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Tableau XVII. — Institut pédagogique de Bosnie et Herzégovine, à Sarajevo.
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NOMBRI-
DES r-RESENCLS
ANNÉE
scolaire
d'après
la religion à la fi
1 de l'année scol.
NOMBRE UKS ÉLÈ
sortis avec approbati
LINSTllUCTION PUBLIQUE EN BOSNIE-HERZÉGOVINE 221
Kn l'Iiysii/iic, en Chimie, l'enseignement se réduit à peu de chose. II est donné, pour ce» deux sciences, par iiii seul iiiaîlre. Celui-ci dispose d'un petit musée d'instruments vieillots, d'une manière de laboriitoirc et de produits, à la vérité, suflisants pour les expériences de démonstration. Mais, [»our que ses leçons fussent vivantes et fécondes, il lui faudrait être outillé de façon à pouvoir suivre de plus prés le progrès contemporain.
Le Dessin, comme dans toutes les écoles de Bosnie où il est représenté, est enseigné avec soin. Dans les plus basses classes, la pratique de cet art est obligatoire. Le gymnase possède une bulle collection de modèles et de grandes salles bien aménagées pour exercer les élèves au Dessin linéaire el au Dessin d'ornement. L'examen de leurs compositions nous a montré que lu phqKirt d'entre eux acquièrent, dans le travail au trait et au lavis, une habili'té réelle.
Ainsi que dans nos lycées, le la/iii tient une grande place dans leurs études. Il y est enseigné dans toutes les classes. Les auteurs ([ne Ton traduit sont, pour les poètes, Virgile, Horace et Ovide; pour les prosateurs, Cici'ron, Tite-Live, César, Salluste et Tacite. Le y/'t'c est moins copieusement représenté : on l'étudié dans Homère, Sophocle, Xénophon, Hérodote, Platon et Démosthène. Les musulmans en sont exeni|ités : on leur enseigne, ;\ la place du grec, le vieil arabe, qui est la langue liturgique de l'Islam.
Tous les élèves apprennent l'usage courant de la /h/j^hc a//<î/wn«</e et font des traductions de morceaux choisis de Schiller, Gœthe et Lessing.
En Ilisloirc, eoninie aux étudiants de nos lycées, on leur fait suivre à grands traits l'évolution de l'Assyrie, de la Chaldée, île l'Rgyple, de la Grèce, de Home, celle de l'Europe au Moyen-Age, et des diverses nations civilisées depuis la Renaissance jusqu'à l'époque actuelle. On leur ai)prend même l'histoire contemporaine jusqu'en 1870, ce qui a constitué une grande innovation dans l'enseignement austro-hongrois, lequel, récemment encore, s'arrêtait à la lin du siècle dernier.
La Gêograpliie comprend dans son programme les notions fondamentales de la Cosmographie et la description physi(|ue et politique de la Terre. D'après les cartes appcndues aux murs et les atlas employés par les élèves, il nous a semblé que l'enseignement de la Géographie est, à Sarajevo, très inférieur à ce qu'il est devenu depuis quinze ans dans nos lycées.
Actuellement, plus de 400 jeunes gens suivent les cours du gymnase. Près de la moitié sont Serbes (Tableau XIV). Les musulmans n'y représentent que le quart du nombre total. Le tableau XIV fait voir qiu' presque tous les élèves y terminent leurs classes, très peu d'entre eux renonçant & l'examen de niatiirilr.
Les frais (lenlretieii de cet établissement se sont élevés à 12:2.000 francs (chiffre rond) en 1H1»S.
Moslar est pourvu d'un Gymnase {Oljcri/vmniisiiini) moins important : les études y sont moins hautes, et les élèves moins nombreux (Tableau XV). Cet établissement rend cependant de signalés sorvicesàla population studieuse d'Herzégovine. Ses dépenses en 1898 ontété deoO.OOO francs ^chiffre rond .
A l'École réalc de Banjaluka et dans les deux gymnases de Sarajevo et de Mostar, le traitement du directeur varie entre .'i.i.'iO et 7.500 francs, suivant l'ancienneté de ses fonctions; celui des professeurs est compris entre 3.360 et environ (i.OOO francs.
A Travnik, le Gouvernement a fondé, surtout en vue des Autrichiens, des Hongrois et de> jeunes gens ([ui se destinent à la prêtrise, un gymnase {KrzJi'isrhà/livhcs Oherijviiinasiuni), qu'il a placé sous la direction de l'évèque diocésain el confié iX des Jésuites. Le progrannne des éludes y est le même que (hins les établissements similaires de Sarajevo et de Mostar, à celle différence près que le grec y tien! autant de place que le latin. Mais le caractère plus que confessionnel du personnel
qgo)
LA REVUE GÉNKllALE DES SCIENCES EN BOSNIE-HERZÉGOVINE
enseignant en élimine, en fait, mahomélans, orthodoxes et Israélites. Sur 193 élèves que le gymnase épiscopal comptait en 1896-1897, 184 étaient catholiques, 5 orthodoxes et 4 Israélites. Les musulmans n'y ont jamais été représentés (Tableau XVI). Les élèves sont externes, excepté ceux qui désirent entrer plus tard dans les ordres.
Actuellement, c'est l'État qui intervient, pour la plus large part, dans le paiement des frais de cette école. Ces frais, qui comprennent l'entretien du séminaire catholique à Sarajevo, ont dépassé 120.000 francs en 1898.
