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travail. Laire de dispersion de ces pièces lui a permis d'assigner, comme limite à l'influence celtique, le sud du territoire qui devint plus tard la province d'Illyrie '.
Ces travaux des anthropologistes ont eu pour complément heureux les recherches des historiens et des antiquaires sur la civilisation des Dalmates du Centre (Bosniaques) au cours de la domination romaine, du Moyen Age et des temps modernes. Ces savants, eux aussi, ont apporté une belle part de hutin au Musée (tig. Mo à 121) ; en outre des pièces qu'ils ont pu y transporter, ils en ont mis
Fig. 121. — Intérieur il'JlutJzi-Shuui-T(;ki\ — Couvent et auberge poiu" pèlerins, fon lés par l'agha lladzi-Sinan sur l'ordre duSsultan Mourad IV à la suite de ses victoires sur les Perses (vers 1638). C'est une des plus célèbres antiquités de Sarajevo. (Monument conservé par les archéologues du Musée national.)
au jour un grand nombre, demeurées debout dans la campagne (fig. 119) ou restaurées dans de vieilles demeures (fig. 120 et 121). Grâce à eux, nous pouvons aujourd'hui, jusqu'à un certain point, nous représenter l'existence de ces Slaves de l'Adriatique sur lesquels Byzance et Venise ont exercé une si puissante influence ^ Tout
' Les archéologues rapportent le gisement de Gorica à la partie moyenne de la période de La Tène : ceux de Saiiski-.Most, Jezerine et Ripaé, à la fin de cette même période.
• Voyez, sur leur histoire, l'article de M. Gh. Dieh sur Vllisloirc et les Monuments en Bosnie-IIerzérjovine, pages j9 et suivantes.
Fig. l-2i. — AnlJque coiiïiire des femmes sc2-lies, ii Osatica {Cercle de Srebreniea).
LA SCIIÎNCE EN BOSNIE-IIEUZKgo VIN E
liO
qui touclie h leur vie domestique, .'i leur vtHemcnl ((ig. 122), h leur iKirurn,/! l'emploi qu'ils faisnietit du bois et du fer, depuis leur invasion jusqu'à nos jours, a étt'; activement recherefu'' en [{osnie-Upr/y-govine. Sous ce rapport, les ethnographes ont doté le Musée de collections d'un prix ineslifiuil.lf. Kn
Fig. 1-2:!. — Spi'ciwon d'un (jroiipe ilc innnni'qiiins il.ins l'une, des salles (VKHinograpliie du Musée nutiooal. — Les personnages sont en cire; ils sont représentés dans leur demeure en ftrandcur naturelle et vitus de leur» coituroes canclé-
risli(|iies. En l'espùce, intérieur d'un riclie aglia.
parcouraiil les salles où sotiI exposés ces trésors, le visiteur croit assister à une véritable résurrection du passé, car il a devant lui tout ce qui constituait la vie d'autrefois.
Les anciennes mœurs tendant h se perdre, le Gouvornement a fait reproduire en gran«leur nnlurelle et vêtus (le leurs costumes caractéristiques (lig. 123) les divers types humains lois qu'ils étaient demeurés Jusqu'il l'Oceupalion dans les dilTérenls districts de Mosiiie et d"ller/é-ovine. Soivanle-
ây
im}:\
Fig. 124. — Femme de \Ia vallée de Laéva ^rùsciiiauij i/fs tatouages aux deux jbras.
l'"ig. 126. — Tatouages sur l'avant-bras il'uue Jeune lille catholique.
Fig. 123. — Jeune fille de la vallée de Bila, présentant des tatouages aux doux bras et à la poitrine.
Fig. 127. — Motifs orilin-iirenteut employés pour le tatouage.
LA sciK.Ncr-: KN nosMiMii;i(/;r;«.o\i.M-;
qtunzo mnnnoqiiin.s comiio.sc'nt cette collection, l'une des plus instructives du Musi^u», car tous !<•*
types r('[ii'('S('iit('S sfiiildent saisis
dans 1(^ vir ilc leur existence
ri'cllc, aux cliainiis iiii dans Inirs
demeures, riiloiiiM's ilc leurs iiis-
ll'ilMieiils (le li'avall, <lil liioliilici'
dont ils i'aisaient iisaj^e, des
objets (jui leur ('taieiit l'aniiliers.
Si irréproeliaMe est l'exécutiou de
ces modèles de eice (ju'aii uioii-
veuienl ju-rs, ils diu ni rilln-
sioii de f^i'iis (|in vaipieid à leurs
occupations ordiiuiires.
