‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 74 sur 132 · PRODUITS · texte numérisé non relu

PRODUITS

l'RODUCTIO?» MOVENNE

AUG.MKN- TATION

Céréales

Pommes de terre. . .

Tabac

Prunes

Raisins

quiuuiux

quintaux

Kig. 192. — Variations de l'ensemble de la production agricole, de 1882 à 1808, en Bosnie-Herzégovine.

prendre une importance considérable, en raison de l'existence de prairies où les cours d'eau sont nombreux.

Le Gouvernement s'emploie à répandre dans tout ce pays les bonnes méthodes agronomiques, et il est manifeste que .son intervention a considérablement accru la production agricole. Depuis 1882, il

a su aiigmenler do 78 % la récolte des céréales, de 190 °/o celle des pommes de terre, de 167 •/• celle du tabac, de 94 °/„ celle des prunes, de 73 °/„ celle des raisins (lig. 192). Le tableau I fpage 274), où se trouvent consignées, d'après 1(!S chiffres ofllciels, les moyennes de la production annuelle de ces denrées pendant les périodes 1882-1880 et 1892-1896, permet de juger de l'heureuse efficacité du concours de l'État.

Un tel i'('siiilat semble tout daboid annoncer pour une date prochaine une profonde transformation agricole. On doit remarquer cependant que la rapidité d'une telle évolution semble menacée par l'état social du pays. Le .sol appartient .soit il de petits propriétaires, musulmans pour la plupiirt, qui cultivent eux-mêmes leurs domaines, soit aux anciens seigneurs ou « aghas », qui ne cultivent pu» eux-mêmes, mais partagent le produit des principales récoltes avec leurs métayers chrétiens, appelés kinols, la pliqiarl dépourvus d'instruction technique. La pauvreté et l'ignorance des petits propriétaires ou des métayers constituent un obstacle sérieux au développement de l'agriculture. C'est l)()iir([uoi l'Administration s'efiforce de propager le crédit agricole, de faire pénétrer peu à peu dans tes campagnes les procédés scienlidques de l'agronomie moderne. L'intérêt d'un tel effort se justifie par le cliiH're même de la population qui, sur tout le territoire de la Bosnie et de l'Herzégovine, vit de la cuiliu'e de la terre. Sur 1. -568. 092 habitants qu'accusait le recensement de 1893, 1.385.30.'), c'est-à-dire 88 "/„, constituaient le groupe agricole. Cette proportion démontre clairement l'exceptionnelle importance de l'industrie agricole en Bo"^snie-Her/.égovine.

l'admimstration de l'aguicl'lture, les institutions et les encouragements OFKICIELS

§ t. — Les Fermes-modèles.

Au,ssitôt après l'Occupation, M. de Kallay invita quelques spécialistes autorisés à visiter les campagnes et à étudier la situation do l'agriculture. Conformément aux conclusions de leurs enquêtes, on s'occupa, dès 1886, des mesures à prendre pour relever et améliorer tant l'agriculture proprement dite que l'élevage des animaux domestiques. C'est à cette époque que furent instituées les deux premières fermes-modèles; l'une d'elles fut placée en Bosnie à Modrié, l'autre à Gacko en Herzégovine. Hu 1888 et 1893, on fondait à Livno, puis à Ilid^e, près de Sarajevo, deux autres établissements analogues.

Ces fermes-modèles, appelées aussi stations agricoles, ont pour objet :

1° De montrer aux populations voisines comment on peut cultiver en .se servant de procédés et de luaciiiiies inconnus jusque-là en Bosnie-Herzégovine ;

2° De donner une instruction pratique à de jeunes paysans, qui suivent comme apprentis les opérations de culture ';

3° Deiilrelonir des animaux reproducteurs destinés à être utilisés dans la région; de multiplier ces ;i II! maux eu faisant des élèves;

' Pour l'épanilre l'enseignement agricole en dehors môme des élèves de ces établissements, le Gouvernement a institué, dans diverses écoles primaires, des cours du diiiianclic, auxquels assistent quantité de paysans; de plus, les jeunes élèves de ces écoles assistent à des démonstrations pratiques : on tes conduit, ii cet elTct, dans des fermes bien outillées, que l'Administration subventionne. Kniin, à la sortie de l'Ecole de Pédagogie, certains, parmi les nouveaux instituteurs, vont passer quelque temps à la station agricole de Gséico, s'initient aux méthodes culturales et leçoivont un diplôme qui les autorise ensuite ii enseigner ces méthodes dans les écoles élémentaires. (Non de la DiREOTio.t.)

