ACTE I
Nous sommes pleins de goût, de tact et de lumières, Des modMes de grâce et de bonnes manfêres)
Nos opérations, que prônent les journaux.
Aux capitaux dormants ouvrent d'heureux canaux; Nous recevons alors des cartes fort poliee; Nous sommes Visités par des femmes jolies,
Et la demande pleut sur papier blasonné, Gros, rustique, mignon, parfumé, satiné.
La prime a transformé Turcaret en Mécène ;
La prime I devant elle 11 &V)st point d^bomafaiei
La prime, tenant lieu d'antique parchemin ,
Nous ouvre à deux i)aitantd le faubourg Saiat-Geripaia.
LE DUO BS MOtTAGNE.
Et VOUS y figurez avec autant d'aisance
Que si dans nos salons vous aviez pris naissance.
SIMONNET
Monsieur le duc...
LE DUC
Ge ton» en naturel exquis.
Qui ne s*aequlèrent pas, vous les avez acquii«
On n'a pas des façons plus nobles que les VQtres,
BIUONXST.
Monsieur le duc, de grftce..«
LE DUC
Oui ; vous êtes des nôtres.
— A propos, que devient l'afifairo en question î Serai- je du conseil d'administration?
SIMONNET
Mais a \ ous dire vrai , ce point nous embarrasse.
LE DUC
Peut-être que je suis do trop petite racet
SIMONNE!
Ohl c& n'est pas cela. Je sais qu'un grand seigneur. En touchant une part, nous fiât beaucoup d^honneur ; Mais j'ai trouvé des gens moins sensibles au lustre
Que sur le prospectus répand un nom illustre. Sans doute la noblesse a du poids, m'a- 1- on dit; Mais c'est vers les ëcus que penche le crédit. Le siècle est si grossier, que les actionnaires Estiment moins les ducs que les millionnaîres, Et sont plus attirés par un rustre enrichi Que par un ùl& des preux , menacé de Clichy.