Slavons du Noi-d, (Iroales du
Nord-Ouest et do l'Ouest, tatoués
aux mains, aux poignets, aux bras,
au fi'onl, souvent aussi au menton îlig. 1:2'» à 127), Serbes des'di-
verses parties du pays, portant à-
la ceinture leurs coideaux de défense curieusement ouvrés, « Turcs » vêtus de (issu fin, sont représentés à tous les ôges et dans les diverses circonstances de leur vie domeslique, ndijcieuse ou
I''ig. 12?. — Protluils (/(! l'ancimne industrie Joincstique de Koajica.
Fig. 129. — Vnae de tiaonee ornomcalè, produit de l« fahri- Kig. 130. — Vaao d,< /'nn.-jVnn.» indiii^lrii' r,-r»miquf Sfrbf. caliott donwsliquo ./-s iinrions S,.rl„'s de Itosnie. (Collection du Mnst'e de >ar»jcvo.l
guerrière. Il n'y ;
I (le laeinie (li
l'eu ce qui concerne les musulmanes : le (iiuiveriunienî par
Fig. 132. — Parures Je fabrication ancienne en Ilosnie-I/erzegoviac. (Collier, bioche, bracelet, boucles de ceinture)
Fig. 133. — Sj>éciiiions Je la Céramique cliea les anciens Serbes Je Uosuie. (Collection du Musée national.)
LA sciJ':ncI': kn hosmimikrzRoovim-;
ir,3
respect pour les [^tradilions | des mal)oni(''tans, s'eslabslenii de représenter leurs compagnes. Par contre, en ce qui a Irait au sexe faible chez les Croates ou les Serbes, de nombreux modèles nous montrent fillettes et femmes mariées filant la laine et le lin, brodant les bez, lissant l'étoffe de ces magnifiques vêlements qu'ensuite les hommes soutachaienl d"or el ornaient avec amour, parce qu'ils faisaient de la somp-
luosité de leurs habits le signe extérieur de leur richesse cl de leur puissance. Ces costumes éclatants, que portaient citadins et campagnards, tendent à disparaître aujourd'iiui, ou, du moins, le pays étant moins riche, les vêlements actuels sont moins brillants qu'autrefois. Le Musée de Sarajevo fait sentir toute l'importance qu'on leur accordait anciennement et même jusqu'à une date récente, alors qu'ils distinguaient les différents districts de Bosnie et d'Herzégovine, et, en chacun d'eux, les nationalités rivales.
A côté de ces types ethnographiques, une merveille attire les regards : c'est la collection des objets usuels (fig. 128 à 133; 13.3 et 136), particulièrement des instruments de travail (fig. 135). Nulle part nous n'avions vu un art si raffiné déployé dans l'ornementation des plus humbles outils. C'étaient de véritables artistes ces paysans serbes et croates qui couvraient de sculptures le bfiis des quenouilles, l'allégeaient en quelque sorte par la grâce du dessin, et, sans jamais détourner l'instrument de sa destination, réussissaient à le poétiser. Si pénétrant est le charme de leurs œuvres qu'elles évoquent en l'esprit du visiteur une vision d'idylle : il semble que les hommes qui maniaient des instruments si linement ornés, fussent plus délicats, plus civilisés, plus sensibles à la beauté que leurs descendants actuels; ce qui, du moins, ne laisse pas de doute, c'est la bienfaisante influence exercée sur eux par le génie de Byzance : en Bosnie, les traditions artistiques de l'Empire grec ont certainement beaucoup adouci la l'udesse du Moyen Age; elles .sont restées, jusqu'au seuil des temps modernes, le flambeau des industries domestiques; dans tous les objets fabriqués alors apparaît cette harmonieuse complication de la ligne où, depuis des siècles, le goût et l'infinie patience des Orientaux s'étaient complu (lig. 133 et 136V A ce point de vue surtout, la Section archéologique du Landosmuseuin enchantera les artistes.
Dans la Section des Sciences naturelles, de très précieuses collections sont aussi renfermées : ce sont les roches et les minéraux des deux provinces; c'est un herbier très important, car il comprend toute la flore du pays; ce sont, enfin, les espèces animales, Vertébrées et Invertébrées (fig. 134), qui vivent en ces régions. Ces collections sont très riches'; malheureusement, l'Administration, voulant qu'elles pussent servir à l'étude générale des sciences naturelles, a mélangé les échantillons indigènes avec ceux des types exotiques. Cette disposition offre évidemment, pour les élèves des écoles, l'avantage de mettre sous leurs yeux un tableau d'ensemble du monde minéral et des règnes organiques; mais elle empêche le visiteur étranger de distinguer dès l'abord ce qu'il vient chercher au Musée : la caractéristique géologique, botanique et zoologique de la contrée. Les Balkans constituent, au centre de l'Europe, une région tellement particulière, qu'il eût été utile de lui réserver, dans les salles du Musée, son domaine propre.