4° D'introduire des plantes nouvelles utiles, d'améliorer la qualité des semences employées, et de faire, au besoin, des distributions de graines.

Des semences de choix, et notamment des orges de Bohême et de Hongrie, sont données aux cultivateurs, et ceux-ci doivent restituer l'année suivante une quantité égale de grains.

Aux stations agricoles de Gaëko et d'Ilidze sont annexées des exploitations alpestres, où l'on élève des animaux bovins, des moulons, et où sont établies des laiteries-fromageries servant d'écoles pratiques.

A Livno, on a utilisé des caves naturelles existant dans le karst, et on les a employées à la fabrication du fromage de Ro-

psE.-— — - • quefort.

Les stations agricoles disposent d'une surface de •i.OOO hectares ; les trois quarts de cette étendue sont représentés par des pâturages ou des terres de montagne. Les animaux qui y. sont entretenus sont :

A Livno : le bœuf de Pinz-

Fig. 193. — Chariot des paysans bosniaques sur une rouie de campagne. A droite, famille de kmets et charrue du type bosniaque.

gau-MoUthal ; le mouton de Ro-

mazkan (croisement du Hampshi

redown et du Zackelschaf de

Moldavie) ; le mouton à queue

grasse de Bucchara; le porc de Berkshire; la chèvre d'Angora. .1 Modric : le bœuf du désert

hongrois; le porc de Berkshire. ^4 Gacko : le bœuf du Wippthal; le mouton Romazkan; le mouton

à queue grasse de Bucchara; le porc de Berkshire. A Ilidze : le bœuf de Pinzgau-Môlltlial.

Indépendamment des établissements consacrés à l'agriculture en général et à l'élevage, l'Administration autrichienne a fondé des stations fruitières et vinicoles, qui ont pour objet d'instruire la population rurale sur la production des fruits, la culture des vignes, la vinilication, etc., etc.

Des élèves sont attachés à ces stations; ils y reçoivent une instruction théorique et surtout pratique.

En outre, les stations viticoles et fruitières sont chargées de distribuer des sarments de vigne, des greffes ou greffons, des graines, d'enseigner l'usage des instruments mécaniques, etc., etc. Il existe actuellement trois établissements de ce genre, à Dervent en Bosnie, à Mostar et à Lastva. Une pépinière a été, de plus, créée en 1893, à Travnik (Bosnie)

L'Administration suscite, d'autre part, le progrès agricole en répandant dans la population les instruments aratoires perfectionnés, dont ses fermes-modèles mettent en évidence la supériorité sur les

anciens types; elle les vend à bas prix et sur la base du paiement à terme. C'est ainsi qu'environ 2.()0<) charrues on for ou acier (types Brabant, Sack, de Vidais) ont, depuis quelques années, été substiturios ou ajoutées aux anciennes charrues, toutes de bois (fig. 193), des paysans de Bosnie et d'IIorzégovinc.

§ 2. — L'amélioration des races animales indigènes.

L'Administration, s'est, en outre, attachée à améliorer les races animales indigènes par l'introduction de reproducteurs étrangers et notamment de reproducteurs ninles. La Bosnie-Herzégovine fut divisée en plusieurs districts d'élevage, où les races importées doivent élre employées séparément et exclusivement.

1. Hnces bovines. — On introduisit dos lauroaiix do la race grise des steppes (bœuf hongrois) dans la partie nord-est de la Bosnie, entre la Bosnaot la Drina, région do plaines, dont 1(^ bétail a été croisé de temps immémorial avec la rnoe hongroise, en sup|tosant llièmo ijiic sa |)(i|iiilalii)ii iioxino no soil pas

oonslitiioo iiiiiciiii'inoiil |iar dos représentants de cette race. Dans le reste de la Bosnie, on a utilisé des roprodiicliMiis iiiùlos iW la race IMnzgau-MoUthal. En Herzégovine, on a introduit des taureaux de la race du Wippthal.

