. Pour appeler sa mère elle poussait un petit cri

guttural à peine perceptible, si ce n’est pour l'oreille maternellc. Pour cette raison, les dernières confessions durent être faites par signes.

Sur ces entrefaites, les Pères du Saint-Sacrement orga-

nisèrent un grand pèlerinage à Sainte-Anne de Beaupré.

Comme un remède suprême, la mère songea à conduire

sa chère malade aux pieds de sainte Anne et à supplier

cette mère miséricordieuse de lui conserver son unique

enfant. Heureuse idée inspirée à la foi maternelle par la

bonté divine ! Le confesseur de Rose l’approuva volon-

tiers; il était convaincu, lui aussi, que sainte Anne la

guérirait et il fit part de sa confiance à plusieurs de ses

confrères.

La veille du pèlerinage, l'enfant se confessa toujours par signes. Pour se convaincre que sa faiblesse était

extrême, son confesseur lui fit faire le signe de la croix

orgaupré.

iduire plier nique par la rolonhne la

de ses

jours était

croix

en portant lui-même sa main décharnée au front, à la poitrine, puis à chaque épaule. Rendu au dernier mouvement, il lui dit: ‘‘ Voyons Rose, achevez vous-même le

signe de la croix.’” Puis il lâcha sa main qui retomba

lourdement à son côté.

La mère désirait vraiment que le prêtre vint au pèlerinage, afin de contribuer par ses prières au succès de l’entreprise et être témoin immédiat de la guérison qu’elle espérait. Mais un surcroit de travail dans son ministère paroissial le retint à son poste, Non sans regret, car il appréhendait un reproche si la démarche n'était pas fructueuse.

Tout de même, Dieu récompensa la foi du prêtre, de la mère et de l'enfant. Sainte Anne accueillit les pèlerines avec bonté et les renvoya exaucées.

Madame Parent avait loué, sur la rue McGill, une petite voiture d'enfant à deux places, afin d'y coucher commodéinent ia fillette de douze ans. Rendue à Sainte- Anne, elle conduisit l'enfant à l'église, et la roula au pied du sanétuaire, pour y recevoir avec elle la sainte communion. C'était 1à, comme souvent, le moment favorable. Dieu se plait à glorifier son Divin Fils, présent sous les espèces sacramentelles, en choisissant le moment de la communion pour manifester la puissance de ses saints serviteurs.

PE ce

ESS — == ŒRI- ESS SUEST = Re = : ==

A peine l'enfant eut-elle communié qu'elle descendit de sa petite voiture, et se dirigea toute joyeuse vers sa mère étonnée, en lui disant : ‘Maman, venez donc ici pour que je vous parle ; car je puis parler maintenant.’

Le bruit de sa guérison se répandit bientôt parmi les pèlerins, et provoqua comme toujours, un accroissement de confiance et une explosion d'aétions de grâces. L/émotion aurait été plus grande si l'enfant n’eût été inconnue

à la plupart des pèlerins, étant d'une paroisse étrangère 4 et s'étant associée à ce pèlerinage dans des conditions 4 ROSE

il extraordinaires,

C'est pourquoi on n'en parla guère dans les journaux à l'époque du fait. Mais celui qui avait connu toutes les phases de la maladie de l'enfant depuis son début ; qui l'avait vue partir mourante et dont les vœux accompagnaient l'enfant et sa mère jusqu'aux pieds de sainte Anne, devait aussi d'une façon évidente et authentique, constater dès son retour, l'aétion manifeste du doigt de

Dieu et la puissante intercession de la Thaumaturge.