L'étude de collections si variées et si considérables exige un fréquent recours aux publications techniques. Sous ce rapport aussi, le Laiulesmiiseiim est bien outillé : sa bibliothèque compte 230 ouvrages et 130 brochures pour la Section d'Archéologie et 300 ouvrages pour la Section d'Histoire nalurolle. Parmi ces livres figurent avec honneur ceux que l'on doit au personnel scientifique de l'Établissement^ en particulier le Bulletin de ses travaux, le (Unsuik zcmljskognni zojn u Dosni t
' Exemple : elles renferment 300. CÛO Invertébrés indigènes et 130.000 exotiques ; 3.230 Vertébrés indigènes et 5.000 exotiques; 2.000 plantes indigènes et 9.000 exotiques. * Citons notamment :
1. D' E. TiiALLoczY, P'' Ir.N. J.^GGii;, D'' SciiKEiBEB, CorfcA- GlagoUlicum Ilrvojao, (lîeproduclion, avec élude et commentaires, d'un vieux manuscrit slave conservé à la Bibliothèque impériale de Constanlinople).
2. La tiagaddali (Reproduction des miniatures d'un manuscrit hébreu du Musée de Sarajevo \
3. V. Radi.msky et Fb. Fiala : Compte rendu des fouilles de la station néolithique à Boutmir. • — 2 vol.
4. Radimskv : Praliistorische Fundstaclten (Trouvailles préhistoriques).
5. Philippe Bau.ik : Itiimerstrasscn in Bosnien und dcr Ilcrcogovina (Houles romaines m 1!.-U.).
L\ SCIKNCH K.N KOS.N I IMI K li/ l';(.0 V | Mi
1inish''i-(! (•oiinniiii de l.i f ;• ,< lonai'i'liic auslro-liongi'oise NîÎJ!^
J/rrcri/ovini. Cn rociicil, pulilié f;n langue slave et impriiiK"^ nlternalivciiuMil en caraclèros latins cl l'ii caractères cyrilliques, parait depuis 1889; il rend compte de toutes les ac(|uisili(ins du Miisi'c cl des (U'coiivci-lcs d(! ses savanis. (louiiiic il ne ]iiMil cire lu que par les personnes (|ui savent le serbo-croale, depuis 18!):} l'Administration centrale de Hosuie-llerzéKOvinc fait traduire ses articles en allcniaiid, cl le M
Mona reine auslro-liong les publie h Vienne sous forme d'un fort volume annuel inagiiili(iueuienl illustré : ainsi s'est formée la célèbre collection des Wisscntschafllicho Milllwiliiiigcii OH.s //o.s7j/c/j niiil dcr Ilorcegoviniiu devenue si utile aux savants de Ions les pays.
Ces ressources, et parliculi!>l'CUKMit S(^s belles eolleiiioiis d'Archéologie et d'Hisloiic iialurelle, attirent au Musée qiiehjues travailleurs, antiquaires ou naturalistes, et un très grand nombre de curieux. Trois maliné'es par semaine, rétablissement est ouvei'l ai public. 11 est visité : le dimanche par des ciimpaguards venus à Sarajevo pour assister aux services religieux: le samedi, par les Spanioles; ])eudant le liamazan, par les musulmans, f.es élèves <les ('■coles primaires et desc'coles secondaires de la ville y sont coiuluits
fi. I)'' IvAiii.iNSKi : l.'hydrologio des arronilisst'iueiits do. SU)l»i' cl '/(» Konjicit.
7. Reiser : Omis halcnnica (.Uiilgarip, Monlencgro et Grèce). — .1 vol.
8. D'' Cii.cr.K : Mnlorimix pour un Dir- Kig. 136. — Aaeicnuos armes cl gibefil^res des • Turcs», et aarieos or»emeati ^/onnsiVc mcdical, portés par les femaies wusulmam's co Bosaie-Hcrrê'joriiie,
une fois par an. Le nombre des visiteurs, nous a-t-on dit, s'est parfois élevé jusqu'à 700 par semaine, et l'on a compté qu'en 1892 41.000 personnes y sont venues'. Bien qu'actuellement cet enthousiasme se soit calmé, bon nombre de gens du pays vont voir, à mesure que le Musée s'enrichit, les pièces nouvelles qui y arrivent. Quant aux étrangers de passage à Sarajevo, celui qui négligerait d'étudier le Landosnnisciini se priverait de la meilleure source d'information qui existe actuellement sur l'état passé et l'état présent du pays.