Los animaux oniployés comme étalons ont été importos diroctomoul dos pays d'origine ou élevés

dans les fermes-modèles de Livno, de Modric, d'Ilidic, où des vaches de race pure avaient été introduites.

Après l'acquisition de quelques animaux importés directement, les élèves sont utilisés comme reproducteurs. Il en est résulté

Fig. 195. — Concours Jo Bovklcs, il H.iriijevo.

qu'on compte , aujour-

d'iiui, on Bosnie-Herzégovine, un(^ population d'animaux repi'odiiclciirs qui a été ainsi dénombrée :

Fig. 19 i. — Cheval de race bosniaque.

Race grise Hongroise IW

Rai-e Piiugau-Môllllial 881

Race du AVipptlial 308

Totaux J.33U

TAt'HEAl^X

On voit qu'il s'agit d'un effort considérable et d'une dépense qui a été fort élevée. Les sacrifices faits par l'Administration autrichienne ont été assurément très grands. Pour les réduire, et accroître, cependant, le nombre des reproducteurs choisis, on confie également, soit à des particuliers, soit à des communes rurales, quelques reproducteurs mâles; ceux-ci deviennent, au bout de trois ans de service, la propriété des agriculteurs qui les ont soignés et nourris. De véritables dépôts d'étalons ont été créés pour ces bovidés chez divers propriétaires, qui les tiennent à la disposition du public

Fig. 196. — Etalon importé de Syrie.

sans aucun frais, et reçoivent une subvention du Gouvernement. L'aulorilé administrative a déjà rendu obligatoire, dans cinq arrondissements, l'usage des taureaux dont on veut faire prédominer la race; elle se propose d'étendre cette mesure à tous les districts quand le nombre des reproducteurs de race pure sera devenu suffisant.

Ajoutons, enfin, que, pour prévenir la propagation de la tuberculose, tous les animaux reproducteurs importés ou élevés dans le pays sont soumis à l'épreuve de la tahevculinisation . Des prix sont distribués annuellement aux propriétaires des plus beaux animaux provenant du croisement de la race indigène avec les reproducteurs utilisés (fig. 195). Des récompenses spéciales sont accordées à ceux qui possèdent et soignent avec intelligence les taureaux employés à la reproduction.

2. Ilnces chevalines. — Des procédés analogues ont été adoptés pour l'amélioration de l'espèce chevaline (fig. 19i et 190 à 198). Trois dépôts d'étalons ont été créés, depuis 1885, à Sarajevo, à Mostar et à Travnik. Les reproducloiirs employés sont de race orientale (Arabes et Syriens). Ils ]troviennenl soit du haras royal hongrois de Baholna, soit du liaras aulriclilen de Lippiza, soit directement d'Arahie et de Syrie,

On compte environ 10<) (''laioiis répartis dans les divers(!S régions de Bosnie -Herzégovine où so pratique l'élevage du cheval. Une jumenterie vient même d'être créée à Livno; elle possède 22 juments, ddtil l.'t (iiit (•{(' directement importées de Syrie, 18 poulains ou pouliches, et 3 étalons arabes, de j)i'()V('riiiti('(^ directe.

L'Administration cède, en outre, des juments et des étalons aux particuliers qui prennent l'engagomenl de les faire servir fi la reproduction; le paiement à lieu par termes. L'em|>loi exclusif d'étalons approuvés par l'autorité adiniriislralive ou fournis par elle est devenu obligatoire dans un arrondissement et le deviendra successivement dans tous les autres. Nous devons signcaler, enfin, rinslilulion de courses qui ont été considérées, seml)le-l-il, par rAihninislralion , comme nu iiKiyci) d'encourager l'élcvngc (iii cheval (l(> selle. Les premièrcscourses inlpriialionM](\s ont eu lien, (Ml 189i, sur 1 liippodi'oiiic, bien aménagé, de la station d'Ilidze'(lig. 108).

Fig. 197. — Écurie, au Haras de Sarajevo

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