ACTE II
Ce soir; venez souper avec Estelle et d'autres; Nous aurons Maria ; si vous vous entendez , Rien ne manquera plus aux titres demandés.
LEON y Ttrement.
Non, non, je n'irai point.
ALFRED
Holàl quelle rosière I
ESTELLE
Monsieur aime chez lui quelque belle meunière ; Sous Forme, ils ont juré de s'aimer constamment, Et Fastre de la nuit a reçu leur serment.
LEON
C'est un sujet, Madame, où le rire m'outrage; Et vous m'obligerez de changer de langage.
ESTELLE, areo vm gnviU ezâg^rét.
Ohl je ne rirai plus; d'un ton respectueux...
LÉON
Ni rire, ni re^)ect. Le ^lence vaut mieux.
ESTELLE, à part.
Quel oursl
ALFRED
Homme des champs! montrez-vous moins farouche. Nous n'insisterons pas sur un point qui vous touche; Mais vous avez grand tort de vous gendarmer tant ; Cela n'eût point rompu l'hymen qui vous attend. On va de la maîtresse à la riche héritière.
Oh I la dotl mais chez nous on n'en fait pas litière; Nous ne ressemblons pas aux fous du temps jadis , Qu'emportait le plaisir, en jeunes étourdis; Non , non. Dans nos excès, notre humeur positive Caresse d'une dot Futile perspective;
42 LA BOUBSE.
Nous allons à Torgie, oui, mais sans passions. Et mêlons la débaudie aux spéculations.
ESTELLE, se lerant.
Les galantes façons I Cette aimable jeunesse Donne aux femmes le temps que la Bourse lui laisse ; TeUes sont les ardeurs dont ils sont enflammés; . Et puis iU se plaindront de n*être pas aimés I De quel front osez -vous, cœurs glacés que vous êtes, Nous reprocher les mœurs que vous nous ayez faitçs! Pourquoi flétrissez -vous, d'un ton déclamateur, La fille corrompue, et non le corrupteur?
Et cependant , quel est le plus digne de blâme , Du riche libertin qui marchande une femme.
Ou de celle qui^ riche, eût chastement vécu.
Et, pauvre, cède à For par qui tout est vaincu. Vous engouffrez chez nous, dit- on, votre fortune; Oh! Ton peut sur ce point être sans crainte aucune : Vous n'êtes pas enclins aux prodigalités ; C'est en agiotant que vous vous endettez , Et, hasardant des fonds qui ne sont pas les vôtres, Quand vous vous ruinez , vous ruinez les autres.
ALFREb, à Léon.
Elle a, de temps en temps, un peu d'humeur; il faut Laisser passer l'orage ; il s'apaise bientôt. C'est votre faute, aussi ! Votre amour bucoKque A tourné son esprit vers le mélancolique.
Estelle se rassied luMa oauseasa.
— Nous souperons sans vous; je vous mène deinaia Chez mon auguste tante, au faubourg Saint- Germain; Je vous veux présenter; non pas, sur ma parole, Qu'on s'amuse chez nous d'une manière foHe; C'est peu gai ; je m*ennaie à périr, quant ^ moi ;