LE SERVICE DE LA SANTÉ ET LES OBSERVATIONS DÉ M 0 GR APHIQ U ES ET MÉDICALES
§ t. ^ Organisation générale du Service.
Avant l'Occupation, il n'y avait, sur tant le territoire de la Bosnie et de l'Herzégovine, que six médecins. A l'exception des hospices entretenus par un petit nombre de paroisses, aucun service sanitaire n'avait été institué, aucune mesure prise contre les épidémies ou les épizooties, aucune tentative faite en vue de restreindre les ravages de maladies, telles que la variole, qui, endémiques dans le pays, y prenaient, de temps à autre, un soudain et terrifiant développement.
L'Administration austro-hongroise s'est, dès le début de sa gestion, appliquée à modifier cet état de choses : elle a créé un Service d'hygiène et un Service de secours aux malades; à son instigation et par ses soins, se sont établis, en Herzégovine et surtout en Bosnie, des médecins pourvus du grade de docteur. Actuellement il y a, dans les deux provinces, une centaine de médecins civils^. A l'exception de deu.v Bosniaques, qui ont fait leurs études médicales à Vienne, et d'un praticien venu de Suisse, tous ces médecins sont originaires de l'Empire, et la plupart ont pris leurs grades à l'Université de Vienne. Bon nombre sont, comme nous le verrons plus loin, subventionnés par l'Administration pour soigner les indigents dans les campagnes.
A leur corps s'ajoutent trois doctoresses établies à Banjaluka, Donja Tuzla et Moslar. Ces femnOes, appointées par le Gouvernement, ont mission de donner gratuitement leurs soins aux indigènes de leur sexe. Elles rendent de grands services, surtout aux musulmanes.
Dans les villes principales ont été fondés des hôpitaux. Une somme de 126.000 francs est inscrite au budget annuel pour l'entretien de ces établissements en dehors de la capitale. A Sarajevo même existe un hôpital national, le Landesspilal {fig. 137), auquel estalTecté un crédit annuel de292.000 francs.
Cet établissement dépend directement de l'Administration gouvernementale. Il a été construit en 1893 et mis en service en 1894. Destiné à hospitaliser, sans distinction de race, de confession religieuse, de nationalité, ni de situation sociale, des malades venus de tous les points du territoire bosniaque ou herzégovinien, et atteints des affections les plus diverses, il devait réunir toutes les qualités dont l'expérience a montré l'avantage, et qu'on ne peut guère observer qu'isolées dans les hôpitaux ordinaires des villes : il fallait qu'il fût très spacieux, — il contient 305 lits, — bien aéré, facile
• D'après les indications de l'Administration, le Musée a été visité en moyenne par :
200 personnes par semaine en 1888 300 — — en 1889
400 — — en 1890
■;00 — — en 1891
• Il y a, en outre, pour le service des troupes, des médecins militaires ; ceu.x-ci demeurent exclusivement affectés à leurs régiments.
i,A sciK.NCK i;.N iius.Mi;-iii;i(/.i.<.t)\ 1M-;
Têsscrvir, bien que composé de plusieurs pavillons affeclés aux maladie» conUig;ieuscs, pourvu de nombreuses salles de malades (fig. 138), et, en connexion avec elles, de salles d'opérations (ijç. liO^; qu'il liH doté de laboratoires pour le diagnostic rajiide cl les recherches de longue haleine, de cabinets de consultation, do l'aménagement intérieur que requièrent la commodité du service cl le bicn-ôtre des internés, cnliii de tout ce matériel coûteux de stérilisation, particulièrcmcnl nécextuiire au chirurgien , et sans lequel un hôpital devient bientôt ce qu'il était presque toujours autrefois : un centre d'ensemencement et un foyer de contagion. Nous ne nous arrêterons pas & décrire les
Fig. 137. — L'Hôpital national, à >jriijr\'j.
dispositions adoptées par la Commission d'organisation, non plus que la distribution actuelle des bâtiments. Qu'il nous suffise d'indiquer (jue toutes les mesures ont été prises pour assurer à chaque salle les meilleures conditions d'hygiène.