Aucun de ces établissements ne préparant d'une façon spéciale à l'enseignement, et, notamment, ne formant des instituteurs, le Gouvernement a dû créer, dans la Capitale, un Inslitul pédagogique [Bosnich-IIercegoviniscJic LehrerJAldungsaiistull). Cette école, pour laquelle II dépense plus de 100.000 francs par an', comprend actuellement trois classes et 110 élèves, qui sont des jeunes gens de 18 à 23 ans. Le tableau XVII Indique, en ce qui les concerne, un fait intéressant : c'est que les orthodoxes s'y trouvent en majorité. Or, les Serbes Irrédentistes ne cessent de reprocher au Gouvernement de recruter ses instituteurs et professeurs parmi les Croates, au détriment des Serbes; ceux qui les écoutent feraient bien, avant d'ajouter fol à leurs propos, de consulter les statistiques de cette École normale.
Séminaires chrétiens.
Avant l'Occupation, les communautés serbes possédaient à Ranjaluka un séminaire où se formaient leurs futurs popes. Le Gouvernement bosniaque a remplacé cet établissement par l'École de Théologie orthodoxe qu'il a créée et qu'il continue d'entretenir à Reljevo. Cet Institut (Tableau XVIII) est
Tadleau XVIII. — École de théologie orthodoxe, à Reljevo.
ANNÉE
NOMBBE
du
NOMBRE
des auditeurs
NOMBKB
des auditeurs
personnel
à la lin
qui ont subi
scolaire
enseignant
de ranncc scolaire
i'examen de tin d'année
188fi-1887
* Y compris
un auditeur extraordinaire.
Tableau XIX. — Ecole de théologie catholique, à Sarajevo.
NOMBRE
NOMBBK
ANNÉE
du
auditeurs
auditeurs
personnel
à la fin
qui ont subi
de
1 examen
l'anni^e scolaire
de tin d'année
placé sous la haute direction du métropolite de Sarajevo. La durée des études y est de quatre années. Pour y être admis, Il est nécessaire d'avoir fait ses classes dans un gymnase; aussi l'Établissement compte-t-il peu d'élèves; cependant, avec l'appoint des monastères. Il suffit à fournir à la Bosnie et à l'Herzégovine les nouveaux popes dont ces provinces ont besoin annuellement. En 1898, ses dépenses ont dépassé 100.000 francs '.
* Le directeur et les professeurs sont payés exactement comme ceux du Schériat.
" Mais on doit noter que celte somme comprend aussi des bourses données aux élèves de l'Élablissement pour accéder à des écoles supérieures, par exemple aux gymnases de Sarajevo et de Mostar.
A Sarajevo est insliluée, dans le couvent des Jésuites, une École de Théologie, destinée à pourvoir de prêtres les églises catholiques du pays. Cette école n'a qu'une quinzaine d'élève» (Tableau XIXj.
LES ÉCOLES SUPÉRIEURES ACTUELLES l'OUR JEUNES FILLES
En regard des écoles supérieures destinées aux jeunes gens, on ne peut citer en Bosnie-Herzégovine qu"un tout petit nombre d'établissements pour l'instruction supérieure des filles. Les uns sont
confessionnels; les autres, nationaux et laïques.
g 1. — Écoles confessionnelles.
Çà el là, très disséminées sur le territoire des deux provinces, existent quelques institutions, soit communales, soit congréganisles, où les filles poursuivent leur éducation jusqu'à 15, 16ou 17 ans.
Il en est ainsi à V/'Jcolo supérieure serbe pour Pilles, créée depuis longtemps par les Serbes à Sarajevo et encore entretenue en cette ville par la population orthodoxe. De même, à Donja Tuzia, les religieuses catholiques de « l'Amour divin » {Schwcstern der (jôlllielwu Liebe) possèdent un établissement très bien tenu, où les enfants reçoivent d'abord l'enseignement primaire, puis, à mesure qu'elles grandissent, une instruction plus élevée. Celle école, dirigée par 17 sœurs, comprend environ 200 élèves. Celles-ci apparliennent soit au catholicisme — et ce sont les plus nombreuses — soit à l'orthodoxie d'Orient, soit à la religion juive.
Kn l'ait, l'enseignement de ces écoles est peu élevé : il a surtout i)our but d'afTermir, nous dirions presque de consolider chez les élèves l'instruction élémentaire, et de les habituer aux travaux domestiques.
L'État trouve dans ces écoles congréganisles un auxiliaire, qu'il apprécie cl encourage. Il voit, croyons-nous, d'un moins bon œil les établissements plus sectaires des communes serbes, el il se niélie de l'aclion que celles-ci cherchent à y exercer. C'est pour empêcher leur propagande nationaliste de se développer (luil a refusé aux Serbes de Mostar l'autorisation d'ouvrir en cette ville une école s\ipérieure orthodoxe pour filles.
Mais, en général, il n'a pas, en matière d'enseignement supérieur, à lutler contre un zèle exagéré de la population. Presque toutes les familles ne denuindent pour leurs filles que l'inslruclion élémentaire.
g 2. — Écoles Nationales.
Si, dans l'étal actuel de la société bosniaque, l'enseignement des écoles primaires suffît à la plupart des jeunes filles indigènes, il était cependant utile de sélectionner parmi elles une élite capable d'acquérir une culture plus haute. Il fallait aussi procurer aux filles des militaires el fonctionnaires de l'Empire résidant dans les provinces occupées, une insiruclion analogue à celle qu'elles auraient reçue à Agram, à Vienne ou à Buda-Pcst. Ces deux considérations ont décidé le Gouvernement à créer, pour un cerlain nombre de jeunes lilles, indigènes ou immigrées, deux écoles supérieures, l'une à Sarajevo, l'autre à Mostar.
T.\uLE.\u XXI. — Dénombrement des élèves à l'École nationale supérieure de jeunes filles, à Mostar.