SCENE IX
ROSELLA, ANASTASIO, ZANGELLÏ , SPALANZL
MTè r e Anasta.sio , j'ai prévenu monseigneur Zangelli , que le prisonnier n'a pas voulu vous écouler.
Zangelli, à Anastasio.
Je viens m'en expliquer avec vous. Bonjour , frère Angélinl^ je suià' bien aise de vous voir.
( Rosella s'incline. ) Spalanzi.
C'est un brave jeune homme ; il prêche bien , ses sermons sont courts.
Laisse-nous.
20 LABONNESCEUR,
Spalanzi (à part. )
Bon , j'épierai le retour de Sépulcrône,
ZANGELLijà Spalan\i.
Cependant, ne4"^«^Ôë'pas et attends mes ordres. (^A Anastjsio. ) Qu'est-ce done que ce prisonnier a pu vous dire ?
A N A s TA s I O.
Qu'une ame san9 reproche n'avait pas besoin de préparation pour paraître devant celui qui juge à son tour les juges de la terre.
Zan gelli.
On s'y présente avec plus d'assurance, quand la religion nous soutient. . . Et que peut auprès d'elle , cette philosophie dont le siècle se vante ? C'est un faible roseau qui se brise sous la main qui s'en fait un appui j la philosophie parle peut-être à l'esprit , mais la religion pénètre au fond du cœur. Ah ! si le cœur n'est pas tranquille. . . , qu'importent de fausses luiiiières !
Anastasio.
Ce que vous dites est bien vrai. ...
Zangelli, vivement.
Vous le savez mieux que moi. Sans la religion , il n'est point de stabilité pour l'état , ni de bonheur pour le particulier. . . Je m'intéresse à ce jeune homme , ne pourriez-vous pas faire une nouvelle tentative ?
Je le reverrai , sans doute ; mais je crois qu'im retour si prompt «rrait plus nuisible qu'utile.
Zangelli.
Les moments sont précieux.
Anastasio, aiec mystère'.
Je desiretais qu'auparavant , le frère Angélini le préparût a me revoir.
Y pcnsez-vous ? . . . Sa jeunesse ....
Il o .s E L L A ( « /.uirl. ) .S'y rcfuscrail-ll ?
Le prisonnier est jeune aussi , et le rapprodiomcnl des ùgrt f.zra un titre de i^iiti en faveur de mon compagnon, dont vou* ronuaisscz le ^iulu et leb talents.
Z ANGELLI.
.7e lui rends justice. Mais , vous n'ignorez pas avec quelle scrupuleuse exactitude on écarte tout étranger.
Suis-je donc un étranger à vos yeux? Mon caractère garantit ina discrétion.
An A STASIO.
Je réponds de lui comme de moi-même.
Oui , la confiance que vous lui portez. . . , la sainteté du ministère auquel il est appelé.. . , je n'y trouve aucun inconvénient. Malheur à ces dépositaires du pouvoir , qui refusent à l'accusé... , au coupable même , le plus précieux de tous les biens. . . ; celui d'être consolé. Père Anastasio , Venise , en me confiant cette place à garder , ne m'a pas ôté le cœur que m'avait donné la nature. Je vais faire conduire Angélini cliez l'infortuné Loganez. RosELLA, avec le cri étouffé du désespoir. Lo . . . ganez l . . . {ji psrt.) C'est donc bien lui ?
Z ANGELLI, avec inquiétude.
Serait-il connu de vous ?
R o s E L L A , avec une feinte tranquiliité.
Un religieux. ... de notre ordre , m'en avait parlé à Venise'. { T^ivement à Anastasio. ) Celui qui m'a envoyé près de vous.
Tant mieux ; ce sera un moyen naturel d'obtenir sa conHance,
Je l'obtiendrai. Je sens que le ciel m'inspire.
Z A « G E L L I , à yJnasiasio.
J'aime la sainte ardeur dont il est auimé et j'cu .nunire trèsbien. Vous avez là un digue religieux. ... Où est Spalanzl ?
Anastasio.
Il n'a pas du s'éloigner. ( Ils font <juel(]ues pas vers la coulisse , pour chercher Spalan^i. ) Mais , le voici.
RosELLA, touchant la manche di sa robe ( â parc et ai>ec chaleur. )
Le moment est venu. Trésor précieux ! je te devrai mon
frère.
aa L A B O N N E S (E U R ,
Zangelli, à Spalanzi qui revient.
Spilanzi , conduis le frère Angélini chez le prisonnier. Jo retourne au château , tu viendras m'y trouver.
( // sort. ) Anastasio,<1 Rosslla Et moi , je vais prier le ciel qu'il favorise ta démarche.
RosELLA, à Aiiastasio.
O mon père ! je n'eus jamais plus besoin de vos prières.
( Spalan\i et Rosella sortent. )