En ce qui concerne la salle d'opérations et les laboratoires de microbie, une difficulté s'est présentée : le gaz d'éclairage, d'un emploi si commode pour stériliser, i\ sec ou avec admission de vapeur, les linges de pansement et les instrumeiils, fai.sait défaut : on lui a substitué le pétrole et l'on a fait usage d'appareils construits nd hoc. Ces appareils, assez rares en France, où nos éluves à gaz les remplacent avantageusement, rendraient service dans les dispensaires de ttcaucoup de petites villes et suitoul daus nos ambulances aux colonies'. .\ Sarajevo, ils complèlenl heureusement
' Disons toutefois que ces iippareils se prêtent mal aux exigences des travaux de iniorobiologie; avec le pétrole, il e»t difficile de porter rapidement les autoclaves a pins de cent degrés, plus ditllrile encore de maintenir constante \»
une installation qui, pour tout le reste, semble avoir été portée à un degré de perfection rarement atteint ailleurs. Aussi, le grand pathologiste Virehow, dont personne ne récusera l'autorité, a-t-il dit que celte installation pourrait servir de modèle à la plupart des hôpitaux de l'Europe.
Le/vayjrfess/jiVa/estl'œuvrepropredeS.Exc.M.de Kallay, qui, après en avoir conçu le plan et dirigé la construction, en a réglé l'administration intérieure, de concert avec MM. les professeurs Gustav Braun, Rudolf Clirobak et Isidor Neumann. Dès le début de la fondation, les malades hospitalisés ont été répartis en trois classes; deux sont payantes, ce qui permet d'admettre dans l'établissement, sans le grever inutilement, des personnes de condition modeste, qui s'y trouvent soignées beaucoup mieux et à meilleur compte qu'elles ne pourraient l'être chez elles. En outre, le Laiidcsspital comprend,
Fig. va. — Dortoir, à l'Hôpital national,
depuis son origine, un Service de consultations (fig. 139), de pansements et de secours donnés aux indigents du dehors dont l'état ne nécessite pas l'internement. Quantité de pauvres gens reçoivent ainsi des soins et des remèdes sans cesser de vaquer à leurs travaux habituels.
Les malades internés — payants ou non payants — sont distribués en quatre Sections, suivant l'affection dont ils sont atteints : 1° Section des Maladies internes; 2° Section de Chirurgie et d'Oculistique; 3° Section de Syphilis et de Dermatologie; 4° Section de Gynécologie, comprenant un département de Maternité (fig. lil).
Ces Sections sont administrées chacune par un médecin en chef. Ces 4 médecins choisissent parmi eux le directeur de l'hôpital; ils sont assistés de 1 prosecteur et de 3 assistants.
température des étuves de culture, à peu près impossible de régler convenablement l'obtention et les variations désirables de température dans les étuves affectées à la stérilisation du sérum. Le laboratoire bactériologique du Landesspjlal se trouve de ce fait dans im état évident d'infériorité.
LA SLIK.NCK i;.\ liOS.M IMI K lt/,]C(i(j VI.NE IS»
Les autres personnes faisant aussi partie du personnel médical de rétablissement, kodI : 5 médecins en second, 1 pliannacien en dief, 1 ])liarinacien assistant, 4 garçons de service, 0 infirmierti et 28 intirniièrcs '.
Ainsi pourvu, riiApilalpeutadmeltreunlrèsgrand nombre de malades. Ce nombre s'est élevé à 3.144 en 18%ets'est encore nolablemenlaccru depuis. Le tableau II ci-des.sous permet d'apprécier ie mouvement des entrées cl des sorties en 189o (deuxième année du fonctionnement) et en 1890. Bien que les sorties ne correspondent pas toutes à des guérisons complètes, on est frappé de lu faible.ssc de l'écart qui existe enlr(! le nombre des entrées et celui des sorties, comme aussi de la faiblesse de la mortalité. Le même tableau montre, d'autre part, ce fait curieux de l'énorme prédominance (!(••< malades du sexe masculin. La petite proportion des femmes ne s'explicjue pas scubunenl par la répugnance qu'oui, les musulmans , si nombreux il Sarajevo, de laisser bnirs femmes sortir de leurs demenres ; elle est due aussi au mépris en lequel le Bosniaque en générai lient le sexe faible. Les mahomélans, anciens maîtres du pays, ont, sous ce rappoi'l, façonné à leur image tous les cliréliens de Bosnie et d'Herzégovine.