A peine eut-il franchi le seuil de la maison qu'il

entendit appeler par une voix étrange: ‘‘ Bonjour, Monsieur P..., comment vous portez-vous?’’ Ne sachant qui lui parlait, il se dirigea vers la chambre de sa petite malade. A son grand étonnement il la trouva assise, causant avec entrain, entourée de sa mère et de

personnes amies accourues pour la voir et qui pleuraient d'émotion. Sa voix avait un accent particulier, ressem-

aux s les qui npa-

inte ique, t de

qu'il jour,

Ne de sa ouva et de aient

SSeM-

1 UN Fe pis PRÉPARER ER TRE MR PR AR TEL ;

SES MIRACLÉS 235 (il

a —— eu per

blant plutôt à une voix de jeune homme qu'à une voix JT de petite fille ; phénomène dû probablement à l’état anor- (' | mal de ses organes, après une longue maladie, On crut ni y constater—et avec justice, me semble-t-il—le caractère 1 instantané de sa guérison, au moins quant à la substance. nr Quant aux détails, tout rentra bientôt dans l'ordre, La | 141 ÿ voix de Rose est normale : l'enfant est toute rayonnante Lai FN de santé et de bonheur. Elle peut fréquenter la classe (nu

et elle aide sa bonne maman dans les travaux du ménage, Puisse cette jeune miraculée de sainte Anne toujours

garder la mémoire du bienfait reçu et comprendre le

devoir de la reconnaissance. Le bon Dieu demande beau- | TER Es , ‘4:38 coup à ceux qui ont beaucoup reçu. Dr | Qui voudrait constater l'authenticité de ce récit pourra ati l'entendre des lèvres mêmes de la mère et de l'enfant, \ Elles demeurent 317, rue des Commissaires, Montréal. | PRG Ÿ 1 |!

si 9 » a » £ XXXIIT 4 TT A cn a À ni # LES 14 NAUFRAGES DE ST, ALBAN ET IA BONNE He SAINTE ANNE (1). tu

Ïln'y a qu'une voix dans toute la Paroisse de St.

Alban pour redire que les quatorze personnes, pères, Fe

(1) Ceci est extrait du Récit complet de la Catastrophe (les grands Eboulis de St. Alban) de la nuit du vendredi au sameci, 27-28 Avril 1894.

mères et enfants, dont nous rapportons ici l'émouvante histoire, n’ont échappé à la mort que par une protection spéciale de la Bonne sainte Anne.

Ils avaient fait vœu d'aller à son béni Sanctuaire de Beaupré et de publier le fait dans ses Annales, s'ils conservaient la vie, dans cette affreuse nuit du 27 au 28 avril, ainsi qu’ils nous l'ont assuré à nous-même, et comme

nous le verrons au rats de ce dramatique récit.

Sainte Anne est la Consolatrice des affligés ; le Secours des âmes en péril ; le Port des naufragés. Elle a veïllé avec une tendresse de Mère sur ceux qui, au milieu de cet effroyable bouieversement de la nature, s'étaient confiés en elle ; mais nous croyons, avec les Naufragés, que c'est surtout à cause des petits enfants que le Ciel dans

cet extrême 1 -ril a cu pitié d'eux et leur a &té favorable.

La prédilection 1 arquée de notre grande Sainte pour

les petits enfants est. éjà connue de tous, ici, au Canada. Plus de cent mille per.onnes ont lu, avec émotion, la tou-

chante histoire de la petite Jeanne Samson, publiée, en

décembre 1892, dans ses pieuses et intéressantes Annales.

L'histoire rapporte mille traits semblables de la gracieuse, de l'abondante, de l'inépuisable bonté de 1’ Aïeule de Jésus, de l’incomparable Mère de Marie ! Or, si sainte Anne, en vertu du crédit exceptionnel dont elle jouit, là- Haut, devant le trône de Dieu, ressuscite les morts, rend la vue aux aveugles, fait toutes sortes de miracles et

coNvril,

nie

‘ours veilié u de cof- , que dans

able.

pour nada.

à tou- 2e, et

nales.

1 gra-

ieule sainte sit, là-

s, rend

des et

montre si visiblement son affectueuse bonté pour les petits enfants, pourquoi n’aurait-elle point pu tenir suspendues au-dessus d’un abîme et sans qu’il tombât un seul cheveu de leur tête, et cela durant une longue, terrible, interminable nuit, gualorze personnes qui lui étaient chères et d’une paroisse qui lui est particulièrement dévouée ? Eh bien ! c’est ce que notre grande Thaumaturge a fait, et c’est ce que le présent Récit va nous dire.

Page 1