NON ENCORES IMPRIMÉE
Tu te mocques, jeune ribaude :
Si j'avois la teste aussi chaude
Que tu es chaude sous ta cotte.
Je n'aurois besoin de calotte,
Non plus qu'à ton ventre il ne faut [^)
De pelisson, tant il est chaut. (-)
Tous les charbons ardants (■^) Alument là dedans Le plus chaud de leur braise ; Un feu couvert en sort, Plus fumeux et plus fort Que l'air d'une fournaise. (M
QO GAILLâiRDISES
y^y la taste froide et gelée,
D'avoir ma cervelle es coulée
A oe limonnier, par l'espace
De quatre ans, sans m'en sçavoir grâce,
Et luv voulant vaincre le eu,
Moy-mesnie je me suis vaincu.
Ainsi, le fol sappeur (^) Au fondement trompeur D'un Boulevart s'areste.
Quand le fais, tout soudain Esbranlé de sa main, C") Luv écrase la teste.
Escoute, tu n'es qu'une sotte De te iiaocquer de ma calotte :
C'est, Bure, afin que ma cervelle (') Garde sa chaleur naturelle, Et que mon doublé tafetas {^) La face dévaler en bas. f )
L'estomach mieux en cuict La viande, et l'induict, (*") Quand plus chaud il demeure :
Or, la concoction.
Faite en perfection, (*') Rend la santé meilleure.
De là le bon sang prend naissance; De là s'engendre la semenc-e.
Qui aux reins plus ciiaude s'areste f'*^) Tant plus on a chaud-e la teste ;
DE PIERRE DE RONSARD gi
De là le sperme coule, après.
Plus blanc, plus chaut, et plus espais. *
Pren l'un ou l'autre poinct : ('^') Ou ne tê mocque poinct De me voir en la sorte, Ou bien te ramentoy (*^) Que, pour l'amour de toy.
Malgré moy je la porte.