Leur barbarie à l'éganl delà fcMune s'adoucit cependant peu à peu sous l'intluence de la civili- .salion austro-hongroise, gr<\ce surtout aux efl'orls de la comtesse de Kallay, qui ne cesse de mener une lutte vaillante en faveur des opprimées, se préoccupe de leurs misères, prend soin de les visiter dans loul le district de Sarajevo , quand la maladie s'abat sur elles, et les accompagne de sa sollicitude
Tableau II. — Entrées et sorties au Landesspital.
Fig. IS'.t. — Service de eonsullatioa, è tllàpital oaliooal.
Entrées ....
ANNKE 1895
AXXtB ISDS
Hommes
Femmes
ToUl
Hommes
Femmes
ToUI
loi
3 lli 2.933 '
Sorlies
Morts à l'hôpital
jusqu'à l'hôpital. C'est justice de reconnaître la grande part qu'elle a prise au développement de la Maternité comme au perfectionnement des Services de diphtérie et de variole. Si le Ijiiidesspiliil se
* 91 autres personneH sont employées k la comptabilité, Ji la cuisine, bu service domestique.
IGO
trouve aujourd'hui muni d'un outillage de choix' pour pratiquer l'antisepsie et assurer l'asepsie, c'est aussi à M"" de Kallay que, pour une large part, il en est redevable.
Dans les centres privés d'hôpitaux, l'Administration a organisé, depuis 1897, des awLuhmccs où la consultation médicale et les remèdes sont gratuitement délivrés. Les frais des médicaments incombent en partie au Gouvernement, en partie aux municipalités. Un fait atteste le bienfait de cette institution: en 1898, plus de 30.000 personnes, atteintes d'affections diverses, y ont eu recours.
Enfin, un Conseil de Santé, qui siège à Sarajevo, donne son avis sur les mesures à prendre contre les épidémies et les maladies endémiques; le Gouvernement a, suivant les indications de ce
Fig. 140. — !>allc il'opéi-iiliijus cliirunjiculos, U l'I/opiliil naliijual.
Conseil, fait exécuter des travaux d'assainissement et appliqué tout un système de prophylaxie dont l'efficacité est aujourd'hui reconnue. Il consacre à l'amélioration de l'hygiène publique une dépense annuelle d'environ trente mille francs.
Parmi ses plus importantes créations, on doit citer la station thermale d'Ilidze, située à quelques kilomètres de Sarajevo. En ce lieu, des sources d'eau, minéralisée principalement de sulfate de soude, de chlorure de sodium et de calcium et de bicarbonate de soude, sourdent à la température de 58° centigrades. Plusieurs apportent à la surface du sol des boues dont l'action thérapeutique semble être analogue à celles de Dax. L'Administration les a captées et a édifié au voisinage un Établissement balnéaire fort bien aménagé pour divers traitements hydrothérapiques : il est pourvu de bassins de natation et de nombreuses baignoires pour bains soit dans l'eau seule soit dans les boues. Chaque été de nombreux malades viennent s'y soigner. Pour les loger, le Gouvernement a construit, près de lÉtablis-
' Sous la seule réserve formulée plus haut au sujet des éluves.
LA SCIENCK i;.N lifiSMi: IIKIlZEGOVINK
Kl
sèment el, au inilicii d Un \><-.\u |imic, de grands hdlels où environ cent cinquante clininbrcs sont à la disposition des étrangers. Ceux-ci alllnent non seulement de Bosnie et d'Iler/égovine, mai» am»\ de Diilmalic, de Croalie, de Slavdnio, d'Autriche, de Hongrie, de Pologne, de divers pays de l'Europe centrale. Des l'êtes, des distractions variées, des courses de chevaux, des lennis, y attirent, pendant la belle saison, une foule de visiteurs. — Les dépen.ses d'entretien d'ilidze s'élèvent à cnvinn 7:j.(HM) Francs; (iO.tXK) francs de re(;elti'S V('nanl en déduction, l'Etablissement ne coûte que I5.00U fr. par an à l'Elal.
Au total, la Service de lit Siiiilé ligure actuellement au budget annuel de la Bosnie-IIenégovinc
Kig. lil. — Sulle (lu Dcparlement de Maternité, à l'Hôpital aatiooal.
pour une somme de S/ti.OOO francs inscrite au chapitre des dépenses prévues. Ces dépenses se décomposent comme suit :
Fraocs
l. lîntrclicn de l'IiApilal de Sarajevo 291.900
S. Enli-etien de* aulros hôpitaux 126.000