‹ La BourgogneChapitre 16 sur 81 · Pers. Sut.. II · texte numérisé non relu

Pers. Sut.. II

I d n s vénérables qu'on les ;i gratifiés de plus de couleur. Les fidèles vont les baiser: ils sont excités adonner : ils regardent plus la beauté des statues qu'ils n'honorent la vertu des saints. Ensuite, on place dans l'église non des couronnes niais plutôl îles roues ornées de joyaux : autour on place des lampes, niais elles sont surtout brillantes du feu de leurs pierreries. ( >n voit pour candélabres des sortes

d arbres dressés, lourds de métal, travaillés avec un art extraordinaire, et qui n'éclairehl pas plus des lumières qui les surmontent que des pierres précieuses qui les décorent.

Une veut-on donc, pensezvous? Est-ce le repentir du coupable? Est-ce l'admiration du spectateur? 0 vanité des vanités, niais plus encore folie que vanité ! L'église scintille de tout côté, mais le pauvre a faim ! Les murs de l'église sont couverts d'or, les enfants de l'église restent nus. La dépouille des malheureux sert îi charmer l'œil du riche. Le curieux trouve à se satisfaire, le misérable ne trouve pas à manger. Est-ce révérer les images des saints que de fouler aux pieds et de salir le pavement qui les représente ? Le passant crache souvent à la figure d'un ange ou marche sur la face de quelque saint. Si ces images sacrées ne méritent pas plus de respect, pourquoi dépenser tant de couleurs à les parer? Pourquoi tant décorer ce qu'on va outrager? Pourquoi peindre ce qu'on foule aux pieds? Pourquoi tant de beauté pour être souillé constamment de poussière? Enfin, qu'impofte-t-il aux pauvres, aux moines, aux hommes vraiment religieux? A moins qu'on ne réponde aces reproches par le verset du prophète : « Seigneur, j'aime la beauté de ta maison et le lieu de ta srloire » Psal. XXV. 8 . J'y consens.

Moine de Cluny.

D'après une gravure du temps.

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